Parce que ce matin c'est LA polémique... Les profits records de Total. Bon, cette polémique, elle couvait depuis plusieurs jours... Mais ce matin, LIBERATION le dit "Total mérite une bonne taxe"... "Accusé dans le procès de l'Erika, le pétrolier refuse d'indemniser les victimes de la marée noire mais annonce des profits records de 12,6 milliards d'euros en 2006"... Alors c'est la même juxtaposition en Une du MONDE... "Marée noire, profits records : Total mis en accusation"... "Des bénéfices un peu trop voyants" pour L'ECLAIR DES PYRENEES... Parce que c'est bien ça toute la problématique ce matin... Quid du patriotisme économique... "Le patriotisme économique ? Mais en France c'est de la foutaise !" C'est le cri du coeur d'Hervé Chabaud dans L'UNION... "Lorsqu'une entreprise comme Total réalise des records, il n'y a aucune fierté, au contraire, des voix crient au scandale". En même temps, être au top c'est aussi montrer l'exemple, poursuit l'éditorialiste... "Total a un rôle civique à tenir, en participant par une contribution sociale volontaire au financement des énergies alternatives, à la sécurité pour interdir de nouveaux Erika, bref en contribuant au développement durable... mais cela exige du courage face aux actionnaires"... Renaud Dely dans LIBERATION ne dit pas autre chose... "on le sait le capitalisme n'a pas grand rapport avec la morale, mais on aimerait parfois lui inculquer les bonnes manières... que les signes extérieurs de prospérité ne stagnent pas au fond des poches d'une poignée d'actionnaires mais alimentent aussi l'intérêt général". Alors donc, taxation ou pas des profits exceptionnels ? C'est tout le débat. Alors le premier intéressé, le patron de Total, bien sûr, il dit non... "Une telle proposition n'est pas sérieuse... Est-ce si répréhensible de vouloir un champion français profitable ?... ou faut-il préférer le concert de lamentations qui accompagne la fermeture de sites industriels ?" Citation du nouveau directeur général de Total, Christophe de Margerie, interrogé dans LE FIGARO. LIBERATION rappelle qu'en 2001, le gouvernement Jospin avait mis en place une contribution fiscale exceptionnelle pour les pétroliers. Elle avait rapporté près d'un million d'euros. Une taxe annulée en 2002 lors du retour de la droite au pouvoir. "Le retour de cet impôt serait une mauvaise idée" analyse Patrick Lamm dans LES ECHOS... "Ces profits sont sains et indispensables dit-il... mais nous sommes dans un pays où on a du mal à accepter que les entreprises gagnent de l'argent... ceux qui demandent un prélèvement sur les supers profits ne connaissent pas la réalité de la vie économique... la compétition internationale est difficile... Exxon Mobil, le premier pétrolier mondial dégage 39 milliards de dollars de profit... de quoi acheter Total en Bourse". Bref, ne mettons pas de batons dans les roues des entreprises françaises... Vu d'ailleurs, c'est un peu comme cela que l'on voit les choses... dans le FINANCIAL TIMES... "la France a un problème" constate un analyste financier qui dénonce les raids de l'administration fiscale française dans les bureaux des compagnies internationales... En France, dit-il encore, il y a une hostilité au capitalisme... une hostilité plus forte que n'importe où ailleurs dans le monde". Surtout que la polémique sur les supers profits risque bien de continuer à enfler... c'est encore LES ECHOS qui nous prévient... "les stars du CAC 40 sont en route pour des profits éclatants"... Et de citer LVMH, La Société Générale ou encore Paribas, Danone, Loréal et la BNP. Alors forcément, de telles annonces, ça conforte L'HUMANITE dans ses engagements. Pour le journal, c'est "la preuve que le smic à 1500 euros, c'est possible". L'HUMANITE qui dénonce "la générosité pour les actionnaires et l'avarice pour les salariés"... et le journal de donner des exemples... "A la Société Générale, les dividendes sont en hausse de 16%, les salaires de 2... et que dire des salariés de La BNP qui réclament une hausse d'1,2% de leur salaire"... Pour Claude Cabanes, l'éditorialiste de l'Huma, la formule du ministre de l'Intérieur candidat de l'UMP à la présidentielle, la formule "travailler plus pour gagner plus" ne fonctionne pas sur le terrain. Refaire le monde... Finalement, ils ne le demandent même pas vraiment... Et pourtant dans LE PARISIEN AUJOURD'HUI EN FRANCE, la dernière étude de la Fondation de France... Une étude sur les 15-35 ans et c'est "le cri d'alarme des jeunes"... Ils dénoncent une société bloquée, analyse le journal... Ils se sentent impuissants, ils ne font confiance ni aux politiques ni aux entreprises pour changer les choses. "A 28 ans, mon père était marié, attendait mon petit frère... il avait aussi un crédit pour la maison et surtout un vrai plan de carrière, alors qu'il avait juste le bac... moi j'ai 29 ans, je suis célibataire, je loue un 2 pièces avec un pote, je suis encore en CDD malgré mon bac + 5... la comparaison fait mal"... Les propos de Loïc, un parisien qui s'estime pourtant bien loti, montre bien toute la frustration d'une génération à qui le pays ne fait pas de place. "C'est une vraie crise de confiance", souligne la Fondation de France... Et puisque ce n'est ni vers les politiques ni vers les entreprises qu'ils portent leurs espoirs, ces jeunes rencontrés par LE PARISIEN le disent haut et fort, ce sont les associations qui peuvent faire évoluer la société. Des associations qui correspondent au crédo de cette génération, à savoir respect, égalité des chances, citoyenneté. Respect, égalité des chances... Ce pourrait être aussi le crédo de tout un continent... L'Afrique... Avec cette question en Une de COURRIER INTERNATIONAL... "Les blancs y ont-ils encore une place ?"... D'Abidjan à Lomé, les jeunes africains réclament une seconde décolonisation. Ils critiquent les Français et les accusent de néo-colonialisme... c'est le contenu d'une analyse reprise dans le journal LE BENIN AUJOURD'HUI... "La France est en train de perdre ce qui l'attachait au coeur des Africains parce que ces dernières années, la montée de l'extrême-droite, le durcissement des conditions de voyage et de séjour ont changé la perception que les Africains avaient de la patrie des droits de l'homme"... Toujours dans COURRIER INTERNATIONAL, la reprise d'un article du quotidien DAGENS NYHETER... "le blues des occidentaux d'Abidjan"... le journaliste suédois s'intéresse surtout à la communauté française et constate que si dans les années 80, plus de 50.000 Français habitaient en Côte d'Ivoire, ils sont à peine 3.000 aujourd'hui et vivent dans l'inquiétude... A Dakar, au Sénégal, le magazine NOUVEL HORIZON estime que le pays est l'un des rares à ne pas avoir succombé à la xénophobie anti-blanc... "mais pour combien de temps", s'inquiète l'hebdomadaire... Alors le dossier de COURRIER INTERNATIONAL, ou encore l'enquête du NOUVEL OBSERVATEUR intitulée "le jour où l'Afrique s'éveillera" sont de bons préambules à la lecture des nombreux articles dans la presse quotidienne aujourd'hui sur le sommet Afrique-France qui s'ouvre à Cannes... Alors tous les journaux qui en parlent le disent, c'est le dernier sommet du genre pour Jacques Chirac... et du coup c'est un sommet pour "tourner une page".... "changer d'époque"... "Chirac l'Africain... c'est l'un de ses meilleurs rôles", constate Joseph Limagne dans OUEST FRANCE... Il a longtemps été le seul avocat de l'Afrique sur la scène mondiale. Peu à peu, il a réussi à convaincre. Le problème, c'est que son jeu a été aussi trouble et ambigü... Chirac est resté fidèle à ses vieux amis au pouvoir depuis des lustres et en délicatesse avec les droits de l'homme. Alors dans LE FIGARO, vous lirez "les 6 dossiers qui empoisonnent les relations franco-africaine... du génocide rwandais, à la Force Licorne en Côte d'Ivoire en passant par le traité d'amitié avec l'Algérie... Ne passez pas non plus à côté de "Chirac vu par les Africains"... c'est dans LIBERATION... Un journaliste togolais dénonce les 12 années catastrophiques de Jacques Chirac... "'les pays africains à ses yeux ne sont pas mûrs pour la démocratie"... Aminata Traoré, l'ancienne ministre de la Culture malienne, déplore l'ambivalence de l'homme... d'un côté il touche du doigt les réalités sur le pillage, la colonisation, la culture africaine... de l'autre, il veut une Afrique béni-oui oui... il a un amour étouffant pour le continent... Et pour finir l'espoir de l'ancien premier ministre de Centrafrique... L'espoir que la campagne électorale en cours en France sera l'occasion d'un débat sérieux sur le sujet des relations entre la France et l'Afrique pour mettre fin aux peurs irrationnelles qui montent... des peurs focalisées autour de la question de l'immigration.

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