"La mémoire peut être une bénédiction ou une malédiction... Tout dépend de ce qu'on en fait"... C'est une phrase d'Elie Wiesel... Le Prix Nobel de la Paix 1986 accorde un long entretien à La Croix... Et il met en garde contre "le mauvais usage politique des souvenirs"... La mémoire, bénédiction ou malédiction ?... Ce qui est sûr, c'est que ce matin, dans vos journaux, la mémoire est source d'interrogations... "Doit-on confronter des enfants de 10 ans à la Shoah ?", se demande France Soir... "Devoir de mémoire pour les CM2 ?", questionne La Montagne... "Le devoir de mémoire entre à l'école", note Le Parisien-Aujourd'hui en France... qui explique : "Dès la rentrée 2008, chaque élève de CM2 devra perpétuer la mémoire d'un des 11.000 enfants juifs de France déportés... Cette décision de Nicolas Sarkozy soulève les critiques du monde éducatif"... "Enfants de la Shoah à l'école : le trouble"... C'est également la Une de Libération... Et dans vos journaux, les opinions sont diverses... D'un côté, en gros, Serge Klarsfeld qui salue l'initiative présidentielle... Depuis plus de 15 ans, le vice-président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah reconstitue le puzzle de la mémoire des enfants juifs partis de l'Hexagone pour un voyage sans retour vers les camps de concentration... Et fièrement, il explique : "Je vais mettre à disposition de l'Education Nationale tous les documents amassés... Ce sera, pour les élèves, un vrai travail pédagogique... On imprime mieux une histoire quand on est un enfant... Je ne crois pas que ce travail de mémoire représentera un poids psychologique pour un enfant de 10 ans"... C'est pourtant bien l'inquiétude majeure des enseignants, des parents et des psychanalistes... Dans Libération, cette mère de famille trouve "qu'il y a d'autres moyens, pour entretenir la mémoire de la Shoah, que de coller à chaque enfant le fantôme d'un autre"... Cet instituteur peste : "On n'a pas attendu Nicolas Sarkozy pour lire le Journal d'Anne Frank dans les écoles"... Les interrogations, vous les retrouverez également chez la plupart de vos éditorialistes ce matin... "Le devoir de mémoire se décrète-t-il ?", se demande Michel Vagner dans L'Est Républicain... "Se contenter de l'émotionnel, ce n'est pas faire de l'Histoire" : "cette phrase, explique l'éditorialiste, elle est à lire au Mémorial de la Shoah... avec raison"... Evidemment, il faut "travailler contre l'oubli", accorde Daniel Ruiz dans La Montagne... "Mais attention : la sensiblerie peut tuer la mémoire"... Pour lui, "l'intelligence est toujours plus efficace que les larmes pour aider au progrès de l'humanité"... Et en même temps... là, c'est Philippe Larue qui l'écrit dans La Provence... "la pédagogie doit aussi passer par l'émotion"... Il se souvient de son expérience au Mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem... de "cette voix qui égrenne les noms des enfants juifs victimes de l'Holocauste... de ce lieu qui leur redonne vie au travers de leurs lettres, de leurs photos, de leurs objets du quotidien... Pour Philippe Larue, ce sera ça, l'expérience des enfants de CM2"... Et Hervé Chabaud, dans L'Union, rappelle cette phrase de l'écrivain Primo Levi : "Ceux qui oublient leur passé sont condamnés à le revivre"... Alors voilà pour le débat... Mais au-delà de la Shoah et des élèves de CM2... retour ce matin sur "l'étrange obsession pour la religion du Président", comme l'écrit Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées... "Pour lui, c'est une dimension obligatoire de l'être humain"... Il est parti "en croisade contre un monde sans Dieu", confirme L'Humanité... L'Huma qui explique "qu'il est faux d'affirmer, comme le fait le Président, que l'absence de 'l'idée de Dieu' serait à l'origine des crimes de masse du XXème siècle"... Et dans La Dépêche du Midi, Jean-Pierre Bedeï précise : "Ce serait nier toutes les causes économiques, sociales et politiques qui ont favorisé l'avènement du nazisme et du communisme... Ce serait omettre qu'il serait plus judicieux d'en incriminer l'homme plutôt que l'absence de Dieu"... La conclusion... On peut la trouver dans Le Monde... à côté d'un dossier sur "Sarkozy et Dieu"... cette phrase du président du CRIF : "J'ai trop de respect pour ceux des Justes qui étaient des athées pour croire que les religions sont la seule barrière contre le Mal"... Là, c'est une autre religion... celle du sport... Une religion très politique là aussi... On parle des JO de Pékin... Le sujet fait la Une du Figaro... "La Chine s'inquiète des appels au boycott des JO"... Le journal explique qu'après le retrait de Spielberg, la campagne internationale des droits de l'homme prend de l'ampleur"... Il faut dire, constate Le Figaro, que "la Chine de 2008 est un vrai chiffon rouge agité sous les yeux de tout ce que la planète compte d'avocats des droits de l'homme, d'opposants à la peine de mort, de défenseurs des minorités ou de fidèles du Dalaï Lama"... Sans compter, poursuit le correspondant à Pékin du journal, que "le drame humanitaire du Darfour montre la République Populaire sous un jour moins flatteur que les brochures distribuées à Pékin"... C'est d'ailleurs cette question du Darfour qui est à l'origine du départ de Spielberg... Et dans France Soir, vous lirez les réactions des quotidiens officiels chinois... Ils jugent la décision du réalisateur américain "écoeurante"... "Cela ne correspond pas à l'esprit olympique, qui sépare le sport et la politique", affirme l'organe du Parti Communiste... Bref, la majorité de ces journaux reprochent à l'Occident de trahir l'idéal sportif et d'utiliser les Jeux contre la Chine... C'est encore plus vrai de la presse anglaise... Depuis deux jours, The Independent affiche à sa Une la lettre des Nobel... Huit Prix Nobel dénoncent dans ce texte le double jeu de Pékin... Une lettre qui est devenue une pétition internationale... Alors Pékin a beau dire que les Jeux Olympiques, ce n'est pas de la politique... C'est faux, explique le journaliste du Figaro... "En Chine, personne n'en a jamais douté... Depuis leur attribution, ces JO sont d'abord une affaire politique"... Et puis ce rappel historique, que vous pourrez lire dans le dossier consacré à la Chine de Courrier International... L'hebdomadaire le dit : "La politique s'invite régulièrement aux JO... Les Jeux de Berlin en 36... Le salut des Black Panthers de sprinters américains sur le podium de ceux de 68... Et pendant toute la Guerre Froide, les affrontements entre sportifs américains et soviétiques dépassaient largement le sport"... Et sinon, dans la presse... Côté économie, ce constat des Echos et de La Tribune... "La croissance française à la traîne de l'Europe"... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, vous pourrez lire : "Le PACS, quel triomphe !"... "33% de PACS en plus en 2007... 102.000 couples ont franchi le pas... On ne s'est jamais autant pacsé en France", explique le journal... Dans toute la presse européenne, vous lirez que les océans souffrent de l'homme... Pêche, changement climatique et pollutions ont laissé une marque indélébile sur la quasi-totalité des mers... Et puis, pour finir... Le Nouvel Economiste évalue les ministres... une évaluation à la manière des DRH... Profil psychologique, communication, management... L'hebdomadaire les passe tous en revue... où François Fillon se demande toujours jusqu'où ne pas monter trop haut ni trop vite... où Rama Yade est la reine du marketing politique... C'est en revanche plutôt "la grande vadrouille" pour Jean-Louis Borloo puisque, au bout de cinq mois, son entourage ne sait toujours pas quelle sera la nouvelle organisation du grand ministère du Développement durable... etc. etc. Pour Le Nouvel Economiste, c'est en fait "le dernier conseil de classe des ministres", puisque cela fait neuf mois que l'équipe est installée, et que le Président les avait prévenus : leur mission serait renouvelée chaque année... Du coup, conclut l'hebdomadaire, "la cérémonie de remise des prix pourrait tourner à la séance de claques"...

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