Patrick Cohen : Dans la presse ce matin : notre part d'ombre... Bruno Duvic : A l'heure où la classe politique s'offre une drôle de polémique autour de Dominique Strauss-Kahn, un article interpelle. C'est d'abord un petit papier repéré dans Télérama. Il explique ceci : si vous tapez "François Hollande" sur Google, le moteur de recherche vous propose aussitôt d'associer son nom avec un autre terme, celui de "juif". Explication : le moteur de recherche vous propose les mots les plus fréquemment associés à tel ou tel nom. Autrement dit, une bonne part des internautes français qui ont entré le nom de François Hollande sur Google, ont cherché à savoir s'il était juif. A partir de cet étrange constat, Le Monde a mené l'enquête. Et Stéphane Foucart a découvert que c'était une spécificité française. Journalistes, hommes politiques, personnalités du spectacle, chefs d'entreprise... quand on cherche à en savoir plus sur eux, via Google, les mots "juif", mais aussi "homosexuel" arrivent très vite. Patrick Cohen : Et comment sait-on que c'est une particularité française ? Bruno Duvic : Très simple : prenez une personnalité connue au plan international et allez d'abord sur Google France, puis Google Italie, USA, Pays-Bas, etc... et vous constaterez qu'on vous propose presque tout de suite le mot "juif" en France et pas ailleurs. D'où vient cette obsession ? Il n'y a pas de réponse dans l'enquête du Monde. Elle constate simplement un possible effet Larsen. A force de vous voir proposer ce mot "juif" lors d'une requête, vous finissez par trouver ça normal. « Les requêtes que nous entrons dans le moteur de recherche sont un écorché de notre cerveau » écrit Stéphane Foucart. Identité nationale... En France, les rapports entre communautés sont toujours faits de non-dits, de poussées de tensions et de malentendus. Sur "Rue89", vous trouverez un portrait de Yazid Sabeg, le Commissaire à la diversité. Il est devenu le spectateur de son propre naufrage, écrit le site d'information. Pourtant, la première année, il est en poste depuis 2008... la première année a été faste avec notamment l'expérimentation du CV anonyme. Puis Yazid Sabeg dit lui-même que le débat sur l'identité nationale a marqué la fin de l'inflexion politique. Les malentendus faut-il les taire au risque de les faire grossir ou les mettre sur la place publique au risque d'exacerber les tensions ? Le président de la République a tranché, lui qui vient de décréter l'échec du multiculturalisme après Angela Merkel et David Cameron. Il veut malgré tout, rouvrir un débat sur le multiculturalisme... c'est ce que nous apprend Le Figaro ce matin. Débat lancé avant la fin mars. En tout cas, il y a des Italiens qui s'intègrent parfaitement en France. Voyez Midi-Libre (on vous en a déjà parlé ce matin sur France Inter)... le quotidien révèle aujourd'hui que Carla Bruni enregistre une version italienne de "Douce France". Tout un symbole ! Le titre pourrait figurer sur son prochain album. Patrick Cohen : Et direction l'Italie justement... Bruno Duvic : Dolce Italia... Révolution ou pas, l'Europe, et en l'occurrence l'Italie, représente toujours un rêve pour des milliers de Tunisiens débarqués ces derniers jours sur l'île de Lampedusa. C'est la part d'ombre de la Révolution de Jasmin... ces clandestins ont profité de la situation confuse dans leur pays pour prendre le bateau. "La Tunisie, écrit "Jeune Afrique" cette semaine, c'est "ground zero". Le quotidien italien "La Stampa" décrit sans précaution le climat qui règne à Lampedusa : "Dans le centre d'accueil qui était resté vide pendant presque deux ans, les matelas sont étalés partout : dans les corridors des salles d'eau, devant l'infirmerie et même dehors. Là, viennent de dormir plus de 2.000 personnes alors que la structure est faite pour en accueillir 850. Il n'est pas difficile de comprendre que les choses ne peuvent pas rester dans cet état". Après quelques polémiques, l'Europe a répondu à la demande d'aide du gouvernement italien : 17 millions d'euros d'aide immédiatement... 258 millions d'ici à 2013. "Il faut nous aider" dit le ministre tunisien du Tourisme et du Commerce dans les colonnes du Parisien. "Et ce dont nous avons besoin, c'est de confiance". Mehdi Houas essaye de distiller la confiance dans cette interview : "Sur les plus de dix millions d'habitants en Tunisie, il n'y en a que 5.000 qui paniquent et s'en vont. La transformation se fait à une allure extraordinaire. Depuis le 14 janvier, on est passé d'un pays de non-droit à un pays de droits". Patrick Cohen : La Tunisie a fait sa révolution, pas l'Algérie... Bruno Duvic : La manifestation de samedi dernier a peu mobilisé... et pourtant, c'est une Algérie en ébullition que décrit Thierry Oberlé dans Le Figaro : "Les émeutes sporadiques qui touchent des bourgades et des quartiers de métropoles sont devenues quotidiennes". Selon la gendarmerie, il y a eu plus de 11.000 émeutes locales l'an dernier. Pas de logement, pas de travail, pas de perspective, dans un système cadenassé. L'avocat Ali Yahia, le vétéran des Droits de l'Homme en Algérie, décrit le cas d'un gamin de 16 ans qu'il a eu à défendre : "Il était collégien, il est monté dans un maquis d'Al-Qaïda. Il m'a raconté qu'il n'avait pas supporté de voir son père humilié par le maire de sa commune lorsqu'il a demandé un logement. Les frustrations de la jeunesse sont telles, dit Ali Yahia, qu'elle se tourne contre le pouvoir, mais aussi contre nous, les démocrates". Conclusion à l'universitaire Jean Picq, dans les colonnes de La Croix : "Ce qui se passe sur l'autre rive de la Méditerranée nous concerne au premier chef. Il s'agit d'un combat mené au nom des droits fondamentaux qui ont une valeur universelle. Voir des femmes et des hommes se battre au péril de leur vie pour la liberté impose le respect". Patrick Cohen : Quoi d'autre dans la presse, Bruno ? Bruno Duvic : Un ancien électeur de Sarkozy qui penche pour Strauss-Kahn... Interview de Patrick Bruel dans Le Parisien. Il dit avoir voté à droite en 2007, mais qu'aujourd'hui, son candidat préféré, c'est DSK. Toujours dans Le Parisien-Aujourd'hui-en-France, Sherlock Holmes, c'est reparti ! L'écrivain Antony Horowitz va reprendre la plume d'Arthur Conan Doyle. Sortie du nouveau livre en Angleterre prévue en septembre. Encore dans ce journal, le site Internet qui fait polémique. Il vous propose les services d'une femme de ménage en petite tenue. Et puis, dans le magazine "Têtu", un centriste aux ambitions élyséennes se prononce pour l'adoption pour des couples homosexuels : c'est Hervé Morin. Patrick Cohen : La part d'ombre d'un champion et d'un artiste pour terminer... Bruno Duvic : Ronaldo prend sa retraite... Dans les colonnes de L'Equipe, l'un des plus grands footballeurs de ces dernières années parle de sa santé fragile : les genoux, la thyroïde. Il raconte la souffrance qui l'a consumée ces dernières années : "J'ai mal, même quand je monte les escaliers". Et puis, pour alléger cette Revue de Presse sombre ce matin, on a ouvert le magazine "GQ" qui propose une interview de Jean Rochefort. On attendait des mots d'esprit, de l'humour à chaque coin de paragraphe.... il y en a, mais il y a aussi la tristesse d'un homme qui parle de ses vieilles maîtresses. L'interview est menée par Frédéric Beigbeder qui lui propose un verre de blanc… JR : Non merci ! FB : Vous ne buvez plus ? JR : Il y en a qui disent que j'avais dépassé mon quota. J'étais très régulier dans l'absorption de whisky. FB : Quand vous dîtes régulier... JR : C'était quotidien. FB : Whisky au déjeuner ? JR : Oui, j'ai remplacé par des antidépresseurs qui sont pas mal pour désinhiber. « Et sinon, vous prenez du Xanax ? » demande Beigbeder. Réponse : "Non, je travaille dans l'Effexor avec une certaine satisfaction. Mon psychiatre l'appelle "ma vieille maîtresse". Rochefort, qui reconnaît aussi prendre du Lexomil, se fait un peu plus léger pour parler d'une ancienne jeune maîtresse. "J'étais au conservatoire... Elle m'a dit : "viens, je t'emmène au pays des Merveilles"... « Pourquoi ? » Elle me répond qu'elle s'appelle Alice. Je l'ai fréquentée six mois". A demain !

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