C'était l'histoire d'une femme, au milieu des années 80... Un personnage imaginaire, dépeint par l'un des paroliers les plus subtils et les plus percutants de la chanson française... Cette femme, elle vivait seule dans une banlieue sordide, sans le sou... Sur le buffet, elle a mis un cadre : une photo de Michel Drucker, parce qu'elle le trouve pas du tout vulgaire... Et sur le mur, un crucifix, parce qu'elle croit en Dieu... Mais c'est pas réciproque. L'auteur de ces mots, morceau de choix choisi parmi tant d'autres, il est aussi l'auteur d'une chanson qui a sa place dans le panthéon des dix plus belles de l'histoire de la chanson française... "Mistral Gagnant"... Je vous parle bien sûr de Renaud qui, ô bonne nouvelle, achève l'enregistrement d'un nouvel album dont "Le Parisien" nous dit tout ce matin. Bien sûr, il y a le côté glamour... Romane, l'enfant à naître... tout ça... Bon... Tant mieux pour le chanteur.. Il y a surtout son oeuvre, et donc ce tout nouveau disque, qu'il enregistre en ce moment à Bruxelles, et qui sortira en mai... Il s'appellera "Dans la jungle", comme le monde dans lequel nous vivons... A la fois magnifique et barbare, explique le chanteur... C'est aussi le nom de la chanson sur Ingrid Betancourt... Mais comme le dit Emmanuel Marolle, du "Parisien" : le futur tube, inclus dans cet album, il s'appelle "Les bobos"... Bourgeois-bohêmes, pour les intimes... "Dans les chansons d'Vincent Delerm, on les retrouve dans chaque rime"... Sur une mélodie, paraît-il, trés enlevée, l'auteur croque tous ceux qui mangent japonais et aiment le cinéma coréen, mettent leurs enfants dans les écoles privées, privées de racaille, j'me comprends... Mais pour qu'on le comprenne encore mieux, Renaud se lâche sur Nicolas Sarkozy, avec, dit-il, ses idées de haine et ses provocs imbéciles. Il est question aussi, dans cet album, de l'Amérique de George Bush, avec la chanson : "J'ai retrouvé mon flingue"... Des bimbos de la télé-réalité, avec "Filles de joie".... Quant à la banlieue, qu'il a si souvent chantée dans la première partie de sa carrière, il explique que cette banlieue-là, à l'époque, était plus fraternelle que celle d'aujourd'hui, dont le soulevement, entre guillemets, lui apparaît comme un mouvement de petits cons, je le cite... Même si à travers cette violence, on a senti un désespoir, précise le chanteur. Chanteur... beau métier tout de même... Séquence prosaïque... Là, c'est dans "Le Figaro" qui, comme chaque année, publie son classement des mieux payés en France... Où l'on s'aperçoit que la modernité, ça rapporte puisqu'arrive en tête Johnny Hallyday, avec un revenu de 6 millions 600.000 euros en 2005... Suivi de Michel Sardou : 3 millions 6.... Puis Mylène Farmer, Alain Souchon, Raphaël... Tiens, un petit jeune... Et puis encore Palmas, Calogero... Florent Pagny, qui peut garder sa liberté de dépenser... Enfin : M et Yannick Noah, 10èmes avec 1 milion 4. A part ça, les journaux sont essentiellement tournés vers les sujets économiques aujourd'hui... A commencer par cette question : "au fait, qu'est-ce qu'elle devient, la directive Bolkestein ?" Attention, répond "L'Humanité" : elle est encore là... C'est le 14 février que le Parlement européen se prononcera sur la fameuse directive, qui libéralise les services dans l'Union européenne... Alors, "L'Huma" se mobilise, et donne la parole à 10 députés européens ou responsables syndicaux, sous le titre : "10 bonnes raisons de se battre"... Le syndicaliste britannique Brian Denny évoque l'exemple désastreux, je le cite, du rail britannique... Pour son collègue allemand d'IG Metall, Horst Schmidt-Thenner, cette directive, c'est la fin des moyens de la lutte ouvrière... Enfin, Marco Bersani, dirigeant d'Attac Italie, nous met en garde : attention, il n'existe pas de "Bolkestein light". Puisque nous évoquons les syndicalistes européens... Coup de projecteur sur les syndicats français... C'est dans "Libération", qui relève une crise de foi chez les salariés... Décidément, ils ne croient plus aux syndicats... Dans un sondage TNS-SOFRES, que ce journal publie, 69% des personnes interrogées préfèrent discuter individuellement avec leur hiérarchie ou se coordonner avec d'autres salariés plutôt que s'adresser aux syndicats pour défendre leurs intérêts. Et pendant ce temps, du côté des partenaires sociaux, c'est le MEDEF qui veut montrer sa vitalité, par la voix de sa présidente, Laurence Parisot, interviewée aujourd'hui dans "La Tribune"... Avec une formule qui a peut-être vocation à faire carrière : "la France lisible". "Il faut d'urgence inventer le nouveau modèle français", estime Laurence Parisot, qui s'inscrit dans la perspective de la Présidentielle puisqu'elle annonce la rédaction d'un "Livre blanc du MEDEF", "pour que tous les enjeux importants soient traités sérieusement pendant la campagne", dit-elle. Bien. Mais qu'est-ce que c'est, "la France illisible" ? Eh bien, "c'est une France qu'on ne peut plus lire à force de frontières floues sur les champs de compétences, et d'hyper-réglementations"... Je reprends mot pour mot la phrase de Laurence Parisot, pour qu'elle soit lisible. Alors, la présidente du MEDEF en profite pour couper l'herbe sous le pied de Dominique de Villepin, qui doit annoncer aujourd'hui son plan anti-chômage... Avec probablement une extension du "contrat nouvelle embauche" aux 18-25 ans... Ce serait le "CPE : contrat première embauche"... A la fois proche et différent du CNE, nous explique "Le Parisien"... Mauvaise solution, estime Laurence Parisot... Appliquer le CNE uniquement à une catégorie d'âge n'est pas la bonne formule... Non... La bonne, ce serait de l'étendre à toutes les entreprises. Enfin, s'il fallait résumer la situation du chômage en France depuis le milieu des années 70, il y a cette phrase, prononcée par Pierre Ralle, le directeur du Centre d'études de l'emploi... Interviewé par "France Soir", il nous dit tout simplement et très crûment : "Chez les 15-24 ans, 1 sur 4 n'a jamais vu un adulte de sa famille aller travailler". Pendant que vous étiez au Proche-Orient la semaine dernière, Stéphane... Invitant nos auditeurs à se pencher sur l'une des questions les plus brûlantes de l'actualité mondiale... La politique française suivait son cours... Le cours tranquille des voeux des uns et des autres... Exercice convenu, émaillé de quelques petites phrases ou intentions... Bonnes, de préférence... En tout cas utiles, comme le veut l'année qui commence... Et puis on a eu droit à un nouvel épisode de la vie privée (et donc publique) de Nicolas Sarkozy... Cécilia est revenue... Et on se souviendra du témoignage bouleversant de Patrick Balkany, qui s'est empressé de venir raconter, dans les colonnes du "Parisien", comment, pendant toute la séparation, Nicolas n'a pas cessé d'envoyer des textos à Cécilia, parce que... Que voulez-vous... Ces deux-là sont inséparables... Or, la veille de la publication de l'article, un étrange visiteur s'est présenté au siège du "Parisien" pour récupérer l'interview de Balkany... C'est "Libération" qui nous donne des détails sur cet épisode... Selon le journal, il s'agissait de l'homme de confiance du député des Hauts-de-Seine, lequel croyait rendre un fier service à son ami Sarkozy en s'exprimant dans "Le Parisien"... Or, dès que l'article a été récupéré, Patrick Balkany l'a lu tout haut à certaines personnes de son entourage... C'était en pleine nuit... Et là, il a vu la mine atterrée de ses auditeurs, dont certains ont hésité à réveiller Nicolas Sarkozy pour l'informer de ce qu'ils appellent "l'énorme connerie de Balkany"... Qui, paraît-il, a reçu dès le lendemain une avoinée historique du ministre de l'Intérieur. Et pendant ce temps, Ségolène Royal s'en allait tutoyer l'Histoire au Chili, pour soutenir Michelle Bachelet, élue Présidente... Et je vous parle de Ségolène Royal parce que, la semaine dernière, c'est encore elle qui a partagé la vedette de l'actualité avec Nicolas Sarkozy... "Le phénomène Ségolène Royal", qui donne lieu, dans l'hebdomadaire "Elle", à une sorte de lexique... Les nouveaux mots qu'il faudrait utiliser si elle était élue... Comme "royaliste" pour parler de tous ceux qui, dès le début, l'auront soutenue... "Ségoïste", pour parler de n'importe quel cador du PS qui aura tenté de lui mettre des bâtons dans les rues... Ou "ségolette", pour qualifier tous les hommes à qui Ségolène aura accepté de céder un tout petit ministère, si un jour elle devient Présidente. Voilà... On retiendra aussi, dans l'actualité politique, la rencontre entre Jacques Chirac et François Hollande, qui se sont retrouvés tous les deux en Corrèze samedi... Avec ce titre de "France Soir", qui ne fait pas toujours dans la dentelle : "Comment va Tulle ?". Bien sûr... Avec, par exemple, cet hommage de son confrère Philippe Delestre qui, dans son dessin, sur une page de "L'Est Républicain", nous montre Jacques Faizant accédant au paradis avec son sac-à-dos rempli de crayons... Il arrive sur un nuage, où se sont déjà installés une vieille dame un peu forte, aux jambes grêles, et un vieux monsieur à la barbiche célèbre... Ce sont deux des personnages de Jacques Faizant... C'est un dessin très poétique que celui de Philippe Delestre... D'ailleurs, dans toute la presse, la mémoire de Faizant est honorée... Elle l'est surtout, et c'est logique, dans "Le Figaro", avec 4 pleines pages... Et c'est Jean d'Ormesson qui prend sa plume pour nous parler du dessinateur et de ses rapports très particuliers avec le Général de Gaulle, dont il a été le chroniqueur et le chantre... Mais au-delà, pendant et après De Gaulle, Faizant s'est confondu avec "Le Figaro"... Il incarnait "Le Figaro"... Il était "Le Figaro" à lui tout seul... Aujourd'hui, il est mort, Jacques Faizant. Mais il nous laisse, outre les dessins, quelques phrases qui valent le détour... Comme celle-ci : "C'est souvent comme ça avec le quotient intellectuel : un vrai "i" mais un faux "q". Un mot pour terminer... Un mot sur le Paris-Dakar et ses trois morts : un parmi les concurrents, deux parmi les Africains... Polémique dans la presse ce matin, sur le thème : "Faut-il faire la peau au Dakar ?"... Eh bien "L'Equipe" répond qu'il faut le demander aux Africains... Alors que "L'Huma" avance l'idée que le Rallye revienne aux Africains... Qu'ils l'organisent eux-mêmes... Comme une sorte de décolonisation sportive, écrit Stéphane Guérard... Et au bout du compte, pas vraiment d'attaque en règle contre le Rallye... Juste cet édito, écrit il y a 15 ans... "Cinq cents connards sur la ligne de départ... Cinq cents blaireaux sur leurs motos... Passe la caravane et les chiens n'aboient plus... Sous les roues des bécanes, y a du sang répandu"... Ce n'était dans aucun journal, mais sur un disque... Ces mots sont signés Renaud. Bonne journée... A demain...

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