Bon, alors soyons clair ce matin... On pourrait mettre en avant cette double page, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... "Cette fois, ils ont l'espoir de quitter enfin leur tente", explique le journal, qui est allé à leur rencontre... C'est fort, humain, parfois poignant... On aurait pu aussi s'attarder sur "ces boulots qui veulent notre peau", dans le cahier Emploi de Libération... ces métiers qui collectionnent les accidents du travail les plus graves... Il y a aussi et toujours le réchauffement climatique... Là, c'est dans La Tribune, qui constate que "les deux principaux assureurs américains ne veulent plus signer de nouveaux contrats dans certaines zones côtières"... Oui, on aurait pu trouver plein de choses à dire... Sauf que... sauf que... Sauf que Nicolas Sarkozy est officiellement le candidat de l'UMP... et que ça, eh bien... ça écrase toute autre actualité dans vos journaux... Sa photo s'affiche sur quasiment toutes les Unes... Tous les éditos lui sont consacrés... Donc, c'est un lundi Sarkozy... "Vous verrez : je les boufferai tous"... C'est Olivier Picard, dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, qui rappelle cette petite phrase... C'était peu avant que Nicolas Sarkozy ne devienne ministre pour la première fois... Une petite phrase dite sans vantardise particulière... Il était simplement persuadé qu'il était le meilleur... "Eh bien voilà, Nicolas, c'est fait : vous les avez tous bouffés", constate l'éditorialiste... Du coup, certains de vos journaux reviennent sur le parcours de Nicolas Sarkozy... C'est le cas du Figaro... Toute une page pour retracer "de la prise de l'UMP à la bataille de l'Elysée"... "Le sacre est réussi"... C'est L'Alsace qui le dit... Libération constate aussi que "Sarkozy est adoubé par une droite rassemblée"... Alors vous saurez tout du QG de campagne de l'UMP... c'est à lire dans Le Figaro... des militants qui attendent les consignes, dans La Dépêche du Midi... Et puis, si vous ne l'avez pas encore vue... l'affiche du candidat Sarkozy... Le slogan "Ensemble, tout devient possible", au-dessus de l'horizon d'un paysage rural verdoyant, avec bien sûr, au premier plan, la photo du président de l'UMP... Et dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... ce comparatif... L'affiche de Sarkozy face à l'affiche de Mitterrand en 81... La fameuse affiche "La force tranquille"... Et le journal s'amuse : "Mitterrand-Sarkozy : les 7 différences"... Parce que c'est vrai qu'à première vue, ces deux affiches, à 26 ans d'écart, se ressemblent beaucoup... Dans les deux cas : même France rurale, même ambiance paisible... D'accord, le village de Mitterrand a disparu... Chez Sarkozy, il n'y a pas âme qui vive... "peut-être le signe de la désertification des campagnes", ironise Le Parisien... Reste que les 7 petites différences notées par le journal ne montrent pas que la France ait changé au point que l'on puisse parler de rupture... Et cela tombe bien parce que, en même temps, la rupture... il l'a quelque peu mise de côté hier, le candidat à la Présidentielle... "Sa rupture est devenue très gaulliste... C'est désormais la rupture avec les idées reçues... Ca ne mange pas de pain, et ça calme le jeu", commente Patrick Fluckiger dans L'Alsace... Alors, je vous le disais... on va y revenir... toute la presse française s'intéresse à la campagne électorale, qui débute vraiment... Mais c'est vrai aussi de la presse européenne... Les Anglais, par exemple... Le Guardian explique que "le ministre français de l'Intérieur a gagné un scrutin sans opposants"... "Sarkozy installé comme candidat à la Présidentielle, en dépit de l'affront de Chirac", souligne The Independent... "Chirac, fondateur de l'UMP et principal absent du congrès du parti hier", précise le quotidien britannique... L'hebdomadaire britannique The Economist met d'ailleurs en garde Nicolas Sarkozy contre trois pièges... "Un candidat de dernière minute venu du camp Chirac, justement... Une droite divisée... Et le troisième piège, c'est le candidat lui-même : il peut parfois faire peur à ses propres partisans"... "Sarkozy : rendez-vous avec l'Histoire"... Là, c'est Der Spiegel... "Le candidat officiel des conservateurs a promis de former avec tous les Français une vraie République", explique l'hebdomadaire allemand... Et puis, il y a les journaux qui s'intéressent au regard de Nicolas Sarkozy sur l'étranger... En Italie, Le Corriere della Sera et La Repubblica notent qu'avec Sarkozy, "la Turquie n'entrera pas dans l'Union européenne"... Quant à la presse russe, elle décrit le candidat de l'UMP comme un candidat pro-Etats-Unis... "Si Sarkozy est élu Président de la France, il est peu probable qu'il soit soupçonné de sympathiser avec la Russie comme l'était Chirac", écrit la Gazeta... En même temps, pour Nezavissimaïa Gazeta, "peu importe qui l'emportera en mai... La politique russe de la France va de toute façon changer"... Alors qui va gagner en mai ?... C'est bien là la question... Parce que, ce que notent les journaux ce matin... comme le titre en Une Le Parisien-Aujourd'hui en France... "Sarkozy-Royal : c'est parti !"... "Cette fois, la campagne est vraiment lancée"... Et Nicolas Beytout, dans Le Figaro, ne le cache pas... "On voit mal comment le duel Sarkozy-Royal pourrait ne pas avoir lieu... L'un et l'autre se sont imposés dans leur camp... L'un et l'autre se présentent pour la première fois à la magistrature suprême... L'un et l'autre symbolisent un changement de génération... Mais pour le reste... poursuit Beytout... Pour le reste, tout les oppose... Leur expérience, leur connaissance des dossiers, l'ancienneté de leur ambition, et la nature de leur démarche... Et comme ce sont deux visions de l'avenir qui s'affrontent, au fil des 100 prochains jours, tout les opposera davantage"... La campagne débute donc ce matin... Et d'emblée, "la gauche est défiée", titre Libération... Libé qui publie un sondage LH2... un sondage qui montre que Nicolas Sarkozy arrive en tête dans l'électorat populaire... "Royal perd pied sur ce terrain-là", note le journal, qui explique que "la socialiste n'a guère témoigné de sa bravitude, lors par exemple du mouvement des Don Quichotte... quand, dans le même temps, Sarkozy a, lui, inspiré le droit au logement opposable, repris par le gouvernement"... Alors, "on peut dire beaucoup de choses de Nicolas Sarkozy", écrit Laurent Joffrin, toujours dans Libération... "Mais on devra en reconnaître au moins une : le candidat de la droite a produit une performance impressionnante hier... Eh oui, cet homme est dangereux... dangereux avant tout pour la gauche... d'autant qu'au secours, conclut Joffrin... au secours, la gauche se tait"... Alors non, elle ne se tait pas tant que ça... Pour preuve, la Une de L'Humanité... "Pourquoi nous dénonçons le danger Sarkozy"... Le journal est allé à la rencontre de militants, de salariés et d'artistes, qui expliquent pourquoi ils s'opposent au candidat de l'UMP... Vous pourrez lire ainsi le comédien Charles Berling, qui trouve le personnage "trop assoiffé de pouvoir"... le réalisateur Gérard Mordillat, qui dénonce : "Sarkozy, ce sera le gouvernement des riches, par les riches et pour les riches"... Alors, en même temps, il faut arrêter... C'est ce que dit Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne... "Dans cette campagne présidentielle, le candidat de l'UMP et son adversaire socialiste ont beau vouloir élever le débat... leurs entourages respectifs n'ont pas la même ligne... Ségolène Royal est systématiquement présentée comme une demeurée... Nicolas Sarkozy comme un facho... Vouloir changer la politique, explique l'éditorialiste, c'est aussi changer la lame des seconds couteaux"... C'est également ce que dit Thomas Vallières, dans Marianne... "Dès que nous nous permettons de contester le petit César, nous recevons des lettres hystériques... Nous en recevons d'autres, tout aussi hystériques, dès que l'on secoue les puces de la gauche... Reconnaître qu'un adversaire a du talent est devenu impossible dans la politique française... Pourtant, on peut aussi faire l'effort d'écouter les autres"... Marianne qui s'interroge ce matin sur Nicolas Sarkozy... "Est-il un petit César ?"... "Le chef de l'UMP est en tout cas, note l'hebdomadaire, un remarquable animal politique, dont la pratique du pouvoir fait peur à de très nombreux Français"... Autre interrogation de Marianne... Elle concerne Ségolène Royal... "Y a-t-il une mère fouettarde derrière le sourire ?"... Parce que malheur aux naïfs qui imaginent, sur la foi du doux visage de l'espiègle, que la démocratie participative est l'autre nom d'une politique à la bonne franquette... Ils seront déçus"... L'un des élus de Poitou-Charentes explique même : "On peut penser qu'une nouvelle Thatcher ferait du bien à la France... Mais alors, qu'elle le dise !"... Et comme, décidément, on n'échappe pas à la politique ce matin... Ségolène Royal... on la retrouve dans Elle... avec ce sondage... "Les femmes aiment-elles Ségolène Royal ?".... L'hebdomadaire féminin affirme que ce sondage dit tout... 33% des femmes se disent prêtes à voter pour la candidate socialiste... Alors y aura-t-il un vote des femmes ?... Les femmes feront-elles basculer le suffrage en faveur de Royal ?... Qu'est-ce qui plaît aux femmes chez Ségolène, et qu'est-ce qui les irrite ?... Enfin, comment le facteur "femme" avantage ou désavantage la candidate ?... C'est dans Elle... Elle qui ne dit pas, en revanche, si Royal aime les femmes...

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