Le Figaro s'indigne de l'offense faite à la 5ème de Beethoven par des musicologues américains, qui en réalité célébraient sur leur podcast une œuvre révolutionnaire. Le Monde est indulgent pour un restaurant clandestin en banlieue parisienne. la Montagne dit un paysan tragique et sublime d'antan et son manège!

On parle d'un soulagement!   

Et d'un journal HEUREUX dont la Une exulte dans la déprime environnante, l'Ardennais qui proclame en lettre géantes RIMBAUD ARDENNAIS A JAMAIS, car le poète ne va pas quitter le caveau de sa famille à Charleville Mézières, il n'ira pas à Paris au Panthéon honorer avec Verlaine la dignité des amours homosexuelles comme le demandait une pétition:  les valeurs familiales ont prévalu, " je ne souhaite pas à l'aller à l'encontre de la volonté manifestée par la famille du défunt" a écrit Emmanuel Macron à l'avocat de la famille qui respire donc, et respirent à l'unisson les rimbaldiens carolos qui se se sont sentis bafoués;  "On n'aurait pas laissé faire, si on avait tenté de nous enlever Rimbaud on aurait pris les armes", plaisante, mais plaisante-t-il totalement le président de la maison de la culture et des loisirs "ma bohème", Jean-Pierre Danne...  

Et c'est donc un tremblement de province que l'on entend... L'Ardennais se demande si dans le combat, l'argument décisif n'a pas été porté par Dominique de Villepin, qui avait signé dans le Monde un texte intitulé  "n'entre pas ici Arthur Rimbaud". Villepin balayait au nom de Rimbaud et de Verlaine eux-mêmes l'honneur dont on les menaçait, qui n'aurait du disait-il qu'appeler qu'un immense éclat de rire.  

Mais peut-on rire de ce que l'on fait aux grands hommes, après eux.   

Le Figaro ne rit pas dans son combat, rappeler à ses lecteurs que les gauches contemporaines murissent des infamies; ce combat se lit désormais dans les pages culturelles du journal, le Figaro nous dit que des gauchistes ont voulu annuler Beethoven l'an dernier... 2020 année du 250ème anniversaire de sa naissance, année salie dit le Figaro par un texte publié en septembre sur le site de débats américain Vox, titré "Comment la Cinquième de Beethoven a mis du “classisme” dans la musique classique". Ce texte affirmait que la cinquième (Pom pom pom pom) symbolisait le pouvoir de l'homme blanc et l'exclusion des femmes, des minorités sexuelles et raciales... Quelle injustice pour Beethoven, admirateur de la Révolution française... 

Mais après avoir communié avec le Figaro, on peut aller voir de plus près l'objet du crime. -et là c'est un peu différent..   Le texte dont le Figaro cite une phrase, reflète un podcast enjoué consacré aux musiques populaires, Switched on pop, je vous mettrai le lien, qui a célébré sur plusieurs épisodes la 5ème de Beethoven, oui célébré!, comme une œuvre révolutionnaire mais dont l'héritage avait été paradoxalement écrasant. Les auteurs, Net Sloan et Charlie Harding, qui est suivi sur twitter par Barak Obama, expliquent qu'avant la cinquième, les œuvres musicales étaient comme des petites histoires auxquelles le public réagissait, on applaudissait on criait quand Mozart jouait... Mais Beethoven composa sa symphonie comme un roman intime et complexe qui appelait de la concentration, du silence,  de l'immobilité, l'ardente 5ème contribua à installer les concerts dans une solennité que l'on dira bourgeoise...   

Le Podcast Switched on pop se demandait comment rendre à Beethoven sa disruption initiale, il discutait de l'idée d'une musicologue, Andrea Moore, qui avait proposé que pour célébrer Beethoven, on renonce à le jouer pendant un an, le temps de découvrir d'autres œuvres, et de refaire monter le désir,  après un an de disette, on se serait rué sur la nouvelle nouveauté de pom pom pom pom. Le silence de la covid a balayé ces utopies...   

Et on parle bien sur de la pandémie... 

Et d'un enfermement de plus, qu'un journal égaie d'un sarcasme, Castex retient la nuit, que la Provence soit bénie pour ce trait de génie...

Et que loué soit le Monde pour son indulgence quand il raconte un restaurant clandestin, oui c'est mal, quelque part en banlieue ouest de Paris où d'un couscous que Sofiane  sert à ses habitués et d'un bordeaux qui râpe on retrouve les sensations du monde d'avant et un parfum de résistance, résistance à la malbouffe et à l'ennui: « Se taper du McDo ou du kebab tous les jours, c’est pas bon… Les clients veulent qu’on reste ouvert parce qu’ils se font grave chier à la maison. Tu te prends le chou avec ta femme." Résistance aussi aux poucaves qui en ville bavardent, et certains se croient en 39-45 mais enfin, la femme du commissaire vient souvent déjeuner...   

Vaut-il mieux transgresser que ressasser nos pertes. Marianne joliment ajoute à la tristesse dans une litanie de salles de concert de cinémas vaillants de musées portes closes qui veulent tenir pour l'après, la France vit des sens dit Marianne... Mais Marianne est sans pitié et nous dit qu'avant même la pandémie, nos habitudes, nos facilités avaient sapé l'art et la culture, et aussi les solitudes commodes que proposent l'efficacité économique voir tout seul une œuvre sur Netflix, et rester dans son coin... 

Par de splendides photos le magazine des Echos se souvient du cinéma, des cinémas avant et se souvient de nous.  

Dans l'Humanité-Dimanche, le cinéaste Ken Loach nous met en garde contre le cinéma américain qui porte en lui dit-il l'idée du dirigeant fort, puisqu'on y voit un héros résolvant tous les problèmes avec son arme... C'est mécanique mais Loach est vivant... 

Dans Télérama, on me dit que désormais en Amérique, dans les films sur l'esclavage, le héros émancipateur n'est plus un sauveur blanc, messianique, des personnages noirs se dressent et portent des armes et tuent et historiquement, ce serait un progrès.    

On parle enfin d'un catalogue... 

Que le Magazine des Echos visite comme au musée; catalogue Ikea qui s'en va après 70 ans de témoignage, car ces objets tentateurs témoignent des époques, de la place au salon de la télévision, de la place des hommes des femmes dans le foyer. La nostalgie est parcourt, signe des temps. Le magazine du Parisien nous redit la saga les douceurs de la crème Nivea, qui blanche et douce fut inventée dans l'Allemagne du XIXe siècle...  

Vous lirez dans la Montagne, l'Yonne républicaine et autres journaux du Centre l'histoire magnifique de Petit Pierre Avezard, paysan du siècle précédent qui comme Beethoven était sourd mais aussi mulet et le visage affreusement déformé, mais qui avait en lui un génie créateur, qui construisit pour les enfants dans sa campagne un manège bruyant et enchanté de bric et de broc d'automates magnifiques qu'on peut encore voir tourner à Dicy, dans l'Yonne. Le voyage commence ici.

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