Cartable noir à la main, un homme erre désespérément dans le Parlement de Strasbourg. "Mais quel psychopathe a pu construire ce bâtiment ?" Ces mots sont ceux de Jean-Luc Mélenchon, retranscrits par Didier Micoine, du Parisien-Aujourd'hui en France. L'Histoire est souvent truffée de petits mots et anecdotes que l'on aime raconter. La presse, ce matin, s'amuse de la rentrée des eurodéputés français. Casque sur la tête pour entendre les traductions (c'est toujours le journaliste du Parisien qui parle), Rachida Dati est en fait concentrée sur son Blackberry. Elle envoie des textos pendant la séance. "Visiblement, elle a la tête ailleurs", explique un vieux de la vieille du Parlement à Jean-Jacques Mevel, du Figaro. "Elle prépare déjà le coup suivant", dit-il, avec un clin d'oeil en direction de Paris et sa mairie. Plus sobre : la journée de Véronique Mathieu, décrite par le menu dans Vosges Matin. C'est la troisième fois que cette eurodéputée de droite fait sa rentrée au Parlement de Strasbourg. La journée commence à 8 heures. Passage au bureau, puis réunion avec le groupe UMP, cohue pour récupérer la carte à puce qui lui permettra de voter. "Peu de sièges sont vides dans l'Hémicycle, constate Jean-Marc Toussaint. Véronique Mathieu est installée entre un Espagnol et la très pulpeuse berlusconienne Barbara Matera, ex-chanteuse-actrice et finaliste du concours de Miss Italie. Et Véronique Mathieu de lui expliquer en anglais comment voter." Tout cela est bien joli. Mais pour L'Humanité, le Parlement de Strasbourg c'est une "grande magouille". "Jerzy Buzek a été élu président, avec un score de république bananière", écrit Patrick Apel-Muller. "L'ancien Premier ministre polonais est un ultra-libéral. Il prône des privatisations à outrance. Il assimile immigrés et délinquance. L'homme a tout pour inquiéter les progressistes. Et les députés socialistes et Verts ont voté pour lui". Dans Ouest-France, Laurent Marchand apporte une nuance. "Le Parlement vient d'écrire une page symbolique. Ancien du mouvement Solidarnosc, Jerzy Buzek incarne une Pologne qui n'a pas vécu son entrée dans l'Union comme une conquête, mais comme un juste retour de l'Histoire. Cette élection illustre enfin la capacité d'innovation du Parlement vis-à-vis d'une Commission européenne de plus en plus affectée". A lire dans la presse également aujourd'hui : les festivités du 14 Juillet, Laëtitia... Oui : il y en a pour tous les goûts. Défilé sur les Champs-Elysées à la Une du Figaro... Concert de Johnny en première page du Parisien-Aujourd'hui en France et de L'Union... Garden-party en vitrine de France-Soir... Page 6, Libération s'amuse en photos de la garden-party. On y voit Carla pouffer à côté de Nicolas, une jeune femme endimanchée devant la Garde républicaine, une autre, de dos, emmaillotée dans une robe sans doute un peu trop juste. "Bienvenue à Elysée-land Paris", écrit Antoine Guiral. "Bienvenue dans ce parc d'attractions, où l'on se photographie partout. Officiellement, personne ne se déguise ici. Mais Carla, elle, a changé deux fois de déguisement dans la journée. Chez Disney ou Astérix, on s'agrippe à un Mickey de parade ou à un robuste Gaulois pour un cliché. Ici, les fans se rabattent sur de vieilles gloires en goguette. 'Monsieur Rocard, je peux vous mettre la main sur l'épaule pour la photo ?'. 'Et lui, c'est qui ? Allez, on va le choper'. Renseignements pris, 'lui', c'est Didier Barbelivien, l'ami barde de Nicolas Sarkozy". Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, Bénédicte Alaniou raconte l'histoire de ce chômeur venu de Sarreguemines. "Au revers de sa veste, un badge avec son nom et la mention 'Chômeur en colère'. Dans sa poche, des cartes de visite à distribuer... une pour Christine Lagarde, qui poursuit son chemin... Une pour Martin Hirsch, qui s'enquiert : 'Vous n'avez pas encore trouvé de travail ?'... Et enfin une pour Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille. 'Je cherche un emploi stable et durable', dit-il. 'Ah non, ça n'existe plus', lui répond Nadine Morano. 'On n'entre plus dans une entreprise pour vingt ans. Qu'est-ce que vous savez faire ? Je vais vous donner rendez-vous, et on va éplucher votre dossier. Mais soyez réaliste'. Et notre ami chômeur de poursuivre sa route, en remettant une carte de visite à un huissier, qui promet de la transmettre au secrétariat de Nicolas Sarkozy". Parce que le Président de la République n'a fait qu'une courte apparition dans les jardins de l'Elysée. "Rien à voir avec les années précédentes. Au cours de cette journée, écrit Rémi Godeau dans L'Est Républicain, il s'est montré en vrai chef des Armées. Avec le Premier ministre indien, il a discuté Rafale, Mirage et nucléaire : rien que du sérieux. Seule concession à la stratégie bling-bling d'antan : l'interview de Carla, avec cette citation-clé : 'On se calme mutuellement. Le bonheur est quelque chose qui apaise'. Et ça crédibilise le message présidentiel, explique Rémi Godeau. Les experts en com' peuvent partir en vacances sereins : ils poursuivent avec succès la présidentialisation du chef de l'Etat". Même sentiment pour Gérard Desportes dans MédiaPart. "Avec deux émissions coup sur coup, un concert, un défilé, les confidences de Claude Guéant, qui souhaite qu'il se représente... la séquence politique de ce 14 Juillet s'est transformée en tremplin. L'opération 2012 est lancée". Nicolas Sarkozy est serein. Mais la vigilance reste de mise. Car, pour La Tribune, l'avenir est inquiétant. "Certes, la croissance repart en Chine. Mais les crédits s'envolent dangereusement. La Bourse explose. Et l'immobilier est soufflé par la spéculation". De Pékin, Tristan de Bourbon raconte les excès dans la capitale chinoise. "Les acheteurs sont devenus irrationnels. Début juillet, les prix dans le quartier des affaires ont augmenté de plus de 6% en une semaine. La Chine est en surchauffe". "Un jour prochain, conclut François Lenglet, il faudra apprendre à dire le mot 'subprime' en chinois. Suite et fin de la revue de presse, Laëtitia... Lundi prochain, vous n'êtes pas sans savoir qu'on fêtera le 40ème annniversaire des premiers pas sur la Lune. Les hors-séries commencent à fleurir un peu partout. Le Figaro a déjà sorti le sien. A découvrir ce matin : l'enquête de Télérama. On parlait tout à l'heure d'Histoire truffée d'anecdotes... Nicolas Delesalle commence son article par un "Jack, tirons-nous d'ici !". C'est la dernière phrase prononcée par l'Homme sur la Lune en 1972, phrase officieuse bien sûr. Car, juste avant, l'astronaute Gene Cernan avait clos les bans d'une tirade grandiloquente à base de "Nous reviendrons... espoir de paix pour toute l'humanité, etc.". Trois ans après les premiers pas de Neil Armstrong, c'en est donc fini du programme Apollo. La magie lunaire s'est dissoute. Plus de crédits. Plus d'intérêts politiques. Les Russes sont vaincus. A quoi bon continuer ? Pourtant, près de 300.000 personnes ont participé à ce projet complètement dingue. Et le journaliste de Télérama d'expliquer que, pour aller sur la Lune, les astronautes disposaient d'un ordinateur aussi puissant qu'un téléphone portable des années 2000. Ils avaient une chance sur deux de finir en purée. Et pourtant, six fois la NASA a réussi l'impossible. Sur la Lune aujourd'hui, il reste trois jeeps, des stations scientifiques, des drapeaux, des photos, une Bible... ce qu'ont laissé les derniers astronautes. En 1972, après l'orgasme de 1969, sur Terre, tout le monde se fichait de la Lune comme de son premier pétard de juillet. Pourtant le programme Apollo a eu des retombées concrètes. C'est grâce à la NASA que l'on cuisine avec des poêles en Teflon et que l'on utilise des couvertures de survie. Et on n'imagine pas ce que, d'un point de vue scientifique, la mission Apollo a apporté. Après 40 ans d'oubli, la NASA prévoit d'y retourner, en prélude d'un voyage sur Mars en 2037. Les astrophysiciens les plus optimistes estiment que l'Homme aura colonisé le système solaire d'ici 500 ans. Pur délire, sans doute : avant que l'Homme n'atteigne ses capacités techniques, il se sera sans doute depuis longtemps autodétruit. Ce qui fait dire en écho, de façon ironique, au Canard Enchaîné à sa Une : "Sarko : 'Moi, j'ai conquis l'espace médiatique !'".

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.