La presse nous alerte ce matin. Attention, dit Slate, attention à la "positivité toxique". Oui, cette manie de nous dire en ces temps turbulents, temps de crise, sanitaire ou économique, que "ça va aller", que "ça va passer", que ça "pourrait être pire".

Un article nous alerte sur les dangers d'une forme de Méthode Coué ; une attitude trop positive qui pourrait finir par être contre-productive.
Un article nous alerte sur les dangers d'une forme de Méthode Coué ; une attitude trop positive qui pourrait finir par être contre-productive. © Getty / Carmen Martínez Torrón

L'information repérée par Slate sur la version américaine du Huffington Post, nous alerte sur les dangers d'une forme de Méthode Coué ; une attitude trop positive qui pourrait finir par être contre-productive. Se concentrer uniquement sur les aspects positifs de la vie nous détourne, dit une thérapeute américaine, de ce qui ne va pas bien et nous empêche de mener des luttes : justice sociale, lutte contre le racisme ou pour l'égalité entre les femmes et les hommes. La positivité nous oblige ainsi à enfouir nos problèmes au lieu de les résoudre, il faut donc s'autoriser les deux, conseille-t-elle : des émotions positives, comme des émotions négatives.

Nos journaux, pourtant, ce matin, ne positivent pas à l'excès

Après l'interview du chef de l'Etat, la presse est même quasi unanime. Un regard critique sur le "nouveau chemin" d'Emmanuel Macron, "pas ou peu d'annonces", souligne Le Figaro. "Rien pour provoquer la révolte, rien, non plus, pour déclencher l'enthousiasme". La Croix insiste, dans son édito, sur l'étroitesse du fameux chemin emprunté pour les 600 derniers jours du quinquennat. "L'occasion, grâce à la crise", dit le président, "de rendre la France plus forte et de répondre a des problèmes qu'elle n'avait pas su traiter par temps calme". Se dire que ça ne va pas pour avancer... 

Le président qui veut une relance "efficace" et "juste", l'emploi des jeunes en priorité et la réforme des retraite à rediscuter. Tout cela reste à préciser, sans doute avec, cet après-midi, le discours de politique générale de Jean Castex à l'Assemblée. Sur son ministre Darmanin, "Macron esquive", juge l'Humanité, jonglant entre la cause féministe qu'il "respecte" et "partage", la présomption d'innocence et la confiance qu'il lui accorde "d'homme à homme", dit-il ; la formule relance la polémique. 

Nouveau chemin aux airs d'itinéraire bis 

C'est ce que notent les Dernières nouvelles d'Alsace. "Macron se réinvente... en Macron", titre également l'Opinion. Faire face aux difficultés, "Un cap masqué", s'amuse Libé. Quant à notre santé, le port obligatoire du masque bientôt étendu en lieux clos : ça, la presse régionale - de la Charente libre au Courrier picard, de Midi libre a la République des Pyrénées - tous nos journaux régionaux l'ont bien noté.

A la une, également ce matin, Emmanuel Macron pris à parti hier par des "gilets jaunes", scène dont tous les journaux en ligne - Le Monde, le Figaro, le Point - se font l'écho ce matin. Elle se déroule dans le jardin des Tuileries a Paris, le chef de l'Etat se promène avec son épouse, les manifestants viennent de s'opposer aux forces de l'ordre. Ils interpellent le président sur les Brav, les brigade de répression de l’action violente. Des unités à moto, remises en service lors des manifs de ces même "gilets jaunes" et l'un d'entre eux filme. "Soyez cool" dit l'un, "on est respectueux", répondent les autres. Hier soir le chemin du Président était un peu sinueux. 

Nouveau chemin, anciennes coutumes aussi à la une 

Retour de l'interview traditionnelle du 14-Juillet, on l'a vue à la télé, et aussi des nombreux conseillers dans les cabinets. Le Canard enchaîné rappelle, comme d'autres titres l'ont fait ces jours-ci, que le président ce week-end a levé la règle des dix conseillers maximum par ministre. L'ancien monde est de retour, se délecte le Canard. Qui pointe aussi du doigt une augmentation et une affaire de gros sous. 

L'augmentation c'est celle, à peine élu, à Perpignan, de Louis Aliot, Rassemblement national. 17% pour monsieur le Maire qui dénonçait, il y a quatre ans, une même hausse des indemnités de la précédente majorité. L'affaire de gros sous concerne les JO, ceux de Paris 2024 : les sponsors se défilent et les factures explosent, plus de sept milliards, dit le Canard, toujours lui. Crise oblige, il va falloir se serrer la ceinture mais "tant qu'à faire des économies autant que ce soit sur le train de vie du comité d'organisation, plutôt que sur les infrastructures", prient les élus en Seine-Saint-Denis.  Côté annonceurs, pour remplacer le pétrolier Total, pas assez vert et écarté, il manque désormais 800 millions d'euros... A vos marques, prêts, sponsorisez !

La presse nous raconte aussi de belles histoires ce matin

D'abord celle qui se finit bien, en montagne, près de Grenoble. Le Dauphiné nous raconte la frayeur - on peut le dire - de Nils, un garçon de 11 ans. Parti randonner en famille, il s'est perdu sur un chemin de Chartreuse, a fait une chute, s'est agrippé à de petits arbres. Il a failli tomber de haut, Nils : une barre rocheuse, 50 mètres, il a tenu plusieurs heures mais on peut souffler, les branches aussi ont tenu, il est ce matin sain et sauf

Le Maine Libre nous parle aussi de nature et de celles et ceux qui prennent soin de nos oiseaux. A Saint-Mars-de-Locquenay, non loin du Mans, Amandine Cartier fait ambulance pour les oiseaux blessés, recueillis par la LPO. De petites boites, percés de trous pour les transporter puis les soigner, les remettre sur pattes.... c'est positif, ces bénévoles ont le sourire. 

Le Figaro nous révèle un trésor

Exceptionnelle couverture de BD, celle de Tintin et le Lotus Bleu, mythique album d'Hergé, qui sera vendu aux enchères à l'automne. Un carré a peine plus large q'une feuille A4, dessiné à l'encre de chine, aquarelle et gouache. Elle montre Tintin et Milou cachés dans un grand vase Ming, devant une magnifique tapisserie chinoise ornée d'un gigantesque dragon rouge. 

La ligne est claire, comme d'habitude avec Hergé, et montre l'ouverture du dessinateur à l'art et aux techniques asiatiques. L'image -magnifique - regorge de détails, bien plus encore que dans la couverture que l'on connait car il s'agit là d'une première version, premier projet refusé par l'éditeur car trop cher à imprimer. Cette couverture, fut donc donnée en cadeau au fils de Louis Casterman, Jean-Paul, il avait à l'époque sept ans. Pliée en six puis rangée dans un tiroir pendant huit décennies, elle vaut désormais entre deux et trois millions d'euros. 

Enfin à propos de Tintin, toujours, cette querelle qui agite la Belgique : la RTBF nous raconte sur son site internet qu'un musée de Bruxelles et un zoo touristique de Wallonie se disputent pour savoir qui possède la véritable et inquiétante momie qui inspira le même George Rémi pour dessiner Rascar Capac. Un expert dit qu'il n'en est rien, que c'est sur le Larousse qu'Hergé s'est basé. La querelle n'est pas réglée mais avec Tintin, en général, tout est bien qui finit bien. Il ne faut pas se priver, parfois, d'être positifs. 

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.