C'est une presse très économique que vous trouverez dans les kiosques, ce matin. Et il est vrai qu'avec le projet de fusion GdF-Suez et ses répercussions politiques, l'éventuel mariage de Vinci et de Veolia, le prix de l'essence qui augmente, et les difficultés rencontrées par EADS et sa filiale Airbus, il y a de quoi faire. D'ailleurs, arrêtons-nous un instant sur les turbulences d'Airbus... Comme le résume "Libération" : "Retard dans les livraisons de l'A380", "affaire Clearstream", "conflit de la Sogerma", "chute du cours d'EADS"... C'est "une véritable série noire qui s'abat sur le tarmac"... D'où cet avion que l'on voit en Une... Cet avion qui se disloque... Symbole de cette saga EADS qui, en un an, a viré à la catastrophe industrielle, explique "Libé". Déjà, une action qui perd plus du quart de sa valeur, c'est 6 milliards d'euros partis en fumée, dans la panique générale... Et puis, même à notre pire ennemi en affaires, vous ne pourriez pas souhaiter pire anniversaire. Rendez-vous compte, écrit Grégoire Biseau... Sur le point de souffler sa première bougie à la co-présidence d'EADS, Noël Forgeard se retrouve dans l'obligation de dresser, en guise de bilan, un désastre. Un titre qui s'effondre, un avion qui doit être repensé intégralement (l'A350), une restructuration qui se transforme en pataquès politique (la Sogerma), et enfin un directeur de la stratégie... Un certain Jean-Louis Gergorin... Qui se retrouve au coeur de la plus extravagante campagne de déstabilisation politico-industrielle de la 5ème République (l'affaire Clearstream)... La coupe est pleine. Tout cela est fâcheux, écrit Antoine de Gaudemar, parce que tout cela égratigne sérieusement l'image de ce fleuron européen qu'est Airbus... Parce que tout cela aiguise davantage les dents de Boeing... Et parce que tout cela donne un peu plus de grains à moudre, si besoin en était, aux chantres de l'euroscepticisme ambiant. Oui, le retour sur terre est brutal, écrit Pascal Aubert dans "La Tribune"... Il y a un an, la maison-mère d'Airbus voguait sur un nuage... Puis, soudainement, le vent a tourné, et tout s'est mis à aller de travers... Comme quoi, en Bourse, comme sur une piste... Pour bien atterrir, il ne faut pas bâcler la phase d'approche. Cela dit, il n'y a pas de quoi paniquer, nous rappelle Philippe Waucampt dans "Le Républicain Lorrain"... Regardez Boeing... Erreurs de management, vieillissement de la gamme, guerre au sommet, affaires de corruption... L'américain, lui aussi, a tout connu, avant de se rétablir aujourd'hui... Ce qui invite à relativiser pour Airbus. To be or not to be... Etre ou ne pas être de droite ou de gauche... A cette question, François Bayrou a toujours refusé de répondre... Eh bien, c'est le CSA qui s'y colle : "vous êtes dans l'opposition, Monsieur Bayrou... Et vous l'êtes officiellement puisque, désormais, votre prise de parole, comme celle de 10 de vos députés fidèles, sera classée dans l'opposition, pour ce qui concerne le temps de parole dans les médias". Et "Le Parisien" nous explique comment, au PS comme à l'UDF, on proteste contre une manoeuvre destinée à favoriser l'UMP... "Le Parisien" qui livre aussi cette confidence, recueillie dans les couloirs de l'Assemblée hier, auprès de François Bayrou... Le président de l'UDF raconte que des députés UMP qui ne lui avaient plus parlé depuis 4 ans sont venus le voir et lui ont dit, consternés... "Non seulement on enchaîne les conneries, mais en plus on te sort la soupe". Commentaire de Jacques Guyon, dans "La Charente Libre" : "Cette décision est d'autant plus aberrante que l'Autorité de régulation de l'audiovisuel se croit autorisée à séparer, à l'intérieur d'un même parti, les députés qui seraient félons et ceux qui seraient légitimistes". "Décision un peu baroque effectivement, reprend Pierre Taribo dans "L'Est Républicain"... D'ailleurs, de quoi je me mêle ?... Le CSA est là pour répartir les temps de parole, pas pour décider des appartenances à tel ou tel camp", dénonce notre confrère. En tout cas, pour "Libération", les choses sont tout à fait claires : le CSA a bel et bien sanctionné François Bayrou et 10 de ses proches parce qu'ils ont voté la censure contre le gouvernement. Et puisque nous citons "Libération"... Peut-être vous souvenez-vous que c'est ce journal qui, le 18 juin 76... Il y a donc 30 ans presque jour pour jour... Publiait le fameux "Appel du 18 Joint"... Un document qui, pour la première fois en France, exprimait publiquement une demande de dépénalisation du cannabis. Rédigé sur le modèle du "Manifeste des 343"... Les femmes pour le droit à l'avortement... Ce texte était signé, dans un premier temps, par 150 personnalités, qui déclaraient avoir déjà fumé du cannabis, et avoir éventuellement l'intention de récidiver... Eh bien, 30 ans plus tard, aujourd'hui donc, le Collectif d'information et de recherches cannabiques rédige un nouvel appel, mais cette fois sur Internet... Or, dans cette deuxième tentative, on ne trouve plus Bernard Kouchner, l'un des signataires les plus emblématiques de 76. Kouchner et d'autres... Que s'est-il passé depuis ?... "30 ans d'hypocrisie", répond "Politis", qui publie donc un dossier sur le sujet. Tous les gouvernements se sont défilés, ou ont fait semblant de réfléchir, dénonce l'hebdomadaire, qui prend parti pour la dépénalisation, et qui nous rappelle au passage qu'il est des sujets où le droit, et donc le devoir, ne plaisante pas. Oui, évoquer ce sujet du cannabis n'est pas sans risque, pour un journal, entre autres. Provocation et incitation : les deux termes sont inscrits noir sur blanc dans le Code pénal, pour punir quiconque s'interrogerait sur le bien-fondé de l'interdit concernant les substances illicites. Et ce n'est pas tout : la seule présentation des drogues sous un jour favorable... Je reprends le texte de loi... Est même réprimée. Ce qui veut dire que demander un débat sur la règlementation des drogues peut conduire devant les tribunaux. Quoi qu'il en soit, nous explique "Politis", le Collectif d'information et de recherches cannabiques entend bien interpeller les partis de gauche pour 2007, et militer pour la dépénalisation du cannabis qui, aux dernières nouvelles, est plutôt difficile à trouver ces derniers temps, contrairement à l'héroïne et à d'autres mélanges détonnants, affirme notre confrère Xavier Frison... Qui conclut : "Sale temps pour les amateurs de marie-jeanne !". "J'aimerais bien fermer Guantanamo, mais je ne peux pas pour l'instant", a dit George Bush... Le Président américain admet que l'existence de ce camp de détention, à Cuba, commence à devenir gênante... Et, de fait, selon une nouvelle enquête du Pew Research Center, l'image des Etats-Unis s'est une nouvelle fois dégradée à l'étranger. Selon cette enquête, que publie "Libération", les plus grands décrochages ont eu lieu en Espagne, où les opinions favorables sont passées de 41 à 23%... Même chose en France, où le nombre des américanophiles est passé, en 4 ans, de 62 à 43%. Mais cet anti-américanisme touche à l'absurde, analyse Pascal Richer... Il suffit pour cela de se pencher sur un chiffre, le suivant : les Français ont une bien meilleure opinion d'un pays totalitaire comme la Chine, que des Etats-Unis, pourtant une démocratie amie. Mais peut-être plus préoccupante, pour les Américains, est cette tendance, que Jean-Marc Vittori souligne dans "Les Echos"... Celle qu'on pourrait qualifier de "désamérica-nisation" du monde. A en croire une rumeur persistante, la mondialisation toucherait à sa fin... Mais les échanges progressent comme jamais, souligne Jean-Marc Vittori, qui en arrive alors au coeur de son propos : "Ce qui s'achève, dit-il, c'est ce mouvement de domination américaine sur le monde, qui avait commencé après la Seconde guerre mondiale... Aujourd'hui, le jeu devient beaucoup plus ouvert". Et d'abord sur la scène diplomatique, où Washington rencontre désormais des oppositions énergiques... Un étiolement qui se vérifie aussi sur le plan économique, quand on sait par exemple que les Etats-Unis ne représentent plus que 9% des exportations mondiales, alors que ce chiffre frôlait les 25% juste après la guerre. Autre indicateur qui ne trompe pas : les marques américaines ne constituent plus la norme... Ni même leurs productions culturelles... Télé ou cinéma... Aujourd'hui, les Vietnamiens passent des heures devant une série coréenne... Un exemple parmi d'autres. La désamérica-nisation du monde... Ce n'est pas une rumeur, mais l'histoire du monde, conclut Vittori. Et puisque la presse est économique ce matin, parlons d'argent... Avec le désormais célèbre Robert Riblet, l'homme qui mène une croisade contre la Française des Jeux, et qui s'apprête à livrer une nouvelle bataille... Aujourd'hui ou demain, il devrait déposer une plainte contre la Française des Jeux pour "délit d'escroquerie et tromperie". Il faut dire que ça fait plus d'un an maintenant que ce monsieur s'efforce de démontrer que la répartition des gains dans les tickets à gratter n'est pas aussi aléatoire que veut bien le dire la Française des Jeux. C'est "France Soir" qui s'intéresse au sujet, et qui nous explique que scientifiques, polytechniciens et mathématiciens ont été mis à contribution, et que leurs conclusions rejoignent celles de Robert Riblet... Conclusions selon lesquelles le hasard, prépondérant ou non, n'a pas sa place dans la répartition des gains. Voilà... Si vous voulez gagner de l'argent, il y a peut-être plus efficace... Et vous trouverez ce tuyan dans "Paris Match", qui titre : "Acheter une forêt : un investissement rentable". Et l'on s'aperçoit que la forêt, c'est comme l'immobilier : le prix du mètre carré augmente, mais il est lui aussi soumis à des fluctuations en fonction de l'emplacement et de la nature de la forêt. Et puis les avantages fiscaux sont très appréciables, paraît-il... En revanche, aucun rendement financier annuel à attendre. Mais, comme un bien immobilier, vous pouvez louer... Louer votre bout de forêt pour la chasse. En tout cas, une plus-value sur le long terme... Oui... L'expert convoqué par "Paris Match" l'affirme : la forêt a de l'avenir. Dernière chose, concernant les éléments qui peuvent faire baisser ou augmenter le prix d'une forêt : l'âge et la qualité des arbres, mais aussi les essences qui peuplent la forêt, et qui, du coup, tordent le cou à cette idée reçue selon laquelle l'argent n'a pas d'odeur. Bonne journée. A demain.

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