Les 2 policiers assassinés par la barbarie islamiste, à la Une des quotidiens...et les questions,et les humeurs...

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

A la Une ce matin de vos quotidiens, deux visages

Jean-baptiste Salvaing, Jessica Schneider, souriants…Sur fond noir assorti du drapeau tricolore, faire-part de deuil républicain à la Une du Figaro pour ces « victimes de la barbarie islamiste »

Jean Baptiste Salvaing, Jessica Schneider, ce couple de policiers « assassinés au nom de Daech », « ce sont leurs visages que l’on veut garder en mémoire explique le Parisien, parce qu’ils sont le symbole de la république, les protecteurs de la population et les garants de leurs libertés ». Le Midi Libre pleure lui, son policier de Pézenas. Oui, car Jibé ou Kiki comme était surnommé Jean-baptiste était originaire de Pézenas dans l’Hérault. Dans vos quotidiens, portrait de cet officier de police qui avait rapidement gravi les échelons, de Mantes la jolie aux Mureaux, pour passer capitaine puis commandant, une belle carrière… »policier de terrain très efficace, qui ne perdait jamais son calme » racontent ses collègues, les derniers instants de sa vie en ont encore témoigné. Il s’était distingué il y a quelques années en arrêtant un pervers qui terrorisait Magnanville, il avait reçu la médaille d’argent pendant les émeutes de 2005 pour « acte de courage et de dévouement », quand sa compagne, agent administratif au commissariat de Mantes la Jolie, ne recevait elle aussi que des commentaires dithyrambiques de sa hiérarchie, « professionnelle efficace, à l’écoute de tous » « qui débordait d’amour pour son fils » témoigne une proche dans le Figaro…un petit garçon de 3 ans et demie, dans les bras de ses parents sur une photo des jours heureux. Ce petit garçon qui a vécu l’horreur lundi soir, et à qui la République ne peut offrir comme réparation que de devenir Pupille de la nation

3 vies martyrisées…qui suscitent évidemment des questions

Questions sur la radicalisation de ce terroriste de « proximité », questions sur sa surveillance et les failles du système, questions sur comment faire mieux bien sûr, et… Texte d’humeur à lire sur le site Slate.fr, « Face aux assauts répétés de Daech, j’ai peur de glisser »…Sa signataire, Catnatt, de gauche dit elle, confesse : « L’actualité, Orlando, Magnanville, met des coups de boutoir dans mes convictions. Je suis désemparée, et je pourrai céder aux sirènes des raccourcis. Je me surprends à penser court, radical, expéditif. » Dans ses pensées courtes, elle se dit « que l’islam la gonfle, qu’elle voudrait être peinarde. Elle se dit qu’elle aimerait bien être de droite et croire que la répression résout tout. Enfermer des gens par prévention, oui ça m’a traversé l’esprit. –dans le Figaro ce matin, l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy Hugues Moutouh réclame en effet la rétention administrative pour toute personne contre lesquelles existent de simples suspicions dit il pour que l’état de droit ne soit pas un état faible- « Ce que l’état islamique réussit à faire poursuit Catnatt sur Slate, c’est un travail de sape. User les convictions des gens raisonnables à coups d’actes gratuits monstrueux. Pour l’instant ça tient, ce ne sont que des pensées qui m’effleurent, et je les chasse mais pour combien de temps ? »

Peur de vaciller qui peut-être nous, vous traverse parfois…Et que le politologue Jérôme Fourquet voit s’installer en tout cas dans l’opinion publique, « on assiste dit il dans Libération, à un début de questionnement de la démocratie libérale. La question est : face à des gens qui ne jouent pas selon nos règles, faut il se tenir à celles-ci ? les cliquets sautent les uns après les autres, dans les discours comme dans les actes. Il y a une demande d’autorité et de répression, mais nous sommes déjà au taquet de ce que peut se permettre un régime démocratique. » Quelle sera la prochaine étape ? s’interroge t il

Car il y aura d’autres étapes…Résumées en une phrase par Laurent Joffrin dans Libération, « la défaite sera dangereuse….pour les vainqueurs » assure t il. « oui, explicite un spécialiste de la radicalisation, farad KHOS-RO-KA-VAR dans le Parisien, même si l’état islamique perd ses villes une à une en Irak et en syrie, cette forme de radicalisation perdurera, et d’autres citoyens innocents risquent de perdre la vie. »

Pour revenir à l’humeur, aux pentes glissantes que peut parfois nous faire emprunter l’actualité, savourez deux secondes la Une de Charlie Hebdo. On y voit sous le crayon de Coco, un Donald Trump peroxydé, vociférer après le massacre d’Orlando : « dehors les bougnoules qui viennent tuer nos tarlouzes ». Forcément, ça donne envie de se tenir et de résister aux glissades!

L’autre actualité à la Une de la presse, c’est évidemment la mobilisation hier contre la loi travail

Je ne vous apprendrais rien en vous disant que si la police et les organisateurs des manifestations n’ont pas les mêmes compteurs, la presse n’a pas non plus les mêmes lunettes pour apprécier la réussite ou l’échec d’une mobilisation. « Enorme » donc, c’est le titre de L’humanité qui a compté hier 1 million 300 000 personnes dans les rues contre la loi Travail, quand les Echos estime que sans rebond de la mobilisation, « Philippe Martinez a perdu son pari ».

Au delà de l’arithmétique, beaucoup de vos quotidiens lient en fait entre eux les différents théâtres de désordres que nous vivons actuellement. C’est le cas notamment de la presse étrangère, le quotidien suisse le Temps titre sur « terrorisme, hooliganisme et révolte, la France s’enfonce dans le chaos », avec à la Une une photo de l’hôpital Necker vandalisé hier par les casseurs. Le britannique The Guardian publie lui une tribune, « in France, we have lost our joie de vivre », écrit Agnès Poirier, « nous avons perdu notre joie de vivre » ; elle y raconte comment, écrivant à Paris, elle voit sur les réseaux sociaux défiler ces images de casseurs sur le boulevard Montparnasse, ces canons à eaux de la police qui tentent de juguler la foule, les hooligans russes déborder de violence à Marseille ou encore, ce couple de policiers donc assassinés à son domicile. La France habituée à la joie et la lumière découvre dit elle un nouveau sentiment, la fatigue »

Et on s’en sort comment, elle a une solution ???

« Pourvu, conclut-elle, que la Russie perde le plus vite possible, que les Français gagnent », bon on verra ce soir si elle se qualifie au moins pour les 8ème de finale, « lâchez les chevaux » lance la Provence ce matin pour encourager les Bleus, et « enfin dit elle, que nos amis anglais restent avec nous. Ça pourrait nous remonter le moral ». Bon, ça c’est pas gagné…7 points d’avance dans les sondages en faveur du Brexit, et c’est déjà la grande peur qui s’empare des marchés prévient les Echos..qui nous apprend que banques et hedge funds ont d’ailleurs commandé leur propre sondage sorti des urnes pour la nuit même du vote, histoire d’être prêts…A la variation de la livre sterling dans la nuit du 23 au 24, et avant même donc la publication des résultats, on saura si nos amis anglais ont choisi de rester ou de partir, et si on a une petite chance de retrouver le moral

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