Epreuve philo pour les lycéens, l'épreuve impossible! le Maire/Varoufakis, même combat pour la Grèce? même solution en tout cas! Davis Grossman honoré par le Booker Prize

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

On commence par l’épreuve du jour

Une demie heure déjà que 520 000 lycéens de terminale planchent sur le bonheur, le pouvoir, la conscience, Sénèque ou Cioran. L’épreuve philo existe depuis la naissance du bac en 1809…Mais ce que les élèves ne savent pas , nous dit Philippe Douroux dans Libération ce matin, c’est que c’est une épreuve impossible ! « Ce n’est pas pour leur mettre la pression » écrit-il, mais « ils s’attaquent à l’Himalaya en espadrilles, s’en vont à la conquête de l’infini avec un petit vélo. Courage donc ». Pourquoi impossible ? parce qu’il n’y a ni programme défini, ni méthode infaillible pour réussir une dissertation. Résultat, pour les lycéens qui s’y collent comme pour leurs correcteurs après, il s’agit d’un face à face de la femme et de l’homme à égalité devant l’infini de la connaissance. Allez-vous débrouiller avec ça ! Et puis personne dans l’administration ne s’est risqué à dire les bons usages à mettre en œuvre pour rédiger une dissert de philosophie. Un prof de terminale nous perd un peu plus « la question posée dans le sujet n’est évidemment pas celle à laquelle il faut répondre. Ce serait trop simple, l’élève doit commencer par déconstruire la question posée, avant d’apporter des éléments de réponse ». Alors faut-il renoncer à cette épreuve ? non soutient le même prof, qui défend « cet Himalaya posé dans la cour du lycée par les hussards de la république qui avaient la tâche de former les hommes et femmes de demain, des citoyens capables d’avancer vers un avenir radieux armé d’un solide bagage intellectuel ». Les lycéens qui ont encore plus de 3 heures devant eux ne savent sans doute pas qu’ils planchent sur ce qui est au cœur de la république…bon courage donc

Ceci dit, la dissertation de philo survivra t elle à la réforme du bac promise par Emmanuel Macron pendant sa campagne ? Ce n’est pas la plus menacée, en tout cas pour les séries L. Le Figaro ce matin explore les pistes à l’étude pour modifier l’épreuve du baccalauréat, jugé trop chère 1 milliard 500 000 euros, trop lourde, et surtout désormais anachronique avec le système d’orientation et de sélection APB qui se fait avant le bac. 4 matières obligatoires et le reste en contrôle continu, pistes du ministre Blanquer. Ceci dit quelques ministres de l’éducation se sont déjà cassé les dents sur une telle réforme

A la Une de la presse également ce matin, une photo et un prénom

Photo d’un petit garçon, bouille ronde et souriante que vous retrouvez à la Une de la presse nationale mais aussi régionale, de L’Ardennais, à Sud-ouest, du Courrier Picard à la Dépêche du midi. « Affaire Grégory, 33 après va-t-on enfin connaitre la vérité ? » Un point d’interrogation qui reste de mise, tant les enquêteurs et la presse n’ont eu de cesse de prédire à chaque fois, et en vain jusque-là, « l’ultime rebondissement ». Le Parisien/ Aujourd’hui en France raconte comment « ce sont deux analystes criminels qui ont relu pendant plus d’un an, les 12 000 pièces du dossier. Chaque protagoniste expliquent les journalistes, ont été positionnés dans le laps de temps fatal pendant lequel ont eu lieu l’enlèvement et le meurtre du garçonnet, grâce au logiciel d’analyse Anacrim ». Un outil, nous précise Jean Marc Ducos sur le site du journal, qui accompagne depuis une dizaine d'année les enquêteurs de la gendarmerie traitant des dossiers criminels les plus complexes et notamment les affaires non élucidées, les «cold cases». Nouvelles investigations, nouvelles technologies donc aussi. « En prenant le risque de rouvrir ce dossier douloureux écrit Michel KLEKOWICKI dans le Républicain Lorrain, la justice a passé un dernier contrat avec la vérité. Cette fois, les enquêteurs ont le sentiment que corbeaux, assassins et vautours seront démasqués. Surtout ne pas sombrer dans l'obsession dévorante ; ne pas céder à cette passion mauvaise conseillère. Surtout laisser à la justice une dernière chance de faire son travail. Pour la lumière. Pour Grégory » conclut-il.

La jungle de Calais n’existe plus officiellement depuis l’automne dernier…mais les migrants s’y pressent encore et leurs conditions de vie ne cessent d’empirer « De retour d’une visite à Calais lundi, le défenseur des droits apparait abasourdi par ce qu’il a vu » raconte Carine Fouteau sur Mediapart.fr. L’équipe de jacques Toubon a observé des atteintes aux droits fondamentaux d’une exceptionnelle gravité, et même sans précédent dit il. Dans un communiqué publié hier, Jacques Toubon dénonce des conditions de vie « inhumaines ». « Plus aucun abri ne leur est toléré, ils dorment à même le sol quelles que soient les conditions climatiques, ils disent être traqués jour et nuit, ils ne peuvent ni se laver, ni boire ». jacques Toubon parle à leur sujet d’un « état d’épuisement physique et mental ». Il exige de l’actuel gouvernement la fin de cette « traque », « l’autorisation des distribution de repas, la mise à l’abri des mineurs et l’ouverture d’un lieu ou chacun pourrait se reposer ». Le défenseur des droits exhorte les pouvoirs public à « ne pas s’obstiner dans ce qui s’apparente à un déni d’existence des exilés ».

Jour J pour le bac on l’a dit, journée importante également pour la Grèce

« Bruno le Maire se mettrait-il dans les pas de Yannis Varoufakis ? » le très à gauche ex ministre des finances grec ? Titre un brin provocateur de Libération, Le maire égale Varoufakis, on aura tout lu ! Mais c’est en effet la solution que Varoufakis avait préconisée dès 2015 que le ministre de l’Economie français pourrait reprendre à son compte et proposer à ses partenaires : qu’Athènes puisse rembourser sa dette, oui, mais en fonction de sa croissance. Quand elle est trop faible, pas de remboursement, mais remboursements plus importants quand la croissance repart. Et ce, assorti d’un rééchelonnement de cette dette grecque pourquoi pas jusqu’en 2060-2070. « Monsieur Macron, tendez la main au peuple grec » lance Libération en Une

En politique chez nous, on retiendra :

La Une des Inrockuptibles cette semaine : « This is the end, pourquoi Trump est cuit ». La révélation hier par le Washington post que l’enquête du procureur spécial touche désormais directement le président américain pour savoir s’il a fait ou non obstruction à la justice dans l’affaire russe, cette révélation pourrait bien valider à terme, cette manchette

La Une du très droitier et pourtant très jacobin Valeurs Actuelles, Macron grimé en Bonaparte an Pont d’Arcole avec ce titre« MAcron 1er ». Valeurs actuelles qui s’inquiètent des « dangers des pleins pouvoirs » et qualifie d’ores et déjà le président d’ « autocrate »

On retiendra enfin un Front national en difficulté à 3 jours du second tour des législatives, et ce dessin de KAK à la Une de l’Opinion qui vous concerne Florian Philippot. « Tu sais que je t’ai toujours considéré comme premier ministrable » vous lance la présidente du Fn, « oui » lui répondez vous. « Eh bien je dois remanier » vous annonce-t-elle. Un dessin qui résume le débat, notamment sur la ligne économique, qui va s’ouvrir au sein du Front national dès le 20 juin lors du bureau politique. Le site du Figaro nous révèle que Jean Marie le Pen qui entend bien y faire valoir ses droits en tant que président d’honneur, pourrait même recourir à la force publique, à la police donc, si on l’empêchait d’entrer. Il sera accompagné d’un huissier, au cas où.

On a commencé par la philo, on termine par la culture…

A peine quelques lignes dans les journaux français, et encore, sur leur site, les quotidiens anglo-saxons sont plus prolixes, mais c’est un grand prix qui a été décerné hier, à un immense écrivain. David Grossman a reçu à Londres le prestigieux Booker Prize pour son dernier roman « Un cheval entre dans un bar », qui commence par une blague qui n’en finit pas pour dresser un douloureux portrait de la société israélienne. Première fois qu’un auteur israélien emporte ce prix britannique, à partager avec Jessica Cohen pour « son extraordinaire traduction ». 2 talents récompensés et un prix à se partager

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.