"Le Parisien Week-end" raconte le fruit de la mondialisation. "L'Obs" constate que l'huile de palme est plus forte que nous. Ghosn prospère dans "Le Figaro". Le magazine du "Monde" montre des maillots de stars du foot portés par de pauvres hères, en l'Afrique, et dissipe l'illusion d'un monde unifié par ce sport !

Les avocats objets de convoitise des mafias
Les avocats objets de convoitise des mafias © Getty / gustavo ramirez

Un fruit vert est dans le supplément week-end du Parisien...

Un fruit tropical et de chair cossue, plein de vitamines B et E, de cuivre et de potassium, du bon cholesterol, l'avocat que ses adeptes photographient sur instagram. L'avocat que l'on baptise "l'or vert" en Colombie, où il pourrait supplanter le pétrole, et qui rapporte chaque année 2,5 milliards de dollars au Mexique. L'avocat, le fruit du siècle et de la mondialisation, et jusque dans sa violence et ses illusions.

Et l'on découvre dans Le Parisien Week-end, cette photo du Mexicain Juan Guerrero, masqué et de noir vêtu, fusil mitrailleur à la main. Non pas un truand mais un paysan qui a rejoint une milice pour défendre le précieux avocat contre les mafias. Il y a cela avant nos guacamoles. Et aussi, cet avocat que chérit l'Occident mais qu'il faut transporter par bateaux et réchauffer est aussi une catastrophe pour l'environnement. 

Nous nous faisons du bien, ou du mal... et s'il n'y a avait que l'avocat.

Dans, L'Obs, on parle de l'huile de palme, qui elle a mauvaise réputation puisque pour la récolter, on détruit les forêts à Bornéo et l'on extermine les orang-outans. Mais l'huile de palme est puissante et L'Obs raconte comment la Malaisie a fait plier la France. Notre pays sabote une initiative du parlement européen qui voudrait interdire l'huile de palme dans les biocarburants... C'était cela, ou perdre les marchés militaires malais. On se demande alors si le citoyen ne pourrait pas suppléer l'Etat et Nicolas Hulot.  Et par exemple boycotter cette huile et, tiens, le Nutella qui en contient. TRÈS MAUVAISE IDÉE, répond L'Obs. Si on boycotte l'huile de palme, elle sera remplacée par de l'huile de colza ou de soja, qui utilisent dix fois plus de terres cultivables... Et si on attaque Ferrero pour son Nutella, la firme italienne sera remplacée par d'autres sur lesquels nous n'avons aucune influence... 

Le capitalisme a son ordre, peut-il être vertueux?

Et un grand patron est à la une du Figaro

Carlos Ghosn, patron de Renault Nissan, qui nous fera rouler propre : "Renault va investir plus d'un milliard en France dans la voiture électrique", lit-on en une du Figaro. Qui témoigne d'une hiérarchie du monde. A côté de Ghosn qui sourit, solide et malicieux, l'impuissance des Etats est illustrée par ce titre: "L'Europe déchirée par la crise des migrants." Qui nous conduit ? 

En interview, Carlos Ghosn affiche sa superbe, il parlait de voiture électrique avant le génie de la Silicon Valley Elon Musk, et il prophétise que les voitures autonomes sauveront un million de vies par an.

Oui, mais cette superbe ne règle pas tout. Quand Renault parle dans Le Figaro, Elon Musk va creuser des tunnels sous Chicago, pour transporter à grande vitesse, dans ses navettes électriques, les passagers de l'aéroport, c'est dans Les Échos.

Ghosn confirme aussi qu'il va quitter son poste : il veut atténuer ses querelles avec l'Etat français, et il déplore aussi les foucades de Donald Trump qui menace les entreprises qui travaillent en Iran... "Nous n’avons jamais abandonné l'Iran, dit Ghosn. Mais nous sommes dans un moment difficile." 

La politique rend difficile la vie du patron. 

Tous les industriels ne sont pas à l'honneur. General Electric avait promis des créations d'emplois en rachetant Alstom Énergie. Elle n'a pas tenu ses promesses. A Belfort, les anciens d'Alstom, dans L'Est républicain, s'inquiètent de voir les nouveaux patrons dilapider la richesse humaine qu'ils ont annexée...

Des photos de football pour finir...

Qui mettent à nu l'illusion du monde commun que prétend construire le football... C'est dans le magazine du Monde. Un photographe, est allé dans les coins les plus reculés de l'Afrique photographier des maillots de stars du ballon rond, mais portés par des enfants, des soldats, des miséreux, et les légendes soulignent l'ironie de ces défroques puissantes trempées dans le malheur. "Ronaldinho conduit un ami à l'hôpital qui succombera a ses blessures. Neymar rend son fusil dans un programme de désarmement, Lionel Messi ramasse des ordures sur le marché." M célèbre aussi la joie du football et notamment l'humour des supporters anglais qui ne gagnent jamais. Mais ces photos disent une planète en miette en dépit de la joie. 

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.