... le Monde et Libération rappellent le Camp des saints, livre culte des nationalistes. Le Monde, Libération et l'Humanité saluent Maurice Rasjfus, rescapé de la Shoah, qui devint "l'historien de la répression" policière. De 4 à 7 ans, un petit garçon se laisse pousser les cheveux pour les cancéreux, l'Est Républicain

On parle d'un écrivain...

Qui s'appelait Jean Raspail , mort samedi, et que Valeurs Actuelles et le Figaro saluent avec style et ferveur, le Figaro sur deux grandes belles pages où une grande belles plume, l'écrivain Sylvain Tesson qui voit en Raspail un maître un voyageur comme lui et  l'antidote à notre siècle futile de culture globalisée... "Raspail, c'est la consolation du déclin historique par l'immensité de la géographie. L'espace vide était pour lui le conservatoire des temps désagrégés et des vertus oubliées. La liberté sauvage, la noblesse, la grandeur d'âme, existaient encore... " 

Et de fait, il voyagea Jean Raspail qui sur la planète voulait toucher les "peuples perdus",  je trouve l'expression dans valeurs actuelles et aussi cette phrase, « S'il reste un survivant, je veux le voir et lui parler, lui saisir la main, savoir à quoi cela ressemble un homme vieux de milliers d'années et qui le sait »

Parmi ces peuples que l'on perdait, il nous comptait aussi la France, Jean Raspail était royaliste, il avait organisé en janvier 1993 une cérémonie en hommage à Louis XVI décapité deux siècles plus tôt, il avait aussi romancé l'aventure d'un étonnant personnage, Antoine de Tounens, un avoué du Périgord qui au XIXe siècle était allé en Amérique du Sud conquérir un royaume, la Patagonie... Le site de Sud-Ouest vous en parle également. 

Mais il n'y a pas que l'aventure; et le Monde rappelle que Jean Raspail fabriqua aussi un mythe de l'extrême droite nationaliste; un roman paru en 1971 le camp des saints, que Marine le Pen sur Twitter nous invite à relire. Le Camp des saints racontait le débarquement dans le sud de la France d'un million de migrants venus du sous-continent indien, qui allaient renverser le pays, les résistants "de souche", finiraient tués par une Commune multiraciale de Paris... Le Monde cite cet extrait du livre, il parle des migrants : "Ils couvriront de caca votre terrasse et s'essuieront les mains aux livres de votre bibliothèque. Ils cracheront votre vin. Ils mangeront avec leurs doigts" ; et aussi cette phrase, que je lis également dans Libération: "Nous mourrons lentement rongés de l'intérieur par des millions de microbes introduits dans notre corps."

Je lis ceci sur le Camp des saints dans le Figaro: "Il est arrivé à Raspail exactement ce qu’avait rêvé André Malraux pour lui-même : et si le monde s’était mis à ressembler à ses livres ?"

La mort a du talent parfois. Elle a pris le même jour deux hommes nonagénaires, qui témoignaient chacun d'une part de France. Et quand le Figaro  témoigne pour Jean Raspail, je lis dans Libération, dans le Monde, dans l'Humanité, le destin de Maurice Rajsfus, enfant de prolétaires juifs qui fut arrêté avec ses parents et sa soeur en juillet 1942 par deux policiers dont l'un était un voisin... Rajsfus survécut à la shoah et dans son âge adulte, il documenta et raconta les violences policières dans ce pays, il fut communiste exclu pour indiscipline, trostkiste, anarchiste journaliste, mais avant tout disait-il à Libération, historien de la répression. Il n'avait pas pardonné ni à la police ni au pays attentiste la tragédie des siens, il ne voyait pas dans l'occupation une exception mais une accoutumance à la violence, il préparait avant sa mort un livre avec le journaliste David Dufresne, qui interpelle le gouvernement sur Twitter sur les violences policières -Rajsfus ignorait les réseaux sociaux et prenait des notes pour ses fiches, elles seront archivées pour la postérité, c'était son inquiétéude.  

On parle aussi d'un gendarme...

Un colonel à la retraite, Fabrice Tranchant, dont la Charente libre sur son site dévoile le curieux profil Facebook, où il célèbre le maréchal Pétain, la victoire des francs contre les musulmans à Poitiers, et voue aux gémonies l'Islam, et les noirs qu'il appelle les gros nez, la Charente libre offre un florilège de captures d'écran... Voilà de quoi nourrir un peu plus les doutes et les débats sur ce que nous cachons...

L'Est républicain s'interroge sur les statues des grands hommes de Franche-Comté. Le socialiste révolutionnaire bisontin Pierre Joseph Proudhon était antisémite, considérait que les hommes pouvaient battre leurs femmes et s'opposait à l'abolition de l'esclavage, les noirs n'étant pas prêts, " les vrais négrophiles sont ceux qui, les tenant en servitude, les exploitant il est vrai, leur assurent la subsistance, les améliorent insensiblement par le travail, et les multiplient par le mariage".

Quant à l'inventeur de la paléontologie,  Cuvier, dont l'élégante silhouette de bronze s'élève a Montbéliard , il considérait les Noirs comme une race inférieure, les comparant à des animaux, mais c'était lis-je les débats de ce temps.  Il faudrait mettre des notices explicatives aux statues, puisque la République ne déboulonnera pas....

Et on parle d'enfants pour finir...

Des enfants que l'on maltraite dans leur famille, décidément ce n'est pas gai ce matin, mais des enfants que l'on sauve, le Journal du Dimanche l'expliquait hier , mais on lit le JDD le lundi sur le web, une association s'est associée avec le jeu Fortnite, pour permettre aux gosses battus de lancer un appel, on a créé un avatar, un personnage de couleur bleue et  on a fait passer le message : « Si tu es victime de violence , ajoute le comte Epic enfant bleu pour discuter discrètement... » 350 enfants ont pu ainsi se confier...

Sur le site de l'Est républicain encore, je rencontre un petit garçon; Aymeric 7 ans d'Abbevillers, qui à l'âge de 4 ans a décidé de se laisser pousser les cheveux pour qu'on fabrique avec sa douce tignasse des perruques pour les enfants et les mamans qui souffrent du cancer. Le mouflet a surmonté les moqueries et il y a quelques jours, on lui a coupé ses 41 centimètres de cheveux blonds, il est superbe la boule à zéro pour reprendre l'école...

Je lis dans un bel édito du New York Times que les pays gouvernés par des femmes ont eu cinq fois moins de morts du coronavirus que les pays dirigés par des hommes.

Les femmes et les enfants au pouvoir !

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