Poussé par ses enfants, un investisseur est parti à l'assaut de Exxon qu'il faut rendre écolo, le Wall Street Journal, l'Opinion. Mexico manque d'eau et s'enfonce dans le sol à force de pomper pour en trouver, la Croix.

On parle d'un doute... 

Qui, nous dit le Figaro, a saisi la Suède qui s'interroge sur son libéralisme en matière de mœurs, le pays fut un pionnier dans la reconnaissance de la dysphorie de genre, cette souffrance qu'éprouvent celles et ceux qui sentent savent qu'ils ne sont pas nés dans le bon corps, dans leur véritable sexe, dès 1972 la Suède accompagnait les transgenres et les soutenait médicalement dans leur transition et cet engagement s'étendait aux adolescents, on débattait ces dernières années de la possibilité de rendre légal un changement de sexe dès l'âge de douze ans... Mais en mars dernier, l'hôpital Karolinska, institution prestigieuse, qui avait pratiqué l'ablation des seins chez des adolescentes a décidé de ne plus donner de traitements hormonaux aux mineurs...  Des études disent que la prise d'hormone pourrait favoriser des maladies cardio vasculaires, des cancers,  mais plus encore que ces raisons médicales, c'st une question de société qui se joue. Les cas de dysphorie de genre chez des jeunes gens se multiplient, 12 personnes de moins de 25 ans, en 2001; 1859 en 2018, de plus en plus en plus de filles de 13 à 17 ans veulent devenir des garçons, les associations de soutiens aux transgenres parlent d'un phénomène normal, la visibilité amène des gens à réfléchir et à dire leur vérité, d'autres redoutent des diagnostics hâtifs, une manière trop simple de résoudre d'autres pathologies, de l'anxiété, les hésitations de l'âge... Et le Figaro met en avant Johanna, qui à 14 ans décida qu'elle serait Kasper, un garçon, et entrepris à injections d'hormones de le devenir, avant de rebrousser chemin quand un psychologue lui qu'elle détestait son corps ancien parce qu'elle était anorexique, et non pas le contraire, alors, Johanna tua Kasper et redevint fille....   

Et cette question n'est pas seulement suédoise mais bel et bien de France, où l'hebdomadaire d'extrême droite Valeurs actuelles titrait ce printemps contre "la folie trans", quand à l'opposé l'Obs, encore en kiosque et sur son site, raconte le parcours d'adolescents en transition, il est marrant Ruben 14 ans qui quand il était fille, regardant Rebelle de Disney, voulait être le musclé roi Fergus... Et l'Obs confirme que chez nous aussi les cas se multiplient les consultations sont débordées, et les barrières sautent, 1% de la population mondiale ressentirait une incongruité de genre, un enfant sur 500 vivrait dans le mauvais sexe, dit l'hebdomadaire... Devenons-nous des Suédois quand les Suédois cessent de l'être?    

On parle aussi d'enfants militants...  

Qui dans un repas de famille asticotent papa dont le métier ne leur plait pas, papa est est dans la finance, un gestionnaire de fonds spéculatifs qui a fait une culbute dans la bulle internet et qui a placé des billes dans le charbon et le stockage du pétrole et du gaz... mais en dehors du boulot il se dit écolo,  ce qui fait rire ses enfants, comment peux tu prétendre que tu défends l'environnement ? Et c'est ainsi que Christopher James par ses garçons a changé de vie, nous raconte le Wall Street Journal dans un article que publie l'Opinion, il a créé un nouveau fonds d'investissement, Engine, dans lequel il a injecté 250 millions de dollars, et est parti à l'assaut de Exxon, vieux géant du pétrole rétif aux enjeux verts et dont les résultats étaient déficients, 22 milliards de perte, James a expliqué que l'environnement n'était pas seulement une question de morale mais de survie de l'entreprise et il a rameuté autour de lui d'autres investisseurs,  et a pénétré le conseil d'administration de Exxon.  

Et cette histoire nous dit à la fois la résilience du capitalisme et le pouvoir des petits garçons verts,  la génération climat comme dit le Parisien qui en fait une page quand le Bien public en fait deux sur des écoliers de la Côte d'or qu'on éduque à l'école à aimer et soigner la nature  et qui savent que les coccinelles valent mieux que les pesticides, et qu'il vaut mieux manger des légumes à la place de la viande, ça pousse dans la terre, c'est bon pour la santé!

Mais la jeunesse est complexe.

La Croix, qui relaie l'enquête en profondeur d'un collectif de chercheurs, nous dit que la génération climat est un mythe, plus de la moitié de jeunes gens, 57%, sont indifférents à l'environnement, ils ont autre chose à construire dans leur vie, ou bien sympathisent mollement avec la cause mais sans s'engager ni changer leur comportement, et chez les jeunes écolos, on se divise entre éco investis qui se sentent de gauche changent leur manière de vivre et manifestent dans la rue, et  modernistes, de droite, qui certes se passent de viande, mais ne goutent pas les défilés et pensent que le capitalisme et la technologie résoudront nos crises... On va donc encore débattre...  

La Croix encore nous raconte la ville de Mexico où les pluies se font rare et l'eau vient à manquer  et des bandits désormais braquent les camions citernes, on pompe alors sous la ville à la recherche de nappes enfouies, car jadis les Aztèques avaient bâti leur ville sur un lac, mais à force de pomper le sol s'effondre et la ville s'enfonce, de 2 centimètres chaque année comme happée par les fonds...   

A Angoulême c'est un autre effondrement que nous dit la Charente libre, car avec avec la retraite du docteur Reynoard, à la fin de ce mois, l'hôpital Girac n'aura plus de médecin oncologue capable d'assurer les chimiothérapies et les malades devront aller ailleurs, Périgueux Saintes Bordeaux Poitiers Limoges... Le marché des oncologues est tendu en France apprends-je et faute de prévoyance un bel hôpital se transforme en désert médical...   

On parle enfin d'un dessinateur...  

Qui est bien bellement raconté dans Libération et le Monde et le site de l'Obs, Nikita Mandryka mort dimanche à 80 ans qui inventa le personnage foutraque du concombre masqué au vocabulaire rare, chourave bretzel liquide! Mais qui surtout incarna la liberté exaltante des bédéastes des années 60, qui s'épanouissaient sous la férule du grand René Goscinny dans Pïlote et prirent leur indépendance, ainsi maltraite-t-on les ainés, Mandryka rompit avec Goscinny  quand celui-ci lui refusa, au nom de l'incompréhension de la France profonde, une planche où le concombre immobile sur plusieurs cases regardait pousser les rochers, quel programme rêvé...  

Dans Mediapart, un petit article monté à la Une du site, évoque un jeune homme qui aura essayé contre lui-même d'être heureux et libre, mais qui depuis son enfance vit avec l'idée qu'il survit dans un monde étranger, ce sont ces mots, et il a décidé de ne plus y survivre. Il s'appelle Alexandre Dobrow, dit Alex Dobro, il est une figure du monde des jeux en ligne, où contre une culture violente il a imposé un espace pour les gamers homos et trans, LGBT... Nous y revoilà. Dobro autiste, d'une intelligence précise et impressionnante, et au moment de quitter ce monde, c'est cela qu'il annonce, met en ligne un texte de plusieurs centaines de pages où il repasse toute une vie ses peurs ses addictions sans en oublier aucune, son texte et les autres de son blog, allez regardez,  resteront un document presque clinique et humain, passionnant et glaçant et bouleversant sur un homme autiste parmi nous, semblable et irréductible... Et qui ne veut plus être.

Contact
Thèmes associés