(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : histoires de factures

(Bruno Duvic) Quand on demande à Pierre Lellouche s'il se souvient d'une conférence sur l'accès au crédit qu'il aurait organisée le 30 mai 2012, il répond "Je suis tout a fait étonné, et le crédit n'est pas du tout mon thème de prédilection"

Quand on lui précise que cette conférence a été payée 300.000, 299 pour être précis, par l'UMP à la société Bygmalion, il répond : « Tout ça ? Pour moi ? »

Il cherche dans son agenda, le 30 il trouve trace d'un passage à l'assemblée le matin et d'une réunion avec des médecins le soir. Pas de conférence sur l'accès au crédit.

Des exemples comme celui-ci, il y en a quelques uns ce matin dans Libération . « Les folles factures de l'UMP, des comptes à dormir debout ». Enquête de Violette Lazard, le journal relance l'affaire Bygmalion, cette société d'événementiel et de communication tenue par des proches de Jean-François Copé.

Entre janvier et juin 2012, l'UMP lui a versé pour près de 20 millions d'Euros pour l'organisation de meetings de campagne, de diverses opération de communication et 55 conventions.

Ces conventions ont couté près de 13 millions d'Euros à elles seules. De quoi organiser de très gros raouts qui aurait du marquer les esprits et la presse. Mais seules quelques unes ont laissé des traces sur le site de l'UMP. Alors, prestations fictives, surfacturations ? Les soupçons dans le journal sont lourds ce matin. C'est aussi le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy qui est mis en question.

Jérôme Lavrilleux, le bras droit de Jean-François Copé assure avoir les preuves de la tenue de ces réunion mais, dit-il, « Libération peut toujours courir pour les avoir ».

« Le président de l'UMP doit s'expliquer sur ces millions d'Euros dilapidés », écrit Eric Decouty, dans l'éditorial.

A gauche, c'est le retour des couacs C'était le 4 avril, raconte Le Point , lors du premier conseil des ministres où les portables étaient interdits. En principe silence total. Mais, de l'autre côté du mur de la salle du conseil, les sonneries n'ont pas cessé de retentir. Les ministres avaient oublié d'éteindre leur téléphone.

C'est ainsi, Manuel Valls a beau répéter les consignes depuis son entrée en fonction - solidarité, discrétion - il y a toujours une sonnerie intempestive.

Merci qui ? Merci Ségolène Royal et ses déclarations dans Paris Match sur la condescendance, le mépris de certains collègues, le manque d'imagination de Michel Sapin dans le dossier de l'écotaxe, et sur Arnaud Montebourg accusé de faire fuir les investisseurs étrangers.

Elle a quelque peu rétropédalé depuis, mais le mal est fait. La ministre est la vedette des éditoriaux ce matin. Pas tous négatifs d'ailleurs : il est question de son panache, de sa façon moins poussive que d'autre de faire de la politique mais aussi de son côté Calamity Jane et de son esprit de revanche.

Ségolène, elle est « indisciplinée, indisciplinable, invirable » dit d'elle Julien Dray dans L'Opinion . Un défi à l'autorité du Premier Ministre. Dans Le Point , l'un de ses collègues ministres décrit son attitude lors des réunion du jeudi une semaine sur deux autour de Manuel Valls. "Regard dans le vide, comme pour nous signifier que, pour elle, le lieu de l'arbitrage est à l'Elysée, chez François et non à Matignon, chez Manuel"

Retour des couacs, retour des confidences assassines dans la presse. Le Nouvel Observateur demande aux ministres virés lors du dernier remaniement de dresser un portrait de François Hollande. Est-ce l'effet de l'amertume ? En tout cas c'est l'image d'un dirigeant froid et cassant qui émerge. Résumé de Michèle Delaunay, ex ministre aux personnes âgées : "Au meeting du Bourget, Hollande avait dit '’j'aime les gens’', ça ne se voit plus".

Dans la presse encore, l'éditorial du Figaro

Yves Thérard, du Figaro , c'est Conchita Wurst ! Il faut en faire des tonnes pour emporter le public alors à propos de la journée de la jupe, cette initiative de lycéens nantais pour lutter contre le sexisme, l'éditorialiste fait son show ce matin. La jupe pour tous ? Et quoi encore ? « Pour lutter contre la déprime des jeunes, une journée du cannabis pour tous ? Pour vaincre la timidité, une journée tous à poil ? L'atmosphère va devenir irrespirable dans ce pays, placé chaque jour davantage sous la dictature intellectuelle d'une certaine gauche. »

Quoi d'autre dans la presse ?

Valls face à un nouveau Front aujourd'hui avec la manifestation des fonctionnaires. Ils ont le soutien de L'Humanité . « Fonctionnaires, c'est la casse sociale qui ne dit pas son nom. 10 ans de démantèlement des services de l'Etat, saignée des effectifs et stagnation des salaires. »

La campagne des européennes et deux gros dossiers à la Une. Le traité transatlantique de libre échange dans Le Parisien-Aujourd’hui en France . « L'Amérique veut imposer sa loi » titre le journal.

Et l'immigration clandestine dans Le Figaro . Selon le journal, qui a consulté les chiffres de l'agence Frontex, le nombre d'entrées illégales a augmenté de 48% en 2013 par rapport à 2012. 107.000 entrées. Cela reste nettement moins qu'en 2011 : 140.000.

Betrand Delanoé doit-il encore avoir bureau, poste informatique et secrétariat à la mairie de Paris ? C'est un projet de délibération soumis aux élus la semaine prochaine et qui crée la controverse. Justification : l'ancien maire reçoit encore beaucoup de courrier et d'invitations. C'est à lire dans Le Parisien , édition 75

Grace, le film d'ouverture du festival de Cannes descendu en flèche dans la presse. Résumé en titre sur lemonde.fr . « Fenêtre sur four », « Crier GrAce dès le premier jour ». Le Nouvel Observateur : « Disgrâce de Monaco ». L'Humanité : « L'excès de Grace nuit gravement ».

Les primes des Bleus à la coupe du monde de football, selon Le Figaro : même s'ils perdent au premier tout, 75.000 Euros. 133.000 s'ils vont en quart de finale. 330.000 Euros s'ils gagnent la coupe.

Et un vieux coucou...

Nom de code, Whiskey 7. Dans cet avion, il n'y a pas de siège, pas d'assistant de vol, pas de chauffage, pas grand chose. C'est un vieux C-47 de transport de troupes qui coule une retraite paisible aux Etats-Unis. En 1944, des parachutistes britanniques ont sauté de sa carlingue sur les plages de Normandie. Pour leur rendre hommage, cinq fondus d'aviation et d'histoire vont refaire à son bord le trajet de 1944, un vol transatlantique de New York aux plages de Normandie.

L'histoire est dans le New York Times édition internationale.

Ils partent aujourd'hui car pour arriver le 6 juin, il lui faudra du temps au vieux Whiskey 7. Escales dans le Maine, le Labrador, au Groenland, en Islande et en Ecosse. Les cinq risquent d'avoir froid là haut dans leur coucou. « Ils sont fêlés, ils auraient pu être avec nous en 44 », dit un vétéran dans Le New York Times . Ils prendront tout de même leur précaution. Lors de la dernière escale en Ecosse, ils embarqueront une bouteille de Scotch à bord de Whiskey 7.

A demain !

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