Le Monde et le Figaro témoignent de ces Palestiniens prêts à mourir et Haaretz décrit les manifestants de Gaza, tels "des taureaux allant à l'abattoir". Mediapart fouille un conflit d'intérêt auquel aurait cédé le secrétaire général de l'Elysée. Et dans Libération, on défend le vrai camembert au lait cru!

Des journaux témoignent ce matin de l'hécatombe de Gaza...

Deux journaux singulièrement, le Monde et le Figaro,  qui témoignent aussi pour ces Palestiniens de gaza qui étaient prêts à mourir des balles israeliennes. Et il faut suivre l'invitation de Piotr Smolar, le journaliste du monde, à s'asseoir dans la maison de la famille Amar, dans le camp de réfugié de Bourej à Gaza, "un cloaque plongé dans la pénombre jour et nuit, en dehors des quatre heures quotidiennes d’électricité. Dans le frigo, un bac plein de tomates, un peu de verdure. Au congélateur, des piles de pain pita. C’est tout. Jana, neuf ans, serre un cahier d’écolière, on y voit ses dessins naïfs, des photos découpées du dôme du Rocher à Jérusalem. Son frère Mohammed exhibe fièrement une grosse clé suspendue à une chaîne rouillée. Celle du grand-père, ouvrant le paradis perdu et fantasmé : la maison familiale jusqu’en 1948".

Et c'est avec les Amar que Piotr Smolar est allé au rassemblement, rencontrer  les prémisses du massacre, quand les hauts parleurs chauffaient les plus jeunes en direction de la frontière, « on entrera après la prière, que Dieu vous protège ! » 

Dans le Figaro, Cyrille Louis raconte aussi ces haut-parleurs qui "exhortent la foule": «Les jeunes de Khan Younes sont en train de découper la clôture, C'est le jour de la victoire Les soldats de l'occupation ont commencé à reculer sous les assauts de nos frères…» Et il rencontre un jeune homme, Mohammed Mansour, 24 ans,  qui pense franchir la clôture. « Je verrai ce que je pourrai faire une fois sur place. Jeter des pierres, peut-être tuer un soldat…» 

Et dans le Monde comme dans le Figaro se ressent la spontanéité d'une foule au désespoir et qui rencontre des projets politiques... Ainsi ce  professeur de sport membre du Hamas qui dit  à ses élèves de douze ans de participer à la marche "L’occupant israélien dit que les adultes mourront et que les jeunes oublieront. C’est pour ça qu’ils doivent être là. »

Haaretz décrit le dispositif militaire israelien,  et ces colonnes de manifestants se dirigeants vers la frontière, encadrés par des hommes à moto,  "comme des taureaux allant à l'abattoir"... Like a line of bulls on the way to the slaughter... C'est l'expression en anglais et elle est terrible à lire dans un journal qui est le grand quotidien progressiste israelien... Et qui condamne son gouvernement israelien... Mais Haaretz ne condamne pas Tsahal et ses soldats, forcés de tirer sur une foule mouvante, de trop près. Une foule allant à l'abattoir, une foule tellement étrangère...  

Vous lirez dans les Echos un article excellent,  « le come-back des kibboutz », et raconte la transformation des villages collectifs d'Israel de l'agriculture socialiste à  la High tech... Ainsi le kibboutz Nir Am, dont la vieille salle à manger collective est désormais un espace de coworking... Nir Am est à la frontière de Gaza,  juste à la frontière de ce territoire où la mort est l'horizon...  

En France, des affaires menaceraient le pouvoir d'Emmanuel Macron...

Et c'est la conviction de Mediapart, qui insiste, sur les ristournes dont a bénéficié la campagne électorale d'Emmanuel Macron, mais surtout le conflit d'intérêt auquel aurait cédé Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, mais également le cousin d'un dénommé Gianluigi Aponte, lequel Aponte contrôle un armateur italo suisse, MSC, lequel MSC s'intéressait beaucoup aux chantiers navals de Saint-Nazaire, que l'Etat devait sauver...  Et Mediapart raconte une scène embarrassante, en mars 2017... Une réunion au ministère de l'industrie consacrée aux chantiers, où Alexis Kohler en représentait  MSC où il était allé pantoufler... Six mois plus tôt, le même homme était directeur de cabinet du ministre de l''industrie Emmanuel Macron, trois mois plus tard, il serait l'homme fort du Président Macron, mais entre les deux, travaillait pour le croisiériste... Mediapart cite Christophe Sirugue, qui avait succédé à Emmanuel Macron au ministère. « J’avoue que nous avons été tous très surpris de découvrir le nom d’Alexis Kohler dans la délégation des armateurs. Au point que mes services ont demandé l’avis de la commission de déontologie. Formellement, rien ne s’opposait à sa présence. »

Mais la légalité est-elle suffisante en politique. Mediapart cite un vieux livre de la IIIe république," La République des camarades", et cette phrase de son auteur Robert de Jouvenel: « La démocratie, qui reposait sur le contrôle, s’est endormie sur la complaisance. » 

Coïncidence des dates. Il  y a un peu plus de 5 ans, le ministre du Budget Jérôme Cahuzac devait démissionner, suite à une enquête, déjà, de Mediapart. Il connaitra aujourd'hui le verdict de la cour d'appel. On en parle très peu dans les journaux, si ce n'est dans les Jours, qui nous explique qu'en général, les fraudeurs fiscaux échappent à la prison...

Une pétition dans Libération s'engage pour le camembert !

C'est le camembert que l'on assassine... Car les industriels du fromage ont gagné le droit d'appeler camembert un fromage fabriqué avec du lait pasteurisé, alors que le vrai camembert ne se conçoit qu'au lait cru et moulé à la louche... et c'est une hérésie historique, car on parle du   "plus populaire des fromages tricolores, le calendos, né dans les limbes de la Révolution française au cœur du bocage normand et qui durant toute la Première Guerre mondiale, nourrissait les soldats dans les tranchées", une hérésie culinaire, "le camembert va  devenir une vulgaire pâte molle sans goût" et un crime social, "dans cinq ans à peine, le «véritable camembert de Normandie» sera un produit de luxe, réservé aux initiés, tandis que la masse des consommateurs devra se contenter d’un plâtre pasteurisé."

Et voilà pourquoi pétitionnent des chefs et du beau monde... Et parmi eux  notre ami Ali Badou, et un certain Sébastien Demorand, votre frère Nicolas, et cette proximité m'enchante et m'émeut ce matin, autant, c'est dire, que la fraternité de Johnny Halliday et Eddy Mitchell, Schmoll qui raconte au Parisien qu'il rêve encore de Johnny... Mais tout de même, quel conflit d’intérêt !

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