Le Monde a suivi deux élèves de Kourtrajmé, l'école fondée par Ladj Ly, qui à leur tour filment la vérité de Clichy et Montfermeil. Society me raconte le baser au moment où il disparait. On pourra réserver sur internet une place pour se coucher sur la plage à la Grande-Motte, Midi Libre.

On parle de liberté ce matin…

Et le Monde raconte deux hommes que la police est venue chercher chez eux à 6 heures du matin en Europe terre des droits de l’homme oui mais c’était dans la Hongrie du Président Orban, que Andras Kusinszki, 64 ans et Janos Csoka-Szucs, 54 ans, avaient critiqué sur Facebook… Le premier dans un post liké 11 fois, avait contesté la politique de déconfinement des autorités après le pic de l’épidémie,  « Cher dictateur (…), n’envoyez pas des milliers de personnes à la mort », écrivait-il, le second avait partagé la publication d’un député de l’opposition contre la libération de 30.000 lits d’hôpitaux pour accueillir les malades Covid-19.

Cela peut s’appeler dans la nouvelle loi hongroise « propagation d’informations alarmantes » passible de prison, a estimé la police qui surveille donc les réseaux sociaux, le délit existait sous le communisme… Le Parquet ne semble pas suivre la police dans ces affaires, est-ce une consolation…

On peut apprécier notre liberté en France, quand dans Libération, le docteur écrivain Christian Lehmann s’en prend au Président Macron, outré qu’il est qu’on veuille distribuer une médaille  aux personnels soignants qui méritent des respects plus concrets… Lehmann invoque la série Game of Thrones et compare le chef de l’etat à "un jeune homme imbu de lui-même," qui méprise ses guerriers, mais un jour "ceux qui ne sont rien, jettent dans un chaudron les médailles dont il les a affublés", et, Lehmann cite la série : «Si vous pensez que ceci va avoir une fin heureuse, vous n’avez pas suivi les événements de près». 

Nous irons bien en France, tant que ces choses pourront être écrites. Nous allons bien aussi symétriquement parce que je lis aussi, c’est dans le Monde, qu’un des reproches fait au gouvernement était infondé. Une étude épidémiologique montre que la tenue du premier tour des municipales n’aurait PAS contribué à propager le virus… 

On parle aussi de la banlieue...

Dans le Monde encore, tout à l'heure dans les pages du magazine, je lis un long reportage en abime entre Clichy sous Bois et Montfermeil; le Monde a suivi deux apprentis cinéastes  qui tournent un documentaire sur ces cités où Ladj Ly a situé son film « les misérables », ils sont des élèves de son école, "Kourtrajme", c’est leur tour à Mahmadou et Dukan, 22 ans et 20 ans, de rendre compte de la débrouille, de la dureté, des "vinvins", les prostituées africaines, du médiateur qui aide ses concitoyens devant un bureau de poste qu’il y a si longtemps il braqua, ou de Gladys dite "la daronne", 10 enfants à 40 ans dont 6 confinés avec elle,  et qui pour décompresser s’enferme dans la cuisine la musique à fond: avant, les samedi soirs, elle allait en boite, ciao bambino

Nos histoires de France. 

Dans la Vie, je lis aussi mon pays, dans un article superbe sur Jeanne d’Arc  qui fut canonisée il y aura 100 ans demain, et ce fut pour nos aïeux un moment de communion nationale. Car la sainte catholique était aussi par le talent de l'historien Michelet une incarnation du peuple patriote et donc républicain: en 1904 Jaurès le grand socialiste s'était battu en duel pour Jeanne contre le nationaliste Paul Déroulède qui la lui contestait! 

J'apprends aussi dans la Vie que notre Jeanne fut une héroïne européenne, figure du romantisme allemand, par une pièce de Schiller! Et je découvre ému qu'à Domremy qu’on appelle la Pucelle depuis 1578, la maison de Jeanne est toujours debout avec son toit en appentis recouvert de tuile orangée...

J'entends, aussi, la voix de Jeanne D'arc sur le web, j’ai appris par la République du Centre qu'une association  a mis en musique ces mots de Jeanne devant ses juges, "Puis vint cette voix, environ l'heure de midi, au temps de l'été, dans le jardin de mon père...". Le quatrain est chanté par des volontaires, avons nous oublié la petite Lorraine? 

Le Point cette semaine publie un chouette dossier pour la patrie, qui raconte comment la France se releva de ses ruines après 14-18, après la guerre de 1870 quand un sursaut national abonda un emprunt de 5 milliards pour payer l’amende exigée par le vainqueur prussien. Et bien, il manque à ce dossier la figure de Jeanne que dans une tribune de la Croix l’essayiste Christiane Rancé compare à Notre-Dame de Paris, toutes eux brulées mais toutes deux intactes en leur coeur…

On parle enfin de baisers...

Dont Ali Rebehi nous entretenait il y a deux jours, dans "Grand bien vous fasse" mais que le mal nous prend, les baisers la bise nous quittent, que l'on ne risque plus au temps du coronavirus, ils étaient en nous depuis les origines, car nous serions nés écrit Society du baiser de vie que Dieu donna au premier homme, mais voilà. A l'enterrement de son oncle, en mars, il s'appelait Ali Gaoua et tenait à Lyon un restaurant oriental, Alyssia et sa mère ont attrapé le coronavirus en n'osant pas refuser l'accolade d'amis... A 20 ans, Alyssia n'embrasse plus personne, imaginez:  le baiser s'en va, comme s'en va la vie de bureau  et l'open space le cadre de nos travaux dont les Echos magazine me disent le déclin, le vertige peut venir. 

Je suis frappé dans Paris-Match par la beauté absolue de ces photos de baleines qui dansent et sautent près des hommes, elles n'ont plus peur de nous car nous les chassons moins, mais par nos plastiques nos déchets, nous les éteignons aussi surement que jadis au harpon.  

Pardon de ces tristesses incongrues en ce jour où les unes des journaux rayonnent des plages qu'on nous rend, des vacances que l'on nous promet. Je vois dans Midi Libre la meilleure des nouvelles. Quand partout ailleurs il faudra sur la plage être debout et s'activer, on pourra faire bronzette sur un coin de la plage à la Grande-Motte, où l'on pourra réserver sa place sur internet! Oui je sais c'est bizarre, mais être couché sur la plage imaginez..

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