Dans le Progrès, des tourtereaux redoutent que les gilets jaunes gâchent leur mariage. On se dispute le bitume des villes dit le Point, Bordeaux bannit les trottinettes en libre-service. La Cour d'appel de Montpellier invente le parent biologique sans mention de genre. Les maisons d'écrivains dans le Berry Républicain.

Un jésuite disparu en Syrie fait la une de la Croix...   

Et ce colosse aux yeux doux représentait plus que sa propre tragédie, mais l'espérance de ces catholiques qui voulaient en Orient construire une fraternité avec l'islam... Paolo dall'Oglio en est mort, sans doute à l'été 2013, pris par Daech dans la ville syrienne de Rakka que les djihadistes disputaient aux révolutionnaires. "Salut à tous de Rakka, je suis en Syrie libre", écrivait-il le 27 juillet. Deux jours plus tard, il pénétrait dans l'ancien governorat de la ville, siège de Daech, pour négocier des libérations d'otages, et peut-être pour transmettre des messages des insurgés kurdes... Car le jésuite soutenait passionnément l'insurrection armée contre le régime de Bachar al Assad, il acceptait même l'éventualité d'un régime islamiste, et suscitait l'incompréhension de ses amis démocrates avec qui il débattait, juste avant de mourir, au café Apple de Rakka où se disputaient les révolutionnaires...   

La Croix consacre cinq pages à ce "Gargantua de la foi", c'est énorme et passionnant, une investigation humaine et philosophique dans une utopie perdue. Le romain Dall'Oglio était, titre d'un de ses livres, "croyant en Jésus et amoureux de l'islam", il respectait le Ramadan tout en luttant dans l'église pour le droit des homosexuels; ce révolutionnaire adepte de Saint François d'Assises et du père ermite Charles de Foucault, avait refondé un monastère dans la montagne syrienne où catholiques, musulmans et pèlerins révolutionnaires fabriquaient des fromages et refaisaient le monde. Mar Moussa a survécu à la guerre si Paolo d'All Oglio a disparu, qui embarrasse aujourd'hui l'Italie comme le Vatican...   On trouve de lui des traces, récemment dans le journal libanais l'Orient le Jour à propos d'un hommage tenu à Beyrouth; on y témoigne d'une espérance qui semble aujourd'hui si lointaine , et c'est le courage de la Croix donc, de nous déranger ce matin, à propos d'un homme dont on ne sort pas indemne...    

Je lis dans le Figaro qu'en Tunisie, la nomination du nouveau ministre du tourisme fait hurler islamistes et radicaux, car rené Trabelsi est juif et donc accusé d'être un support d'Israel... Est-on loin du père Dall'Oglio? J'ai aussi trouvé, encore dans le Figaro, une trace du père Jésuite dans la bouche du patron de l'INSEP,  l'institut national des sports, Jean-François Toussaint, qui s'inquiète de la stagnation et du déclin de l'espèce humaine qu'attestent la raréfaction des records battus... Et Toussaint cite une phrase de Dall'Oglio: «il faut pouvoir affronter nos peurs».    

Des conflits sociaux en France

Où chacun affronte ses peurs, celle de Léna et Jean est attendrissante dans l'édition de Saint-Etienne du Progrès, ils se marient le 17 novembre, à 11 heures, à Rive-de-Gier avant des agapes à Chaponost. Mais les gilets jaunes risquent de bloquer la famille, les amis, les témoins?  On suppute ce samedi qui vient, "alerte jaune prévue sur la Nièvre" dit le Journal du centre, mais à Dinan, les gilets jaunes on renoncé, lis-je dans le Télégramme par peur des procès. On passe au banc d'essai les colères de la France et l'Obs, dans son dossier sur le pouvoir d'achat nous le confirme, les ménages les plus modestes sont les perdants de l'heure.   

Il est bien des colères dans les journaux. Dans la Montagne, des assistantes maternelles de Corrèze  assurent qu'on veut les éliminer au profit des crèches à force de tracasserie administratives, il faut protéger les bambins d'un rose au jardin et mettre sous clé les bouteilles de vin, et verrouiller les fusils du mari chasseur, accrochés très haut sur le mur, là, cela dit, je peux comprendre... 

A Bure en Lorraine, l'Etat, dit Libération, utilise le marteau-pilon des mesures antiterroristes pour réduire les écologistes opposés  à un projet prométhéen d'enfouissement de déchets nucléaires... A Marseille la Provence et la Marseillaise ne sont pas quittes des effondrements de la rue d'Aubagne.  

Il est aussi des conflits que nos caprices inventent. et le Point se régale dans  la nouvelle guerre du bitume dans nos villes où la voiture n'est plus en question, Mme Hidalgo veut la chasser des arrondissements du centre, rappelle le Parisien, mais la cohabitation des piétons, des vélos et des nouveaux venus telles les trottinettes électriques, les accidents se multiplient et ne plaisantez pas,  "Si vous heurtez un trottoir à 20 km/h sans casque, vous êtes mort » . A Bordeaux, les trottinettes en libre-service ont été éjectées de l’espace public par Alain Juppé jusqu’à nouvel ordre, le temps que l'on s'organise...  

Il est aussi des conflits qui se résolvent, et nos institutions sont souples. A Montpellier, c'est notamment dans Midi Libre, la Cour d'appel a donné raison à ce couple qui voulait faire reconnaître sa vérité.  Claire, qui s'appelait avant Bernard, et avait changé de genre sans subir d'opération, et était resté-e marié-e avec Marie, se voit reconnu-e comme le "parent biologique", sans mention de genre, du bébé qu'elle avait conçu avec son épouse, l'enfant a donc une mère et un parent.  

Il faut affronter aussi nos interrogations.   

Des musées pour finir...  

Qui sont ces lieux où le temps nous épargne, et j'apprends dans l'Est républicain, qu'Emmanuel macron a de la chance, puisqu'il visitera demain "le plus vieux musée de france", le musée des beaux arts, rénové et sublime, même sans cafétéria, et le Président pourra s'apaiser devant « Le triptyque de Notre-Dame des Sept-Douleurs », le retable de Bernard van Orley, maître bruxellois du XVIe siècle....  

Dans le Berry républicain, on nous parle d'autres musées tellement précieux, les maisons d'écrivains, ces  "berceaux de mots", qui se réunissent à Bourges... Dans le Cher me dit le journal, se trouve une maison de délices, celle de Marguerite Audoux à Sainte-Montaine, en Sologne, 600 visiteurs par an pour honorer Marguerite Audoux,  Prix Fémina, en 1910, pour son roman Marie-Claire , 100.000 exemplaires vendus alors!  

Il est aussi des lieux qui sont des musées vivants. Lisez pour le plaisir dans le Monde le brouhaha du carrefour de Barbes-Rochechouart à Paris où bruissent les vendeurs à la sauvette de Marlboros de contrebande et autres produits illicites, et où veille un kiosquier magnifique qui affronte nos peurs!

René Trabelsi, dont le Figaro raconte l’histoire, nouveau ministre tunisien attaqué parce que juif, est ministre du tourisme, évidemment, mais j’ai dit, lapsus affolant, « ministre de l'Intérieur » à l’antenne pendant la revue de presse. Mes excuses absolues.

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