L'Inde installe des toilettes à la campagne,les Echos. La Hollande se prépare à la montée des eaux, le Point. Les restaurants sont l’horizon des élites urbaines, Society. Des étudiants de gauche refusent le journaliste, New York Times. Polo Breitner, le SDF que l’after-foot de RMC a sorti de la rue, l’Equipe, So Foot.

On parle de police...

Et des policiers parlent dans la Croix l'hebdo de leur propre violence, qui les emporte quand ils ont trop subi et tout peut basculer, Laurent se souvient du jour où il attrapa un garçon d'une quinzaine d'années près de sa maison, "je me vois encore le poing levé prêt à lui exploser la gueule, heureusement j'ai vu ses yeux, je l'ai lâché, je crois que si je lui avais mis le premier coup, je l'aurais vraiment tué..." Le gamin revenait simplement d'une soirée, mais Laurent vivait dans la haine, il était un jeune policier d'une brigade anti-criminalité et quelques jours plus tôt, on avait jeté un cocktail Molotov sur sa maison, sa femme était à l'intérieur... Laurent a  quitté la ville, il est toujours policier, un jour il a demandé à son chef s'il devenait un monstre...

Combien de Laurent dans la police, dont le monde change au premier coup de boule qu'ils reçoivent dans leur premier poste? Combien de Laurent depuis un an face aux gilets jaunes, quand les sportifs des Brigades anti-criminalité sont venus percuter les manifestations pour soulager des collègues qui reculaient, on est là pour avoir un impact physique disent les baqueux dans la croix, comme un remplaçant du XV de France qui vient renforcer le pack... Et le rugby va continuer...

En ayant lu la Croix, on comprend le scoop de Libération, qui rapporte un document de travail du ministère de l'intérieur. Les policiers vont continuer d'aller au contact physique des manifestants, la doctrine élaborée contre les gilets jaunes va être prorogée; fini l'évitement qui minimise les bavures, la police est retournée à la bagarre et le pouvoir y a pris goût.  Mais la doctrine a des conséquences. Libération raconte aussi les gueules cassées des violences policières, les dents perdues de Yannick qui ne les a jamais fait remplacer, «Soit je paie une mutuelle, soit je paie mon assurance logement et bagnole.» Yannick mâche à gauche, il est devenu antifa.

Ainsi de bon journal à bon journal, de nuances en scrupules, se dessine une vérité: la Nouvelle République me dit que c’est à Tours que les commerçants ont le plus pâti des gilets jaunes, les Echos me disent que les banques ont bien souffet, mais ajoute que les mêmes gilets jaunes, obtenant 17 milliards du pouvoir, lui ont permis de devenir keynésien. Mais qui veut des nuances à l'ère des certitudes.

Des Etats-Unis viennent de mauvaises nouvelles, que le New York Times rapporte. Là-bas des jeunesses progressistes ne veulent plus de journalisme. Le journal de l'université de NorthWestern a du s'excuser d'avoir pris en photo des étudiants de gauche qui manifestaient contre un ancien ministre de Trump. S'excuser d'avoir fait son métier? A Harvard, le Crimson, institution du journalisme étudiant, ne s'excuse pas mais est boycotté et désavoué par le conseil des étudiants de la fac. Ayant couvert une manifestation de soutien aux jeunes migrants illégaux, le Crimson a demandé une réaction à l'administration des frontières, démarche journalistique de base mais qui pour les militants est un pacte avec l'ennemi.

Je lis dans Le Monde que le nouveau procureur de San Francisco, Chesa Boudin, est le fils de militants terroristes d'extrême gauche des années 70. Chesa est il un fils ou un juriste ou les deux? Il veut lutter contre les discriminations dans un système judiciaire raciste. Il a fait un stage jeune homme près du Président Chavez de la révolution bolivarienne. Aime-t-il les journaux?

On parle de grands projets...

Que poussent les pouvoirs ou la nécessité. Au Pays-Bas, enquête du Point, la lutte ancestrale a repris contre les eaux dont la menace augmente avec le réchauffement climatique, on parle barrages et grand travaux et pacte avec la nature mais faudra-t-il dans un siècle évacuer les hollandais vers l'Allemagne? En Inde, dans le magazine des echos le premier ministre Modi veut rendre l'hygiène à son peuple, et fait équiper les campagnes en toilettes sèches... Mais des enfants intouchables ont été lynchés pour avoir fait leur besoin dehors, et d'autres indiens de la caste Balkimi, voient leurs tourments empirer. Ce sont les Balkimi qui nettoient les égouts et les fosses sceptiques, armés d'une simple pelle, ils prient avant de plonger dans le cloaque.

Nos dilemmes sont plus tendres, savourez, dans Society, une enquête sur la restauration qui est le monde des chefs célèbres et l'horizon branché des élites urbaines, qui ouvrent des restaurants qui souvent se ressemblent, où l'apparence prime le gout et par la faute d'instagram, qui osera servir des mogettes avec de la poutargue et un jus de citron,  plat formidablement bon dit le critique François simon, mais qui sur la photo semble je cite un dégueulis marron...

Le Monde pose une question au bout d'une une semaine où l'on a trop parlé d'étoiles. Pourquoi n'y a-t-il pas de restau étoilé cachère ou halal, peut-on manger de la grande cuisine tout en respectant les principes de religions qui bannissent le porc, qui excluent chez les juifs la viande sauce au beurre et chez les musulmans la saveur du vin, réponse oui, mais il faut être malin.

La Vie (catholique) m'invite a bien manger ce qui est une éthique faite de bio et de partage, et me rappelle que le christ dépassa les interdits alimentaires car seule la parole méchante  est impure, il mangeait avec tous et de tout et mettait la discussion au centre de la table. Dans la Sarthe lis-je dans le maine libre, on mange excellemment au food-truck de Valérie, qui régale de ses taloas du Pays basque les adeptes du marché de Solesmes, où des moines chantent en grégorien.

Et du courage enfin...

Ou simplement la vie qui anime dans le Parisien Week-end Théo Curin amputé des deux mains des deux pieds mais beau comme statue grecque et champion de natation.

Et la vie qui porte un bonhomme que me racontent le site de l'Equipe et aussi So Foot, il se fait appeler Polo Breitner, en hommage à un footballeur allemand des années 70. Il avait eu de la malchance, il était SDF, il ne tenait que par son amour du foot, et par l'écoute d'une émission de radio, de nos concurrents de RMC, l'after-foot, où l'on dispute comme au café des sports. Au culot, Polo se brancha sur l'émission, il se retrouva un jour de l'hiver 2009 en direct sur l'antenne depuis une cabine téléphonique, pelant de froid, "quand tu n'a pas parlé depuis un an, tu ne sais pas comment les mots vont venir", puis la barbe jusqu'à la poitrine, et aspergé de parfum, il alla à RMC et se retrouva adopté dans le studio des polémistes. Polo chaque jour se souvient qu'il dormit dans rue, il veut écrire désormais un bouquin sur l'histoire des bains-douches de Paris, « pour raconter cette vie et celle de tous les mecs qui bossent pour nettoyer notre merde quotidienne. »  

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