Ces maladies bien réelles mais ignorées, auxquelles Le Parisien donne un nom. La sanglante illusion de Mohamed Ben Salmane dans l'Opinion. Le rêve vénéneux du football happe les enfants et parfois détruit des familles, la revue XXI. Dans le Monde, le Pape François, auquel les migrants rappellent sa grand-mère Rosa.

On parle de douleur ce matin

On en parle dans le Parisien  "ces maladies ignorées qui nous gâchent la vie": 4 millions de français souffrent et la médecine ne leur répond pas, car leurs maux sont invisibles aux radios et aux IRM, et pourtant, les maladies imaginaires n'existent pas... 

Mais il faut du temps pour que l'on mette un temps sur la torture, et voyez Blaise aux cheveux blancs déjà à 31 ans, qui subissait le martyre depuis l'adolescence. 

La première fois, il avait quinze ans, à 23 heures dans sa chambre, "une douleur suraiguë saisit ses temps au niveau de l'orbite, puis monte, insidieuse, jusqu'au sommet de la tête, se répand au niveau des sinus, de la mâchoire, jusqu'à vomir, son oeil se met à pleurer, son nez à couler, une partie de son visage semble s'affaisser", il semble qu'on lui enfonce un pic à glace dans la pupille...

Et il vivra ainsi le plus clair de son âge, n'ayant pour réponse de la faculté que de gentils "prenez un Doliprane" avant qu'un collègue le voyant défait lui dise: "tu souffres d'algie vasculaire de la face... j'ai la même chose", et savez-vous, il existe des traitements, des injections qui l'apaisent en 5 minutes...  

L'algie vasculaire de la face touche 60000 personnes, plus 40000 estime-t-on que l'on ne connait pas. Elle est avec la fibromyalgie ou la glossodynie, syndrome de la bouche brûlante, quelques une de ces maladies rares auxquelles le Parisien ce matin donne un nom... 

Une petite ville sort de l'emprise religieuse...

C'est dans la Croix, et une autre forme de douleur, sociale, et nous  sommes à Ecquevilly au stade du soulagement, quand on commence à respirer après la crise, Ecquevilly, 4192 habitants dans les Yvelines, où Cité du Parc, des femmes font à nouveau leur jogging en short, des hommes partent en vacances en Espagne et sortent en pantalon et non plus en qamis, la tenue des musulmans pieux... 

Car la Cité du Parc était une place forte du salafisme en France, par le charisme d'un de ses enfants, Youssef Bounouader alias Abou Anas, formé par des cheikhs rigoristes au Moyen-orient et qui prêchait la séparation stricte des hommes et des femmes et des musulmans du reste de la société... Sa mosquée a été fermée en novembre 2016, et la croix est allé voir Ecquevilly après le salafisme, on n'en sort pas si facilement. C'est un très beau reportage nuancé et implacable, sur l'emprise et sur une atmosphère, "que voulez-vous faire contre une atmosphère"? Abou Anas ne prêchait pas le jihad et aucun enfant d'Ecquevilly n'est parti faire la guerre pour Daech, mais avait imposé un ordre étouffant dans cette cité délaissée par l'Etat, où seuls les papas amenaient les enfants à la Protection médicale infantile... Les habitants ont peur de parler, encore, les mamans ne sont pas revenues bavarder au pied des tours en écoutant de la musique, mais des petit malins surnomment l'ancien imam Abou d'soufle, on respire? 

La Croix est en journalisme et en main tendue, dans notre univers de peur, où à Tours, samedi, je lis cela dans la Nouvelle république,  des CRS ont simulé une attaque terroriste au centre commercial de l'heure tranquille. 

Je vois dans le Figaro une photo de trois enfants au Pakistan qui manifestent pour que l'on tue une femme, elle s'appelle Asia bibi condamnée en 2010 pour blasphème, elle aurait insulté le prophète Mahomet après que d'autres paysannes aient refusé de boire de son eau, car elle n'était pas musulmane...  Son sort dépend de la cour suprême, étrangeté du Pakistan où les partis islamistes minoritaires défilent en criant à la mort et en même temps un état de droit...

Le droit, cette notion qui échappe au prince saoudien Mohamed Ben Salmane qui se révèle, je lis dans l'Opinion, "un gosse mal élevé au comportement névrotique" et violent...  Paroles de diplomates cités dans l'Opinion, qui consacre une page à l'effondrement du mythe MBS, après la disparition du journaliste Jamal Khashoggi... « Mon fiancé Jamal Khashoggi était un patriote solitaire, ceux qui nous l’ont pris doivent être sanctionnés sans tenir compte de leur position politique", paroles de la fiancée du journalisme dans le New York Times. Mais comment sanctionner MBS? Au portefeuille, répondent les Echos, Richard Branson, patron de Virgin, et Dara Khosrowshahi, patron de Uber, s'éloignent de Ryad dont les grandes transformations économiques seraient illusion...  Voilà donc le juge suprême. 

Et des rêves pour finir...

Libération parle joliment de Kylian MBappe et le met à sa Une en jouant d'une ressemblance troublante entre le jeune footballeur qui sauve l'équipe de France en dépit des grands principes d'égalité et le saxophoniste Wayne Shorter. 

On croise dans la revue XXI Charles qui joua au football enfant avec MBappe, il y crut mais le football l'a perdu, il refait sa vie dans un lycée où il a honte de dire qu'il a raté sa chance. C'est un grand reportage sur les territoires mouvants d'une espérance infime, ces enfants du football, repérés dans nos banlieues à 10 ans, rien n'est plus tentant et vénéneux que le rêve, et  je reste avec l'image de Barnabé Soglo, sans le sou, presque clochard,   vitupérant à Boissy saint Léger où il entraine des enfants. Son fils Emran est  à Chelsea il a treize ans et un avenir infini, mais sous la coupe de son agent, a rejeté son père... 

Est-il d'autres espérances que le football? Le Monde nous en rappelle une: celle d'une vie meilleure, au loin de chez soi, le journal raconte une famille italienne venue par bateau toucher la prospérité argentine, que seule la chance fit échapper à la mort, car Rosa Bergoglio aurait dû monter sur le Principessa Mafalda, coulé en 1927 à l'approche de Buenos Aires, mais la chance fit prendre un autre bateau à la grand-mère du pape François. C'est la première partie d'une série sur ce pape qui pleure en parlant des migrants, qui chaque matin dans son livre de prière trouve une lettre de sa Nonna Rosa, écrite moitié en espagnol, moitié en piémontais... Rosa qui pour lui ressemble à tous les migrants du monde. 

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