La gloire d'Esther Duflo rassemble les Echos, Libération et l'Opinion. Les chercheurs français ont le blues, à force de mendier les moyens de travailler, le Monde. Publicis a pris le marché Disney, le Figaro. Jean-Louis, qui se battit pour nous, dans la solitude de son handicap, le Maine Libre.

On parle de gens qui sont beaux...

Et comme ils sont beaux, ils gagnent mieux leur vie, je le lis dans le Parisien, les personnes jugées belles perçoivent un salaire 12% plus élevées que les autres le chiffre vient du défenseur des droits qui appelle les entreprises à abandonner la discrimination au physique. Un employeur ne peut pas exiger une certaine silhouette. Il n’a pas le droit de demander le poids ou la taille d’un salarié, sauf pour lui fournir sa tenue de travail... Simple et basique mais l'idée de la gueule de l'emploi est tellement ancrée, un chômeur sur trois, estime acceptable qu'on refuse un emploi à une personne en surpoids... Et s'il n'y avait que le poids, le Parisien a rencontré Aurélie qui a 22 ans, met un beau tailleurs pour ses entretiens d'embauche mais quand elle parle c'est fini, "sept à huit fois sur dix, on me recale à cause de ma voix », s’énerve Aurélie, dont le timbre est très haut perché, ses cordes vocales ont été abimées à sa naissance, qui l'entendra?

Nous parlons des injustices du corps quand on célèbre une femme éprise de justice, Esther Duflo, prix Nobel d'économie, qui est disent les Echos comme un vent frais sur la discipline: le prix Nobel fut inventé pour les idées libérales contre la social démocratie, il couronne des recherches sur la pauvreté, et une femme qui serait, je cite «la vertu morale kantienne incarnée, avec les cantates de Bach qu'elle écoute beaucoup ». Bach et Kant ne sont pas assez glamour pour mériter les unes, mais l'ancienne scout Duflo est bien servie, elle fait l'unanimité, l'Opinion,  libéral l'encense car  elle fait de l'économie pas de la politique, elle ne fait pas passer la morale avant la réalité... Mais Libération l'aime autant et nous prend par la main pour expliquer sa méthode; inspirée de la recherche médicale... On prend une population, on la divise en deux groupes, l'un d'eux est soumis à un traitement, l'autre a un placebo.... Pendant deux ans, Duflo a étudié les effets des micro-crédits au Maroc dans une centaine de villages, les uns étant dotés d'une agence de microfinance mais pas les autres.  Quand Duflo était étudiante à Normale sup, elle rageait contre les modèles économiques hypermathématisés,  "trop loin de la réalité»...  Elle a construit un empire de pragmatisme, elle ne croit qu'à la science pour comprendre les pauvres et hier, elle s'est comparée à une grande scientifique. Marie Curie, prix Nobel de physique en 1903, couronnée avec son époux Pierre comme Cécile Duflo est couronnée avec son compagnon  Abhijit Banerjee. Avec son Nobel, Marie Curie avait acheté un gramme de radium pour poursuivre ses expériences, hier Esther Duflo a répondu ceci à un journaliste qui lui demandait ce qu'elle ferait de son prix, Nous allons trouver notre gramme de radium...
 

La victoire de Duflo, a réjoui le Président Macron dont le Figaro cite un tweet enthousiaste sur nos économistes français "au meilleur niveau mondial". Oui mais en France, enquête du Monde, nos chercheurs scientifiques ont le blues, dans des laboratoires toujours moins bien dotés en matériel et en personnel, au CNRS on monte soi-même son bureau en kit, et on court après les moyens de travailler.  « A mon époque, si j’avais dû demander sans cesse des financements, je ne sais pas si j’aurais continué… »,  dit Serge Haroche, Prix Nobel de physique en 2012, que dirait-elle, sa collègue Duflo, de cette inégalité. Elle qui prospère dans la Massachussets.

On parle quand même d'un grand succès français...

Dans le Figaro où sourit Arthur Sadoun, patron de Publicis qui remporte la plus importante compétition de son histoire, le budget mondial de Disney... Un contrat à 3 milliards de dollars pour lequel Publicis a mobilisé une équipe de 800 personnes, rapportez ces chiffres à un astrophysicien du CNRS. L'entreprise a investi pour entrer dans le nouveau monde,  4.4 milliards de dollars pour acquérir Epsilon, spécialisée dans le traitement de données et pouvoir offrir aux clients une offre globale... "Est ce qu'un fan de Avengers Endgame, qui a acheté un billet dans une salle de cinéma à Paris, ira visiter le parc à thème d’Orlando durant ses vacances d’été et s’abonnera à la plateforme Disney + quand elle sortira en France?" Le Figaro me dit que Publicis va offrir à Disney les profils numériques de ses clients, mais également leurs données personnelles ce que ne font pas Facebook ou Google, Publicis est donc plus intrusif que les Gafa.

Je lis aussi dans le Figaro la liste des "douze jobs en émergence" que nos enfants vont s'arracher... Les emplois d'avenir en somme. Ils s'appellent Bim manager,  il gère toutes les données de la construction d'un bâtiment, ingénieur en efficacité énergétique, ou ingénieur en cobotique, il anime les bras automatisés.

D'autres mondes se rappellent à nous. Dans le Courrier de l'Ouest,  la société aAdiate qui fait du ramassage scolaire pur enfants handicapés, n'a plus payé ses 135 chauffeurs depuis juillet, "on se retrouve tous dans la merde" dit Johnny, les banques appellent, banalité des gens qui ne sont pas en émergence.

Et  un couple pour finir...

Qui est solidaires comme une prix Nobel et son mari, mais du mauvais coté de la chance. Le 1er juin 2013 Béatrice a reçu un méchant coup de téléphone. Son mari Jean-Louis, militaire de carrière, avait eu un grave accident à Djibouti où il était en mission. On les retrouve six ans plus tard, chez eux et dans le Maine Libre, jean-Louis est en fauteuil roulant, ils ont posé sur la toile cirée les médailles de sa vie militaire et racontent leur solitude, le handicap si lourd, Jean-Louis qui n'y arrive pas, qui appelle Béatrice à son travail car il se perd dans les médicaments, il s'ennuie il déprime il fume il fait la cuisine, tellement qu'on en jette, et il pleure dans le journal, lui qui nous a défendu? «"Nous ne voulons pas embêter les gens avec ça. Nous ne voyons quasiment plus personne. mais nous n'en pouvons plus" dit Béatrice, qui aimerait tant que l'armée se manifeste, que quelqu'un lui tende la main. Je pense voyant Jean Louis à ces jeunes soldats que la Provence suit en opération au Sahel... Je tremble un peu plus pour eux.

Dans l'Union  de Reims, qui fait sa Une sur les pompiers qui montent défiler à paris,  je vois un sourire qui console, celui de Fatima, de Chaudun dans l'Aisne, qui ne sait ni lire ni écrire, dont le mari est mort, et qui risquait de perdre sa maison. Pendant deux ans, son village s'est mobilisé pour a tirer de l'ornière et a recueilli 25000 euros dans des brocantes des soirées moules-frites ou des petits dons de dix euros par mois. Ce pays est joli.

Dans la Montagne je découvre un couple encore. Jessie et Thibaut hecquet qui ont acheté un chameau pour promener leur fille dans des randonnées, le chameau est aimable, il se nourrit de tout, et qui se prenant au jeu sont devenus, en septembre, championne et vice champion de France de course de dromadaires, c'est elle qui a gagné.  

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