Si on allait ailleurs pour voir si nous y sommes… Car nous y sommes. Oui… Que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis... L’actualité politique française est passée au peigne fin cette semaine… Elle inspire beaucoup nos confrères, comme en témoigne "Courrier international", qui reproduit la Une du "New-Yorker"… Avec les visages dessinés de Dominique de Villepin et de Nicolas Sarkozy, sous le titre : « Préférez-vous un mauvais poète ou un faux Américain ? ». Voilà : le ton est donné… Les articles sont à l’avenant : tout le monde en prend pour son grade… La droite, comme la gauche… En un mot, la France politique, que nos confrères américains, allemands ou hongrois qualifient d’immobile, inquiète et incapable de s’adapter à la nouvelle donne mondiale. "France déprimée cherche sauveur", titre le "New-Yorker". Alors… Sarkozy ? Petit comme Napoléon, hargneux comme Nixon, écrit Charles Trueheart dans le journal de Boston, "The Atlantic Monthly"… Ce qui est en fait un portrait plus teinté d’humour que d’agressivité. Beaucoup plus d’inquiétude en revanche dans le "Nepzava" de Budapest, qui qualifie le ministre de l’Interieur de populiste prêt à tout pour y arriver. Bon… que Nicolas Sarkozy n’évoque jamais ses origines hongroises et ne parle pas la langue, ça le regarde, écrit le "Nepzava"… un peu contrarié tout de même…Mais ce qui est inquiétant, c’est son impitoyable détermination… Ce populisme dont il devra se débarasser s’il veut devenir un homme politique majeur de la nouvelle Europe. La gauche maintenant… Elle aussi, nos confrères étrangers l’habillent pour l’hiver… En particulier Holger Allich, du journal "Handels blatt" de Düsseldorf… Les déchirements du Parti Socialiste sont absurdes : les socialistes sont d’aimables cannibales. Ils se mangent entre eux… Ce qui vaut cette très aimable remarque du "Wall Street Journal" : "Les Français ont certes élu des dirigeants décevants, mais méritent-ils pour autant une telle opposition ?" Cela dit, en France aussi, aujourd’hui dans la presse, le constat est sévère... Dans "Le Monde" notamment, sous la plume d’Eric Fottorino : « Aussi longtemps qu’une gauche infantile ou cynique supplantera une gauche adulte et réaliste, Villepin pourra tranquillement nourrir des rêves plus grands que lui, pour voler au secours de la France". Moralité : un dirigeant socialiste français devrait toujours aller voir ailleurs s’il s’y trouve. En Belgique par exemple, comme le conseille le journal "Le Monde". "Socialistes : allez voir chez les Belges !" Vos homologues sont au pouvoir depuis 17 ans, rappelle Claude Demelenne, rédacteur en chef de l’hebdo belge « Le journal du mardi ». Ils ont gagné les 4 derniers scrutins.La recette ? Une rénovation réussie. Progressiste sur les thèmes socio-économiques, eles socialistes sont avant-gardiste sur les questions de société. Droit de vote pour les immigrés aux élections communales, mariage pour les homosexuels, législation de l’euthanasie… C’est ça la modernisation de la gauche : accorder à chacun le droit de gérer librement ses choix de vie. En comparaison, les socialistes français manquent sérieusement d’audace.  Enfin, sur le terrain social, poursuit notre confrère belge, la gauche light, comme on en trouve au sein du PS français, a oublié sa notion première : protéger… Le PS belge, lui, est resté fidèle à l’Etat-providence. Ecoutez la différence. Un modèle, les socialistes belges, Arnaud Montebourg ? ...... On parle de vous dans "L'Express", avec cette remarque de Christophe Barbier, qui consacre un article sur le débat autour de la VIème République... De I à V, écrit-il, Arnaud Montebourg et Bastien François affublent de chiffres romains les Constitutions successives de la France... Mais pour la prochaine République, dont ils ont rédigé la Loi fondamentale, c'est un chiffre arabe qu'ils utilisent. Est-ce pour en signaler la modernité, ou parce qu'il ne s'agit que d'un prototype ayant peu de chance d'entrer un jour en vigueur ? Puisque nous avons "L'Express" en main, sachez qu'il paraît de nouveau le jeudi, après être sorti pendant un an et demi le lundi... Manifestement, l'expérience n'a pas été concluante... Retour aux sources donc... Au jeudi, jour des hebdos. Denis Jeambar, bonjour... Vous dirigez "L'Express"... Pourquoi êtes-vous revenu au jeudi ? * Ce n'est pas la formule de "L'Express" qui est en cause, tout simplement ? Il ne faut pas la rénover ? Et la Cour des Comptes a encore sévi... Cette fois sur la Sécu. Dans un rapport de 350 pages... "Rapport annuel assassin", note "Libération"... La Cour accuse d'abord le gouvernement pour la publication des chiffres 2004. Faux. Ce ne sont pas 11 milliards 9 d'euros qui ont manqué à la Sécu l'an dernier, mais 13 milliards 2... Ce qui agace la Cour, qui voudrait que seule la vérité nourrisse les informations. Et vous le savez, la spécialité de la Cour, c'est l'épingle... Alors, allons-y... N'allons pas croire que la principale cause du déficit est la faiblesse des recettes, dans un contexte de croissance plus faible que prévu... Non, ce sont les mesures prises par différents gouvernements d'ailleurs qui sont sévèrement critiquées. Seule la campagne d'information sur les antibiotiques trouve grâce aux yeux de la Cour des Comptes... Pour le reste, le désastre est total... Non seulement les professionnels de santé n'ont pas tenu leurs engagements, mais comme ils ont empoché les incitations tarifaires, les mesures ont creusé le déficit, analyse François Wenz-Dumas dans "Libération". Ce à quoi dans "France Soir", le président de la Confédération des syndicats médicaux français répond que ce rapport est en retard de trois métros... Pourquoi les médecins respecteraient-ils des choses qui sont sans cadre ni système conventionnel, dit-il. Et puis n'oublions pas la dimension politique de ce rapport, qui est aussi l'occasion pour Philippe Séguin, président de la Cour des Comptes, de se rappeler au bon souvenir de ses amis politiques, qui auraient pu oublier combien il pouvait être redoutable, écrit "Libération"... Agriculteurs, médecins, mais d'abord le gouvernement... Avec lui, chacun en prend pour son grade. heure stéphane A lire dans "Le Pèlerin" cette semaine : une rencontre avec Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, dont la conférence de presse de rentrée, qui s'est pourtant tenue la semaine dernière, trouve un écho dans plusieurs hebdos aujourd'hui. Dans "Le Pèlerin" donc, avec un peu de recul... L'homme impressionne par sa détermination à réussir le mariage de la qualité et de l'audience, bannir la vulgarité et diffuser des programmes culturels à des heures moins tardives. Pour lui, la redevance, ça se mérite. Commentaire de Jean-François Fournel, dans "Le Pèlerin" : "N'importe quel président, avant lui, aurait pu prendre cette profession de foi à son compte... Sauf que lui, l'homme des 'Racines et des ailes', il l'a mise en pratique, avec une émission culturelle à une heure de grande écoute". Ce qui nous amène, dans "VSD", à une autre interview de Patrick de Carolis, et ce crédo pour le moins ambitieux : "Nous deviendrons le mètre-étalon de l'audiovisuel français", affirme-t-il. Maintenant, si vous voulez voir la tête qu'il a, le mètre-étalon... Autrement dit, France Télévisions... "VSD" vous offre, en double page, toutes les têtes qui font la télé de service public... On vous y voit, Stéphane. Photo et télé... C'est aussi dans "France Soir", qui aime bien la télé, vous le savez... Et qui vous propose une galerie de portraits de tous ceux qui ont pris la place d'un autre ou d'une autre, ou qui se sont installés sur des chaises vides... Le jeu des chaises musicales... Photomaton sur trois pages... Avec un détail qui tue : il concerne, à son corps défendant, notre ami Paul Nahon... Cet excellent confrère qui a pris la tête de la rédaction de France 3. En lieu et place de son visage, on voit celui d'un certain Bernard Benyamin, qui présentait avec lui, il y a quelques années, l'émission "Envoyé spécial". Vous me direz, ce n'est pas très grave... Mais bon, ça doit être énervant... Eh... C'est pas lui, c'est l'autre... bonne journee... a demain

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