(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : "Tempêtes sous des crânes"

(Bruno Duvic) Le 31 juillet dernier, à la fête de la myrtille de Chaumeil, les 161 habitants du village ont bien vu que Jacques Chirac avait baissé. Et ils en sont tristes les corréziens, ils ne comprennent pas le ramdam autour de ce procès.

"A Jacques, la Corrèze reconnaissante" : ce reportage de Fabrice Tassel dans Libération , est une plongée dans la tête des électeurs et une réflexion sur la façon de faire de la politique en 2011.

"Vous ne trouverez personne pour dire du mal de lui ", dit une restauratrice. Comment un personnage souvent critiqué, poursuivi en justice garde-t-il une telle cote d'amour.

En 1967, la première idée du jeune député Chirac, c'est d'implanter une cabine téléphonique publique dans chaque village. Suivront les routes, les autoroutes, les salles des fêtes repeintes à neuf, les églises retapées, les entreprises installées et confortées. Chaque commune, écrit Fabrice Tassel, lui doit une réalisation concrète.

C'est le système Chirac, moitié père de famille pour ses admirateurs, moitié parrain pour ses détracteurs. Tout au long de sa carrière, la Corrèze a profité de ses largesses.

Et puis il n'y avait que lui pour prononcer un discours interminable et conclure en disant "Bon, finies les conneries, quand est-ce qu'on bouffe ?"

A moins que... A l'heure des primaires socialistes, les Corréziens se prennent à rêver d'un certain François Hollande...

Les primaires on y vient : c'est la part du lion dans la presse, avant le premier débat ce soir.

C'est la Une du Parisien-Aujourd’hui-en-France , de Libération , du Mo nde, de La Croix, du Nouvel Observateur et du mensuel Rue 89 qui propose un guide des primaires.

Tempête sous six crânes : qu'attendent les électeurs Faut-il donner dans le concret à la Chirac ?

Eléments de réponse dans Le Parisien qui est allé demander à des habitants de la Courneuve et de Cadours en Haute Garonne, ce qu'ils pensaient de cette primaire. Pas très encourageant.

A Cadours, écrit Rosalie Lucas, le prix du kilo d'ail violet fait plus parler que la primaire. Derrière son stand de volailles, Florence avoue son désarroi "Le pays est dans une telle situation qu'on se demande tous ce qu'on va devenir, alors pourquoi voter ?"

A la Cité des 4.000 à la Courneuve, ça n'est pas mieux. En robe de chambre sur la pas de sa porte, Marie-Christine met tout le monde dans le même sac quand un militant socialiste passe faire de la retape chez elle "Vous les socialistes et les communistes, quand vous arrivez au pouvoir, vous faîtes la même chose que les autres."

On en sait pas trop si c'est du lard ou du cochon, mais dans l'édito du Figaro , Paul-Henri du Limbert tire son chapeau bas au socialiste : "Quel autre parti en France peut se vanter d'avoir six candidats à la présidentielle, quel autre prendrait le risque de les exposer à la curiosité du public ?"

Et il résume toutes les difficultés pour les 6 candidats de cette "PS Academy" : se singulariser sans se déchirer.

Dans l'édito du mensuel Rue89, Pierre Haski lui aussi aux 6 de résoudre la quadrature du cercle : « faites nous rêver mais de manière réaliste. »

Comment choisir ? Pour Mediapart , les propositions en matière d'éducation seront un critère : "Il est impératif de reconquérir un électorat enseignant qui a cessé depuis longtemps d'être acquis au parti socialiste", écrit Lucie Delaporte.

Le Nouvel Observateur essaye de se glisser dans la tête de chaque candidat et résume son état d'esprit en une phrase :

Hollande : en altitude

Aubry : en quête de vitesse

Royal : Banzaï !

Montebourg : à la tribune

Valls : chasseur solitaire

Baylet : radical utile

Sur le site atlantico.fr , en pleine crise financière : dans la tête des traders.

Au fait, est-ce qu'ils comprennent quelque chose à l'économie ? se demande Pascal de Lima. Il essaye de résumer comment les opérateurs de marché prennent leur décision et comment l'effet « mouton de panurge » s'empare d'eux, inévitablement.

Exemple : un opérateur est convaincu que l'Euro est sous-évalué. Sur le marché des changes, il devrait donc logiquement en acheter.

Mais lorsqu'il constate que les positions des autres opérateurs sont à la vente, son raisonnement de départ ne fait pas le poids. S'il achète il risque de perdre des plumes. Donc il vend.

Conclusion : le trader ne fait pas forcément ce qu'il croit intimement mais ce qu'il croit

que fera le marché, globalement.

Tempête sous des cranes : que peuvent les hommes politiques face à des tels mouvements de marché, qui se jouent en une fraction de seconde.

Deux photos à la Une de la presse anglo- saxonne résument la géopolitique de la crise en ce milieu de semaine.

Dans le Herald Tribune , Silvio Berlusconi, dans ce masque de cire qui est le sien désormais, les yeux fermés les mains jointes : on dirait qu'il prie, il est au parlement de Rome et vient de faire adopter un nouveau plan d'austérité.

A la Une du Financial Times le Premier Ministre chinois Wen Jiabao fait un salut triomphant. Oui la Chine est prête à aider l'Europe explique La Tribune , mais pas sans contrepartie. Elle veut être reconnue comme une économie de marché, ce qui ouvrirait plus grand les portes de l'Europe aux produits made in China.

L'Europe est dans les griffes des rapaces, titre L'Humanité , qui appelle à une Europe sociale.

Les Echos rappellent la prise de position du couple Sarkozy-Merkel hier : la Grèce doit rester dans la zone Euro.

Direction la Syrie, à présent et le site owni.fr

Dans la tête des Internautes. Des pirates informatiques viennent de donner un coup de main aux opposants syriens. Leur machination s'est mise en place dans la nuit du 4 au 5 septembre. Tous les internautes qui arrivaient sur le net étaient dirigés automatiquement vers un site Web : "Attention, votre activité sur Internet est surveillée, vos e-mails, messages Facebook, Twitter sont surveillés. Le gouvernement connait probablement vos mots de passe. Il existe des moyens d'échapper à cette surveillance, cliquez ici."

Owni explique que ce collectif de pirates, « Telecomix », fournit donc les moyens aux opposants de protéger. Ce ne serait pas si compliqué, quelques conseils simples permettraient de se mettre à l'abri.

En cette époque où le web et l'immédiateté tissent un peu plus leur toile chaque jour, quelle place reste-t-il à la littérature ?

Dans la tête d'un écrivain... Réponse de Philippe Roth dans une interview accordée au Point à l'occasion de la sortie de son nouveau roman.

Point de vue à l'image de ces livres, assez pessimiste.

"Les écrans, tous les écrans sont un cancer pour la plupart d'entre nous car ils sont plus excitants que les écrits. Qui lira encore dans 20 ans. Il y aura toujours des écrivains, toujours des romans, mais les lecteurs vont peut-être devenir une société secrète".

Dans Le Point , Roth est interviewé par le psychanalyste Michel Schneider. Forcément, à un moment il est question de sexe. Question : le sexe n'est-il pas un théâtre ?

Réponse : « Non. Bien sûr, il y a des rôles, on joue. Mais le public manque, en général… »

A demain.

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