Bonjour... Selon L'Express, il est "l'homme qui défie Sarkozy". En couverture de l'hebdomadaire, sous ce titre ("L'homme qui défie Sarkozy"), ces quelques mots : "Pourquoi il se radicalise, la riposte de l'Elysée, la main tendue de François Hollande". Ah ah ?... ...Hein ? Vous vous dites : "Mais il va nous le lâcher, le nom de l'homme qui défie Sarkozy ?". Les paris sont ouverts, au moins pendant dix secondes. ...Olivier Besancenot ? ...Jean-Luc Mélenchon ? ...Dominique de Villepin ? ...Nicolas Dupont-Aignan ? Vous ne brûlez même pas ! ..."L'homme qui défie Sarkozy", c'est BAYROU, François Bayrou. L'Express lui consacre cette semaine pas moins de huit pages. Huit pages, huit photos. Le patron du MoDem y revient évidemment sur sa campagne présidentielle. Il rappelle qu'à l'époque, les socialistes Claude Allègre, Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel étaient en contact avec lui. Il raconte : "Dominique Strauss-Kahn me faisait passer des messages par l'intermédiaire du Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker". Les messages de DSK disaient : "Si tu gagnes, je serai ton Premier ministre". Après avoir perdu en 2007, François Bayrou confie que "tous ces gens-là faisaient partie du même panier de crabes". Il ajoute : "Moi, j'étais naïf, je les aurais pris si j'avais gagné !". Le temps a passé, c'est toujours sur sa gauche que les portes s'entr'ouvrent. Dans l'entretien qu'il a accordé à Elise Karlin, François Hollande suggère au président du Mouvement Démocrate de faire le point sur leurs "convergences". Et d'en tirer, le cas échéant, les conclusions. L'ex-Premier secrétaire du PS veut que le dirigeant centriste "abatte ses cartes et affiche ses idées". Les socialistes le feront aussi. Et quand la journaliste de L'Express signale à François Hollande que "c'était exactement le but du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou le 28 avril 2007", le député de Corrèze répond : "On ne règle pas une question d'alliance entre deux tours d'une Présidentielle". ...Et pan dans les dents ! Nicolas Sarkozy s'est montré très agacé... "Nicolas Sarkozy est colère"... C'est le constat de Jacques Guyon, dans La Charente Libre. Oh, ce n'est pas François Bayrou qui le met dans cet état-là... Comme l'écrit Michel Vagner dans L'Est Républicain, le Président de la République a sorti les griffes, hier, "contre les quelques membres du gouvernement, naïfs et téméraires, qui avaient cru bon d'étaler leurs ambitions, dans la perspective d'un prochain remaniement". A propos de ce sujet, vos journaux s'en donnent à coeur-joie... - Pour Les Echos, "Sarkozy tance ses ministres" ; - Dans Le Figaro, il "rappelle ses ministres à l'ordre" ; - Selon France-Soir, il les "recadre" ; - Libération voit "des ministres sermonnés". Aux yeux de Patrice Chabanet, l'éditorialiste du Journal de la Haute-Marne, "le chef de l'Etat ne supporte plus l'ambiance de mercato qui règne au sein du gouvernement". Dans La République du Centre, Jacques Camus s'emporte : "Nicolas Sarkozy ne fait que récolter ce qu'il a semé (...) On ne saurait être à la fois un hyper-Président revendiquant un rapport direct d'inféodation avec les membres du gouvernement (...) et s'étonner de démarches personnelles et courtisanes"... Il "n'a pas été le dernier à susciter jalousies et fayotages en entretenant les rivalités". Chaque jour ou presque, vous le lisez dans la presse : le Président de la République n'hésite jamais à désigner ses "chouchous". Il pratique volontiers le "name dropping", procédé qui consiste à laisser "fuiter" les noms de personnalités (de droite comme de gauche) qui seraient susceptibles de bénéficier des faveurs élyséennes : ça aussi, Jacques Camus l'écrit dans La République du Centre. A propos, connaissez-vous Daniel Canepa ?... Dans le quotidien économique La Tribune, vous découvrirez ce titre : "En Ile-de-France, le préfet de Sarkozy à la manoeuvre... Daniel Canepa est l'homme fort de l'Elysée pour Paris". Dans son article, Patrick Coquidé précise qu'en plus de suivre ou piloter le projet du "Grand Paris", Daniel Canepa a pour mission "d'étudier la création d'une nouvelle circonscription qui pourrait échoir à... François Fillon". Et pendant que Nicolas Sarkozy "tance" ses ministres, on ne parle plus de la crise... ...Mais si, on en parle !... On en parle même d'une manière plutôt positive, ce matin (positive pour le gouvernement, pour le chef de l'Etat et quand même un peu pour nous). A la Une du Figaro, vous lirez qu'entre "le sauvetage d'Heuliez", "l'aide au chômage partiel", "le soutien à l'exportation", le gouvernement est "sur tous les fronts". Si vous ajoutez à cela (c'est écrit dans Le Figaro Economie) que "les prix des grandes marques sont enfin en baisse", vous comprenez, comme le souligne Le Point, que "des signes positifs apparaissent, des experts l'affirment, les politiques veulent y croire. Ce pourrait être le début de la fin de la crise". L'hebdomadaire en fait son dossier de la semaine, sous le titre : "Et si on s'en sortait...". En illustration, des documents sous le bras, apparaît un Nicolas Sarkozy souriant. Un petit montage très judicieux le fait marcher sur des nuages. "Et si on s'en sortait..."... Plusieurs personnalités livrent leur opinion. Celle du néo-MoDemiste Jean-François Kahn, sur la refondation du capitalisme, porte, dans son titre, tout ce qu'il faut comprendre du propos. Ce titre, c'est : "Plus de rustines, changeons de vélo !". Même Libération s'y met, en déclinant "trois lueurs d'espoir... dans un contexte toujours plombé". Hélas, Alain, cette pincée d'optimisme n'est pas de nature à faire cesser d'un coup les fermetures d'usines et les licenciements... Ce "léger mieux" (comme le dit Libé) n'est pas un "vraiment bien". En titrant sur "les mercenaires du plan social" ou encore "les nettoyeurs du patronat", L'Humanité s'attarde sur les spécialistes du licenciement, les experts en dégraissage. On les désigne sous des appellations techniques, comme "manager de transition" ou "consultant en restructurations". Dans L'Huma, l'un d'eux avoue : "J'adore la crise, elle crée plein de situations compliquées". Le papier écrit par Mehdi Fikri commence sur cette citation : "Cela ne me dérange pas qu'on me colle l'étiquette 'salopard' sur le front, tant que j'ai la fierté d'avoir bien fait mon métier". Dans Le Monde, Guy Dutheil s'attache à décrire les dernières perversions de la télé-réalité. Aux Etats-Unis, très bientôt, les téléspectateurs pourront voir "Someone's gotta go" ("Quelqu'un doit s'en aller"). Le jeu aura "pour décor une entreprise au bord du dépôt de bilan. Chaque semaine, les salariés devront choisir celui (ou ceux) d'entre eux" qu'ils voudront voir partir. Le producteur "Endemol", aussi présent en France, assure aujourd'hui que "ce genre de format ne verra pas le jour" chez nous. En revanche, nos programmes s'enrichiront sans doute (c'est une façon de parler) d'un concept emprunté aux Britanniques sous le titre "Undercover boss" ("Un patron incognito")... Le principe sera tout simple : un cadre dirigeant nouvellement recruté passera dix jours dans la société sur un poste du bas de l'échelle sans pouvoir être démasqué. Le but avoué de l'émission : permettre au patron de repérer ce qui ne va pas dans sa boutique et d'y mettre bon ordre. Ca fait peur, ce que vous racontez là... Apparemment, la télé-réalité, quand elle est vue comme ça, effraie plus Libération et Politis que l'emprisonné de Tarnac Julien Coupat. Après Charlie Hebdo hier, ces deux journaux démontent, une à une, les charges retenues contre le jeune homme. Il est en prison depuis le 11 novembre, depuis cinq mois déjà. Dans Libé, François Sergent rappelle que Coupat est supposé être l'auteur d'un livre intitulé : "L'insurrection qui vient", ce qu'il nie, et ce qui, de toute façon, "ne peut fonder une culpabilité". François Sergent écrit : "Que 'L'insurrection qui vient' soit une critique radicale et parfois hostile du système social français ne signifie pas que ses auteurs ou inspirateurs soient des terroristes". Il se demande : "Quelle est cette démocratie qui retient le délit d'opinion ?". Le dossier complet proposé par Libération s'intitule : "La fabrique d'un présumé coupable". En Une, ça devient : "Tarnac : un Coupat idéal". Et pour ne pas rester sur une note sombre, un mot sur l'enquête Médiamétrie de janvier-février-mars 2009, qui mesure l'audience de la radio en France. Grâce à vous qui nous écoutez, France Inter se porte bien, et même mieux que l'an dernier à la même époque... Deuxième radio généraliste, seule antenne (sur ce segment) créditée d'un accroissement important de sa durée d'écoute... ...Et une bonne nouvelle ne venant jamais seule, France-Soir nous apprend que Marc-Olivier Fogiel a signé avec Europe 1 un nouveau contrat d'un an. C'est toujours ça de gagné...

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