(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : en retrait

(Bruno Duvic) Il y a désormais une salle « Secret défense » à l'Assemblée nationale. La délégation parlementaire chargée de contrôler le renseignement la réclamait depuis longtemps. Elle voulait débattre en toute sérénité à l'heure où les grandes oreilles trainent partout sur Internet, dans les smartphones et sur les tablettes. Requête finalement accordée. Pour la première fois, raconte ce matin Nathalie Segaunes dans L'Opinion , l'assemblée a rendu entièrement hermétique l'un de ses bureaux. C'est rue Saint Dominique. Les deux salles qui le jouxtent sont tenues par des gendarmes. Une seule fenêtre et opacifiée. On a vérifié qu'aucun micro n'avait été posé. Pas de connexion avec le circuit vidéo interne à l'assemblée. Même la photocopieuse a pour particularité de ne rien garder en mémoire...

Une salle tranquille pour discuter et se mettre d'accord, la majorité en aurait bien besoin. Deux semaines après la nomination du gouvernement Valls, il y a à nouveau de la fronde dans l'air au parti socialiste. « Le PS cocu », c'est la Une de Libération ce matin. Comme beaucoup, les députés avaient compris que le gouvernement allait renégocier auprès de l'Europe la date butoir, 2015, pour respecter les 3% de déficit. Il n'en est rien. Le Figaro racontait hier, que Bercy et l'Elysée avaient renoncé devant les mines sévères à la commission européenne. A en croire Libé ce matin, il n'y a même pas eu de discussion. Humour de haut fonctionnaire européen : "La France n'a jamais formellement demandé un report. Donc nous n'avons pas eu à lui répondre formellement négativement"

Résultat, l'impression de s'être fait avoir pour beaucoup de députés PS qui réclamaient un nouveau contrat de majorité. « Il ne leur a pas fallu une semaine pour nous entuber » dit un pilier de l'assemblée. Libération décrit encore Arnaud Montebourg, tenant d'une France qui ne se laisse pas faire par Bruxelles, comme un dingue.

Commentaire d'Eric Decouty dans l'éditorial...

« Malgré les 50 milliards d'économie annoncés, la France n'est pas en mesure de respecter la règle européenne. Cette réalité devrait inciter le gouvernement français à assumer, demander avec clarté un délai supplémentaire. Il pourrait même en faire un argument de campagne aux européennes. Manuel Valls se targue de tenir un langage de vérité, il doit en apporter la preuve. »

« Valls sur un volcan » titre L'Express cette semaine. Difficile de tenir sur cette ligne de crête, tantôt social-démocrate, tantôt social-libérale, avec quelques signaux envoyés à l'électorat le plus à gauche. Néologisme dans Libération pour définir ce mélange droite gauche : la « drôche ».

Pas facile de tenir, surtout quand les partenaires sociaux jettent de l'huile sur le feu comme Pierre Gattaz hier avec son idée d'un smic au rabais pour les personnes les plus éloignées de l'emploi, les jeunes en particulier. Jean-Emmanuel Ducoin s'étrangle dans L'Humanité : « Cette fois l'offensive est massive et coordonnée (…) Mais prenons l'affaire au sérieux, Hollande et son Premier Ministre ont pris l'habitude de ne tendre que l'oreille droite. » Le Figaro lui, met en avant l'efficacité de la mesure pour l'emploi des jeunes dans d'autres pays. Confidence d'un ancien ministre de droite : "Tout le monde le sait, c'est ce qu'il faudrait faire mais instaurer un smic jeunes est impossible en France"

Et Le Figaro en rajoute une couche sur les difficultés du président de la République avec un sondage qui refait l'histoire. Et si la présidentielle avait lieu aujourd'hui ? Hollande éliminé dès le premier tour : 19%. 25 pour Marine Le Pen, 29 pour Nicolas Sarkozy.

Toile de fond de cette impopularité : le chômage. Dans L'Express , témoignages de cadres supérieurs soudain sans emploi. Ils sont sans doute moins en difficulté que d'autres mais leurs mots disent l'épreuve que représente cet arrêt temporaire ou interminable pas la case chômage. Image de l'ancienne directrice des ressources humaines d'un groupe qui, à trop serrer les dents a fini par s'en casser une. Désarroi de ce trentenaire, qu'on devine éternel tête de classe, sorti d'HEC à 19 ans (on se demande même comment c'est possible) : "Chercher du travail, je ne sais pas faire."

Dans Le Monde et Le Parisien , reportages en Ukraine

On connaissait la retraite de Russie, voici celle d'Ukraine. Témoignage de la maire de Slaviansk, ville de l’Est aux mains des pro-russes. "Plus rien ne fonctionne dans ma ville, les usines, les entreprises, tout s'est arrêté. Si cette situation perdure, l'eau ne sera plus potable dans trois jours"

« Ville après ville, l'Est de l'Ukraine se livre aux séparatistes ». Dans Le Monde , Piotr Smolar poursuit sa chronique d'une débandade sous les coups de boutoirs des pro-russes. Scène d'humiliation dans la ville de Gorlovka. Les militants ont pris d'assaut le commissariat. Dans la cour du commissariat, des policiers réguliers sont alignés dans un coin et appelés à l’intérieur du bâtiment. Au moment de franchir le seuil, ils lèvent les bras, docilement, pour être fouillés.

« Un retour à la normale semble maintenant illusoire écrit le reporter du monde. L'hémorragie du pouvoir central s'accélère. L'amputation menace et la rue gronde à Kiev. Elle réclame une riposte qui ne serait pas de papier. Il n'y a plus personne au bout du fil. Ce sont les séparatistes, désormais qui posent leurs exigences. »

Quoi d'autre dans la presse ?

Berlusconi en maison de retraite. La sentence est tombée, travaux d'intérêt général après sa condamnation pour fraude fiscale. L'homme des bunga bunga travaillera un jour par semaine donc à la fondation de la sainte famille, résidence pour personnes âgées à Cesano Boscone, dans la région de Milan. Témoignage d'un visiteur de cette institution sur le site du Corriere della sera : « Les voies pour accéder au seigneur sont infinies. »

« Laurent Blanc a mon soutien inconditionnel. Il est notre entraineur et je veux qu'il le reste. » Déclaration du président du PSG ce matin dans les colonnes du Parisien-Aujourd’hui en France . Depuis la défaite en ligue des champions, la presse sportive spécule sur l'avenir de l'ancien champion du monde. Une prolongation de contrat lui a été proposée. Il ne l'a pas encore signée.

Quand l'institut Pasteur égare 2349 tubes qui contiennent des fragments du virus du Sras. On s’est aperçu de leur disparition d’un laboratoire fin janvier. L'enquête n'a donné aucun résultat. Le plus probable est une erreur de transfert. C'est à lire dans Le Monde . L'institut Pasteur jure que le risque infectieux est nul : il n'y avait qu'une partie du virus dans les éprouvettes et en sortant du labo, il n'aurait pas survécu au sas de désinfection

Vers une augmentation de 20% des honoraires des syndics d'immeubles. C'est ce que croit savoir Le Parisien . Ils anticipent l'encadrement de leurs tarifs prévu dans la loi Duflot. Les décrets d'application restent à publier.

Et puis un marin qui revient en arrière

Loïck Peyron participera à la route du rhum à la fin de l'année. Mais il le fera à l'ancienne avec un trimaran en bois de 12 mètres. Pas de fichier météo, navigation au sextant. Le bateau déniché sur Internet et payé de sa poche est du même type que celui qui avait permis à Mike Birch de remporter la première route du rhum en 1978. Course mythique, marquée par la disparition d’Alain Colas sur Manureva. Après avoir traversé tout l'atlantique, Birch l'avait emporté de 98 secondes devant Michel Malinovski.

Loick Peyron abordera la course tranquille-Bill. Dans L’Equipe photo de lui sur son vieux rafiot, les mains dans les poches – un petit côté marin d’eau douce. « C'est la première course que je suis sûr de ne pas gagner ». Pas faux.

A demain !

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