(Nicolas Demorand : "Tensions à tous les étages")... Oui, la France redoute de manquer de courant dans les jours à venir. En cas de besoin, il y a ce matin, dans la presse, quelques mégawatts d'électricité à saisir. Le sujet ultra-sensible, d'abord : la burqa... Il y aura bien une loi, selon Le Figaro. Mais son contenu divise la majorité. Au gouvernement et à l'Elysée, on est favorable à une solution réaliste et limitée : interdiction de la burqa dans les services publics : mairies, préfectures, Postes, Sécu. Mais on ne se prononcerait ni sur l'université, ni sur les transports. Xavier Darcos a trouvé la formule pour défendre cette réforme : ce serait "la République à visage découvert"... une solution réaliste, car les spécialistes de droit font valoir qu'une interdiction totale dans l'espace public se heurterait à des arguments juridiques. Et pourtant, c'est ce que veulent les députés du groupe UMP. "Le port de la burqa n'est pas compatible avec la vie en société, explique Jean-François Copé. Personne, en France, ne souhaite que cette pratique s'installe". Et les députés sont prêts, quoi qu'en dise l'Elysée, à déposer une proposition de loi sur ce thème. Les socialistes sont embarrassés : certains sont pour l'interdiction. Selon Le Figaro, Martine Aubry pourrait donner une consigne : plaider pour la prévention, plutôt que pour la loi. Il ne faut pas mélanger les burqas et les casquettes. Mais c'est le problème avec le débat sur l'identité nationale : on mélange un peu tout... "La casquette de Morano" : la formule est à la Une de L'Est Républicain ce matin. Identité et petites phrases : la dernière controverse en date touche la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano. Lundi soir, lors d'un débat dans les Vosges, elle a eu cette phrase : "On ne fait pas le procès d'un jeune musulman (...) Ce que je veux, c'est qu'il aime la France quand il vit dans ce pays, c'est qu'il trouve un travail, et qu'il ne parle pas le verlan. C'est qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers". Tollé. La ministre est accusée de stigmatiser les musulmans avec un cliché péjoratif. C'est "la droite blague-blanc-beauf" pour Libération. La ministre a des défenseurs ce matin dans la presse : Chantal Didier par exemple, dans L'Est Républicain, qui écrit : Cette petite phrase, traduite dans la pratique, cela veut dire : "Pour trouver du travail, mieux vaux parler et se présenter correctement. Une évidence, somme toute, mais qui est interprétée comme une provocation dans le débat actuel". Nadine Morano fait valoir que ses propos ont été tronqués. Libé lui rend justice sur ce point, et diffuse l'intégralité de son intervention sur son site Internet. Mais pour Laurent Joffrin, dans l'éditorial, après toutes ces polémiques, "il faut suspendre un débat dont il ne sortira plus rien, sinon du fiel et des imprécations". En tout cas, à propos d'identité nationale, un homme qui porte le maillot bleu dit tout le mal qu'il pense de la France ce matin, dans le quotidien 20 Minutes : c'est Nicolas Anelka. "En France, il y a un problème avec l'argent. Quand j'étais au PSG, j'avais une Ferrari. Beaucoup de gens ne l'ont pas accepté. Je ne comprends pas : si j'ai les moyens de le faire, j'achète. Mais le Français, il cache ce qu'il a. C'est faible dans la tête de réagir comme ça". (ND : "Au chapitre tensions sociales maintenant : la grève dans le RER A")... Elle met Le Figaro en colère : "RER, la grève inadmissible des conducteurs". "Ils roulent 2h50 par jour, et plus d'un million de voyageurs sont toujours pénalisés". Dans son édito, Yves Thréard en remet une couche... "Les conducteurs sont rémunérés de 2800 à 3500 € par mois, selon leur ancienneté. Ils jouissent de la garantie de l'emploi. Ils conduisent moins de trois heures par jour. Et tous les cinq ans, ils gagnent une année de retraite en plus. On a vu pire !". On verra si ces chiffres sont contestés... Le Parisien-Aujourd'hui fait sa Une sur le même thème : "La galère dans les transports"... Les négociations sur la prime réclamée par les conducteurs patinent. Le Parisien donne la parole à des voyageurs. Et finalement, ça ne râle pas tant que ça. Ils sont cinq à raconter leur vie par temps de grève et de froid. Fabienne est en colère contre "ces privilégiés qui bloquent les transports". Mais les autres s'attendaient à pire... "C'est moins la pagaille que d'habitude", dit Norbert. "Je trouve que le service minimum fonctionne plutôt bien", dit Laurent qui, miracle, a même trouvé une place pour s'asseoir. "Le conflit peut-il se propager ?", demande Le Parisien. Réponse : la grève sur la ligne B n'a été que partiellement suivie. Et le préavis pour demain dans le métro, le bus et le tramway n'a pas l'air d'affoler la direction de la RATP. Puisque nous avons ouvert Le Parisien, gardons-le en main. Des nouvelles de Johnny... Son entourage assure qu'il est vraiment tiré d'affaire. Mais il s'en est fallu de très peu : de trois heures. Selon le journal, la star a contracté une infection nosocomiale : un staphylocoque doré. Reste à savoir si c'est pendant son opération à Paris. En tout cas, il devrait une fière chandelle à sa femme Laeticia, qui aurait eu le bon réflexe en l'emmenant rapidement à l'hôpital de Los Angeles. (ND : "Après Johnny, Patrick Juvet. Le Figaro pose LA question : où sont les femmes ?") Vous auriez pu faire un effort et chanter, Nicolas... La question, elle est à la Une de la presse chinoise. Reportage d'Arnaud de La Grange, le correspondant du Figaro à Pékin... Depuis 1980, il serait né 38 millions d'hommes de plus que de femmes. Le ratio de naissances est de 120 garçons pour 100 filles. "La Chine paie le dogme de l'enfant unique". C'est une société où le mâle est encore culturellement dominant. Et puisqu'on demande aux parents de n'avoir qu'un enfant, eh bien dès qu'ils le peuvent ils choisissent un garçon. Car dans les campagnes, on a coutume de dire qu'élever une fille, c'est cultiver le champ d'un autre. Ce choix, il se fait bien souvent dans des conditions épouvantables : des bébés tués à la naissance, des avortements. En principe, il est interdit de donner le sexe de l'enfant à l'échographie. Mais, contre un bakchich, beaucoup de médecins se laissent convaincre. Les petits garçons sont tellement précieux que 30 à 60000 seraient enlevés chaque année, sans parler des familles dans le besoin qui vendent leur bébé mâle contre une fille moins cotée. Au-delà de ces drames, c'est le sacro-saint équilibre de la société chinoise qui est en jeu aujourd'hui. Difficile de trouver une femme quand on est un garçon. Un nombre croissant d'hommes seuls n'auront pas de famille pour les aider dans leurs vieux jours. Or, le système social est balbutiant... balbutiant notamment, le système de retraite. Or, et c'est une autre conséquence de la politique de l'enfant unique, la Chine vieillit : au milieu du siècle, les plus de 65 ans représenteront le quart de la population. Alors à Shanghaï, dans un premier temps, on a pris les choses en main : une campagne est lancée pour inciter les couples à avoir deux enfants. Mais la presse officielle est encore très réticente. Et il faudra du temps pour que les mentalités changent. Ceux qui sont en âge d'être parents ont été des enfants très choyés, qui ont pris goût au confort. Témoignage d'une jeune Shanghaïenne, mariée depuis trois ans : "Pour le moment, on préfère zéro enfant, double salaire". Alors l'atelier du monde va-t-il manquer de bras ? C'est aussi la fameuse puissance chinoise qui est en question. Allez, pour finir, je vous propose non pas les cocktails de l'ambassadeur, mais les perles de l'ambassadeur... C'est une double page, dans Libération. Jusqu'en 2006, une tradition avait cours en Grande-Bretagne : la lettre d'adieu. Quand ils quittaient un poste, les diplomates avaient le droit de se lâcher et de dire tout ce qu'ils pensaient du pays qu'ils laissaient. Un journaliste a compilé ces lettres. Ca donne par exemple ceci, sous la plume de Sir Anthony Rumbold, ambassadeur à Bangkok, en 1967 : "Le niveau moyen d'intelligence des Thaïlandais est plutôt bas, et leur décoration d'intérieur hideuse. Parier et jouer au golf sont les principaux plaisirs des riches en Thaïlande, et les plaisirs licencieux sont ceux de tous". C'est quand les diplomates se sont mis à critiquer leur gouvernement dans leurs lettres que la tradition s'est éteinte. Dommage, car il y avait vraiment des perles. En 1985, Mr Ralf Selby quitte Oslo et en tire les conclusions : "La vie d'un ambassadeur moderne n'est pas toujours aussi luxueuse qu'elle peut paraître. Quand les plus exigeants de mes invités laissent leurs bottes à leur porte, elles sont bien évidemment nettoyées. Mais en fait, c'est moi qui les nettoie. De nos jours, il n'est pas facile d'embaucher du personnel qui soit prêt à lécher les bottes"... Bonne journée...

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