Patrick Cohen : A la Une ce matin, nos cœurs en hiver… Bruno Duvic : Et coup de froid d'abord, sur la distribution de la presse nationale. Le conflit social continue chez Presstalis. Difficile ou impossible de trouver un journal dans le kiosque près de chez vous. Reste Internet où les quotidiens sont plus ou moins payants, plus ou moins faciles à télécharger. La presse en hiver, la France aussi. Ca caille à la Une ce matin ! A la Une de la presse régionale en particulier. La neige, le verglas, la circulation, l'électricité, et donc ce qu'on appelle la précarité énergétique en période de froid. Dans La Dépêche du Midi, portrait de Valérie, elle a 44 ans. Elle vit avec 420 euros par mois. Comme elle ne peut plus se payer le chauffage, elle a planté la tente dans le salon de son trois pièces HLM. Au moins, elle est un peu plus isolée du froid. Patrick Cohen : La Une du Monde aussi est glaçante, mais pour d'autres raisons... Bruno Duvic : "Quartiers sensibles : 43% des hommes jeunes sont au chômage". 43%, 37% pour les jeunes femmes. Résultats d'un rapport que s'est procuré Luc Bronner. Le journaliste du Monde, prix Albert Londres, il y a trois ans, pour son travail sur les jeunes et la banlieue, décrit la ghettoïsation des quartiers. Qu'il s'agisse du taux de chômage, du niveau de pauvreté, de la réussite éducative ou de la sécurité, les 751 quartiers sensibles restent très éloignés de la norme républicaine, c'est une situation sans équivalent en Europe. Spirale négative et infernale. Vingt ans après la création d'un Ministère de la Ville, le bilan est médiocre, et c'est peu dire ! Alors évidemment, poursuit Luc Bronner, les banlieues risquent de figurer au coeur de la campagne électorale. Les banlieues et leur violence. Dans Paris-Match, long reportage dans la cité du Clos des Roses à Marseille, rebaptisée "Cité des enfants perdus". C'est là qu'un gamin de 16 ans a été tué le 19 novembre dernier, victime de la guerre des gangs et de la drogue. La solution est-elle dans une politique toujours plus sécuritaire ? La nouvelle loi sur ce thème est examinée depuis avant-hier à l'Assemblée, rappelle Libération. On le sait, le FN est en embuscade sur ce sujet. Son offensive inquiète l'UMP et le PS titre Le Figaro. A l'UMP, selon le journal, Jean-François Copé veut dramatiser cette question du FN. Patrick Cohen : Comment retrouver du lien social ? Le sujet est à la Une de La Croix... Bruno Duvic : Encore un rapport... Rapport de l'association "Odissée" qui a croisé deux types d'indicateurs sur les différentes régions françaises. D'abord, des données sur le lien social : les divorces, les suicides, les arrêts maladie, etc... Et puis, d'autres données sur la performance économique notamment. Bilan des courses : les deux ne sont pas contradictoires, au contraire. Le lien social dope les performances économiques. Cessons de nous demander s'il faut être solidaire ou performant, mais plutôt comment réussir les deux ensembles. La région en tête de ce classement, ce sont les Pays de Loire. La culture de l'entraide et de la solidarité sont très fortes, c'est là que sont nées les mutuelles par exemple. Et c'est aussi l'une des régions où il y a les plus de bacheliers et le plus faible taux de chômage. Selon le même principe, La Croix établit un classement des pays européens. La France est 8ème. En tête, les éternels pays du nord, des démocraties où l'on construit un consensus sur les enjeux de société. Le nord de l'Europe, ce sont aussi des pays où les syndicats gardent un rôle important. Les syndicats européens à la Une de L'Humanité ce matin avant le Sommet de Bruxelles. Ils refusent la purge des marchés. Mobilisation hier, notamment en Grèce. C'était la 9ème journée de grève générale. A Bruxelles, aujourd'hui, les 27 essaieront de trouver une solution pérenne à la crise de l'euro. Pour l'hebdomadaire Le Nouvel-Economiste, "ce ne sont pas les solutions techniques qui feront la différence, mais la volonté politique". D'où ce titre du Nouvel-Economiste : "L'euro est mort, vive l'euro !". Patrick Cohen : Quoi d'autre à la Une, Bruno ? Bruno Duvic : "Les failles de DSK" à la Une de Libération... C'est une force fragile. Le sondage ViaVoice publié par Libération confirme l'écrasante popularité de Dominique Strauss-Kahn. Mais il a des progrès à faire auprès des classes populaires. A la rubrique politique encore, Rama Yade règle ses comptes avec l'UMP. Interview dans Le Parisien. Elle rejoint le Parti Radical et Jean-Louis Borloo sans quitter vraiment l'UMP puisque les deux mouvements sont associés. Mais elle juge que le parti de Jean-François Copé manque singulièrement de fibre sociale. Quelques Une de magazine... Le Nouvel-Observateur : "Droits des homos : le retard français". Pour les lycéens, étudiants et leurs parents, le traditionnel numéro de Challenges sur la cote des diplômes. Et puis, Times-Magazine, autre numéro traditionnel : l'homme de l'année. C'est donc Marc Zuckerberg, le fondateur de FaceBook. "Rue89" s'en amuse : "Quitte à choisir une jeune star de l'Internet, Times aurait pu sacrer Julian Assange, l'homme de Wikileaks. Mais l'hebdomadaire américain a choisi le moins dérangeant des deux". Cela dit, Zuckerberg n'a pas forcément bonne réputation. Souvenez-vous du film sorti récemment où il passait pour un arriviste de première. Alors, le mensuel Management s'interroge, photo de Zuckerberg à la Une, et ce titre : "Faut-il tout sacrifier pour réussir ?". Plus de détails sur ce dossier demain à 10h dans "Service Public" d'Isabelle Giordano. Ce sera le thème de l'émission en partenariat avec Management. Patrick Cohen : Et puis, il faut faire un sort à la tête d'Henri IV... Bruno Duvic : Incroyable histoire ! 400 ans après la mort du roi au panache blanc, on a donc retrouvé sa tête. Dans Paris-Match, dix pages de reportage sur les aventures de ce crâne qui avait disparu après la Révolution. Les Sans-culottes s'en étaient pris à sa dépouille à la Basilique de Saint-Denis et lui avaient coupé la tête. Elle était tombée entre les mains du conservateur du patrimoine de l'époque, un certain Alexandre Lenoir, qui avait un petit faible pour les restes d'hommes illustres. Chez lui, on a retrouvé une omoplate appartenant à Hugues Capet, la mâchoire de Catherine de Médicis, et donc le crâne du roi bien aimé. Après de multiples aventures, il réapparaît à Drouot en 1919 dans une vente aux enchères. Un brocanteur un plus finaud que la moyenne l'acquiert pour une bouchée de pain. Il est sûr que c'est le crâne d'Henri IV. La tête de momie ira ensuite chez la sœur du brocanteur qui la gardait sous son lit et ne la sortait que les jours de grand nettoyage ! Je vous passe d'autres détails, tous plus incroyables les uns que les autres ! Comment les scientifiques ont-ils établi avec certitude que la bobine en question était celle de Riton le Bourbon ? Scanner, carbone-14. Parmi les indices : un grain de beauté repéré sur un tableau et dont il reste une trace sur la narine droite de la momie. A l'oreille droite, sur le lobe, un trou fait une boucle d'oreille. Une molaire avec un bridge de l'époque : les traces de plomb ont été retrouvées dans le cercueil du roi. Drôle de pays tout de même que la France qui coupe la tête de ses rois, jusqu'à Louis XVI, avant de les mettre à la Une de ses journaux ! Comme l'écrit Fabrice Drouzy dans Libération : "Chez les Bourbons, la tête a toujours été un organe à part".

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