On entend souvent dire que les journalistes parlent mal. En premier lieu à la radio et à la télévision. On écorche des mots, on fait des phrases sans verbe et je ne compte pas les liaisons mal-t-à-propos.

« Aujourd’hui z’encore », « Les dix-huit z’ouvrages », « Comme nous le disions t’hier ». Reconnaissons-le : il nous arrive tous d’avoir la langue qui fourche et, très régulièrement, nos auditeurs nous rappellent à l’ordre, envoyant courriers ou courriels émus et courroucés. Des messages dans lesquels ils nous signalent parfois qu’eux-mêmes sont enseignants ou anciens enseignants, et c’est pour cette raison qu’ils sont, nous écrivent-ils, intransigeants quand on commet des fautes de français à l’antenne. On ne peut que leur donner raison. 

Mais, ce matin, LE PARISIEN nous explique que les profs, eux aussi, sont fâchés avec l’orthographe. « Les profs pris en faute » : c’est le titre à la Une. 

Et, souvent, ce sont les parents qui les relèvent, ces fautes. Notamment sur les bulletins d’appréciations. Un petit florilège à lire dans le journal. 

Faiblesses en français

Français – une moyenne de 12 : « Tu est capable de faire mieux. » « EST » : E-S-T. Espagnol – une moyenne de 11 : « J’ai constaté que Thomas ne copier pas le cours. » « COPIER » à l’infinitif : C-O-P-I-E-R. Mathématiques – une moyenne de 14 : « Tu vois, les maths, c’est pas difficiles. » « DIFFICILES » avec un ‘S’. Education physique – une moyenne de 15 : « Attention à bien canalyser ton énergie. » Et le mot « CANALYSER » est écrit avec un ‘Y’. 

Des fautes, on en trouve également dans les énoncés d’exercices, voire dans les corrections : noms communs massacrés, pluriels boycottés, verbes mal conjugués, ou bien des participes passé non accordés. Fatigue à la trentième copie. Les enseignants, bien sûr, ont de réelles excuses. Il ne faut donc pas les condamner au bûcher à la moindre coquille. Cependant, si l’on en croit l’enquête du quotidien, le phénomène serait devenu préoccupant : de plus en plus de profs auraient des faiblesses en français.

D’ailleurs, c’est ce que constatent de nombreux correcteurs des épreuves du Capes. « Bravoure » avec un ‘d’, le verbe « paraître » en deux mots (« par être »), des phrases totalement bancales. « On trouve des choses aberrantes, témoigne l’un d’eux. Non pas seulement des maladresses liées au stress du concours, _mais des fautes grossières de niveau 6ème_, très loin des dictées de Pivot ! »

Francette Popineau, cosecrétaire du Snuipp-FSU, le premier syndicat des enseignants du primaire le reconnait aussi : 

C’est vrai qu’il y a globalement une déperdition en orthographe.

Elle met ça sur le compte de la formation, qui n’est pas suffisante, et désormais faite au pas de course. Elle dit également que le plus important, c’est la pédagogie et la motivation, et que l’on peut être un très bon prof tout en ayant des difficultés orthographiques. Et puis elle ajoute que le sujet est tabou. Les fautes d’orthographe chez les profs : un sujet tabou. Mais ce matin, LE PARISIEN a donc choisi de briser le tabou – T-A-B-O-U.

Patrimoine

Un autre sujet, auparavant jugé tabou, fait aussi la Une du journal. Après les profs, les ministres ! Quel est donc le patrimoine des membres du gouvernement ? 

On aime toujours savoir ce que possèdent ceux qui nous dirigent. Et c’est une curiosité qu’on peut maintenant satisfaire grâce à Jérôme Cahuzac. C’est après l’affaire Cahuzac que le chef de l’Etat de l’époque – en l’occurrence, François Hollande, avait décidé de mettre en place la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. 

Laquelle a donc dévoilé hier, dans la soirée, les déclarations de patrimoines de l’ensemble des ministres.  Et l’on découvre ainsi qui sont les plus riches, et qui sont les moins riches. Du côté des moins fortunés : le jeune ministre du Budget Gérald Darmanin. Dans le détail, il possède, un terrain non constructible dans le département du Nord d’une valeur de 30.000 euros, une assurance-vie de 1.600 euros, et un compte à la Banque postale sur lequel il a moins de 8.500 euros. Et quand il ne se déplace pas avec sa berline de fonction, il conduit une Citroën d’occasion.

Du côté des mieux lotis, on retrouve Muriel Pénicaud, ministre du Travail, de même que Florence Parly, ministre des Armée, et – ce n’est pas une surprise : l’écolo cathodique Nicolas Hulot, avec un patrimoine global dépassant 7 millions d’euros. Nicolas Hulot, écolo mais pas trop. Le ministre de la Transition écologique est en effet propriétaire de huit véhicules à moteur : pas moins de six voitures – dont une BMW, une Land Rover et une bonne vieille 2 CV, mais aussi un bateau et une grosse moto. En revanche, son scooteur est un scooteur électrique. On dira que ça sauve la mise.

Que deviennent nos vieux véhicules diesel ?

A ce propos, un sujet très intéressant à lire dans LE MONDE : que deviennent donc nos vieux véhicules diesel ? Ces voitures, ces camions dont l’Europe ne veut plus. Eh bien, nous explique le journal, « les vieux diesels sont bons pour polluer l’Afrique »

Chaque année, ce sont entre 3 et 4 millions de véhicules qui arrivent du vieux continent. Ils arrivent au Kenya, au Bénin ou en Ouganda, et c’est donc là-bas qu’ils continuent à recracher leurs dioxydes d’azotes, ces gaz toxiques responsables de dizaines de morts tous les ans, et dont les constructeurs se sont évertués à dissimuler les réels niveaux d’émission jusqu’au scandale du « dieselgate ». N’est-ce pas, dès lors, scandaleux que ces mêmes véhiculent se retrouvent aujourd’hui sur le continent africain. L’ONU, en tout cas, s’en inquiète.

Toute la presse revient par ailleurs sur le drame de Millas

La mort de cinq enfants – six autres blessés grièvement, une quinzaine hospitalisés, suite à la collision d’un car scolaire avec un train sur un passage à niveau. « Les barrièresau cœur de l’enquête », titre ce matin LA PROVENCE.« Les barrières du passage à niveau étaient-elle baissées ? » interroge LE COURRIER DE L’OUEST. « Polémique autour des barrières », abonde CENTRE PRESSE. 

Ce qui donne, dans L’INDEPENDANT, cette simple question à la Une – juste un mot :« Pourquoi ? » Que s’est-il donc passé ? Tous les journaux racontent la douleur des familles. Les parents, les copains des enfants tués lors du drame. Ils racontent la vie qui s’est arrêté dans le village de Saint-Féliu-d'Avall, là où habitaient les enfants. Ils racontent le glas qui sonne toutes les deux heures et pendant quinze minutes interminables. Un drame, des questions, une enquête compliquée. « Douleur et polémique », résume LA NOUVELLE REPUBLIQUE.

Pour se faire du bien

Alors bon, pour se faire du bien, on peut aller lire, çà et là, des reportages qui réconfortent

Dans L’ECLAIR : reportage sur des réfugiés mineurs recueillis dans le Béarn. Ils ont fui la guerre ou la misère, et ils ont retrouvé en France de l’aide de la chaleur. 

Dans SUD OUEST : reportage sur les bénévoles qui font la vie de notre pays. Plus de 120.000 associations en Nouvelle-Aquitaine : le monde du bénévolat ne connaît pas la crise. 

Et puis il y a des sportives à la Une de l’Equipe : « A une marche du paradis ». Lors des Championnats du Monde de handball, les Bleues, survoltées, se sont qualifiées pour la finale et affronteront demain la Norvège, tenante du titre. Les voilà donc à « une marche du paradis ». C’est joliment dit. « PARADIS » : P-A-R-A-D-I-S. 

C’est bon, il n’y a pas de faute. 

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