(Nicolas Demorand : "Et ce matin, dans la presse, des informations qui se télescopent")... Sur la photo signée Ina Fassbender, page 27 dans Libération, la tête de Berlusconi émerge d'un flot de nichons. Il n'y a pas d'autre expression : d'énormes poitrines dignes des films de Fellini. C'est l'un des chars vedettes du carnaval allemand à Cologne. Cette caricature d'une Italie la cuisse légère, pays de chanteurs de charme et de mandolines, la télévision, à Rome, fait parfois tout pour l'entretenir. Mercredi dernier, sur la RAI, les téléspectateurs étaient invités à élire "le plus grand Italien de tous les temps". C'est Philippe Ridet, le correspondant du Monde, qui raconte... Parmi les 14 finalistes, pas une seule personnalité politique ou historique, mais une pléïade d'artistes : le Caravage, Dante, Léonard de Vinci, Puccini, Verdi... et, au milieu de la liste, la chanteuse populaire Laura Pausini. Parmi les 15 plus grands Italiens de tous les temps, il y aurait donc cette chanteuse... "Notre but était de créer un jeu polémique", explique le responsable de l'émission. Des représentants de la presse étrangère, membres du jury, en étaient estomaqués. Finalement, c'est Vinci qui l'a emporté. Pendant que la RAI s'amuse, le climat se tend un peu plus chaque mois en Italie. C'est toujours Philippe Ridet qui raconte, dans la même édition du Monde... Le week-end dernier, des affrontements très violents entre communautés immigrées, et entre étrangers et Italiens, ont éclaté à Milan. Après une dispute dans un bus, un Egyptien a été tué d'un coup de couteau par un Péruvien. De longues heures d'émeutes ont suivi, au cours desquelles on a pu entendre : "Italiens, on va vous massacrer" et, en réponse : "Immigrés, retournez chez vous". Les violences de ce type ont des précédents. Le mois dernier, en janvier, en Calabre, des émeutes avaient opposé des journaliers africains aux habitants de la ville de Rosarno... à la suite de quoi, un millier d'immigrés ont fui la région. Sur CourrierInternational.com, l'inquiétude du quotidien La Stampa... "Que se passe-t-il dans notre pays, où personne ne reconnaît le droit de l'Etat à faire justice ? Dans le sud et certaines banlieues du nord, c'est la Mafia qui gouverne. A Rome, au sein même des instances du pouvoir, on refuse aux magistrats le droit d'enquêter. Et aujourd'hui, des étrangers qui vivent sur notre sol ne semblent pas vouloir reconnaître à leur tour l'autorité de l'Etat. Cette haine et cette volonté de se faire justice soi-même doivent nous faire réfléchir, écrit La Stampa, avant qu'il ne soit trop tard". (ND : "Autre télescopage : des collèges et lycées de Seine-Saint-Denis aux sociétés de capital-risque")... Nejma a 26 ans. Elle est assistante d'éducation dans un collège "ambition réussite". Deux surveillants pour 550 élèves... "Quand je pars travailler, dit-elle, j'ai une boule au ventre. Nous, les assistants d'éducation, on est comme au front : on se fait insulter, bousculer par les élèves. L'autre jour, une collègue a été menacée : 'Tu vas voir : je vais revenir avec des potes'. Il y a les bastons dans la cour. En début d'année, les petits sixièmes arrivent tout tranquilles, mais très vite ils se font influencer et deviennent ingérables. C'est un sixième qui, un jour, a apporté un Taser dans l'établissement. Il paraît que ça se vend 4 € sur le marché". "Le ras-le-bol des profs" : c'est la Une de Libération ce matin, alors que des enseignants de Seine-Saint-Denis manifestent aujourd'hui à Paris pour demander plus de moyens contre la violence. "On ne reconnaît pas du tout le travail qu'on fait", dit une prof de français. "L'institution nous lâche. Et pourtant, les profs font plein de choses. Je dirais même qu'on tient les murs". Violence en Seine-Saint-Denis, mais aussi au lycée Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine, ou encore à Guillaume-Apollinaire à Thiais, dans le Val-de-Marne... Un sociologue analyse la violence de certains élèves de banlieue, dans Libération... Et l'analyse tient en un paradoxe : "Ils ont une attente très forte vis-à-vis de l'école, mais ils n'y croient pas beaucoup. Dès 13-14 ans, les élèves ont conscience du lien entre destin scolaire et destin social. Mais ils sont dans des établissements qu'ils estiment dépourvus de moyens par rapport à ceux des beaux quartiers. La violence traduit un ressentiment des enfants et des familles vis-à-vis d'une institution qui, pensent-ils, les discrimine pour des raisons sociales et raciales". La question des moyens alloués à l'école : éternel sujet de débat entre droite et gauche. En tout cas, ces banlieues si souvent pointées du doigt, ce sont aussi des mines de richesses... Il y a quelque temps, Le Monde avait consacré une double page à la Seine-Saint-Denis du dynamisme économique. Confirmation dans le mensuel Enjeux-Les Echos... Les sociétés de capital-risque commencent à miser sur ces entrepreneurs pleins d'idées, de niaque, dans les banlieues dites "sensibles". Les sociétés de capital-risque, ce sont ces financiers qui investissent dans des start-ups. La plupart misent sur des boîtes créées par des jeunes costume-cravate sortis d'une grande école ou d'un troisième cycle à l'université. Mais ça commence à changer. "Les émeutes de l'automne 2005 ont fait office de révélateur. Je me suis dit qu'il était aberrant de laisser ces banlieues en friche", dit l'un de ces capital-risqueurs. "10% des jeunes passés par une école de commerce ont envie de créer leur entreprise. Dans les banlieues, ça dépasse les 50%. Les difficultés donnent une réactivité, une énergie, qu'on ne trouve pas forcément dans les milieux plus aisés. Ces gens-là ont faim de réussite". Alors aujourd'hui, des pointures du monde des affaires (comme l'ancien PDG d'Air Liquide, l'administrateur d'IPSOS ou le directeur de la banque HSBC France) mettent la main au portefeuille et conseillent de jeunes collègues venus de banlieue. Les projets d'entreprise sont tous plus originaux les uns que les autres, comme celui d'offrir les photocopies gratuites aux universités, mais au verso des feuilles il y a de la pub. Le modèle de ces jeunes businessmen s'appelle Aziz Senni. Il a fondé une société de taxis collectifs, qui a bien marché. Et maintenant, il est dans le capital-risque, à leurs côtés... pas par charité, mais parce qu'il pense que ces entreprises peuvent lui rapporter de l'argent. Il y a quelque temps, il avait publié un livre au titre révélateur : "L'ascenseur social est en panne : j'ai pris l'escalier"... (ND : "Ca se télescope aussi à la rubrique des sports")... Le sport à la Une de La Croix, une fois n'est pas coutume... "Les sportifs tels qu'on les aime", titre le quotidien... hommage aux deux médaillés d'or français de Vancouver : Vincent Jay au biathlon et Jason Lamy Chappuis en combiné nordique. Ce sont des disciplines où demeure l'esprit amateur. Les champions proposent des modèles qui valorisent le courage, la ténacité, le dépassement et l'affirmation de soi. Et même quand ils sont champions olympiques, ils ne gagnent pas des mille et des cent, puisqu'en compétition aux JO, un concurrent n'a pas le droit d'afficher d'autres sponsors que les marques de ses équipements. Courage, ténacité... Lui aussi incarne cela, car c'est un bosseur. Mais Cristiano Ronaldo, peut-être la plus grande star du football actuel, n'est pas précisément un amateur. Il touchera cette année 20 millions d'euros en contrats publicitaires. Alors que se déroule ce soir le match Lyon-Real Madrid, L'Equipe fait un gros plan sur la vedette du club espagnol. Entre mille détails donnés par Guy Roger, on retiendra qu'un ballon shooté par Ronaldo va à plus de 100 km/heure... que, pour mieux comprendre son talent, ses mouvements et sa course ont été reproduits en soufflerie... qu'il fait 3000 abdos par jour... qu'il essaie de gommer l'image d'arrogant tête à claque qui lui colle à la peau... et surtout, qu'il vit jour et nuit avec sept gardes du corps... Un joueur de l'Olympique de Marseille, qui a souffert face à Ronaldo, donne un conseil aux Lyonnais : lui faire rater son avion avant le match de ce soir, ou faire un peu de vaudou... (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") "Révélations sur les essais nucléaires" : c'est à la Une du Parisien-Aujourd'hui. Essais dans le Sahara algérien, dans les années 60... Le quotidien s'est procuré un rapport de l'armée qui montre que les soldats et les appelés de l'époque étaient exposés aux radiations sans pratiquement aucune précaution. Dans la presse régionale, vous trouverez tous les détails sur les candidats aux élections dans un mois. La date limite pour déposer les listes, c'était hier. Pour Le Figaro, les 14 et 21 mars, les candidats aux Régionales se battront aussi contre l'abstention. Et puis nous avons commencé avec une photo de carnaval... Terminons avec une autre curiosité, dans Libération... Mesdames-Messieurs, voici le papier-toilette enrichi en cachemire... 2,60 € les 4 rouleaux. Il n'y avait que les Anglais pour inventer cela. C'est donc en vente dans un supermarché britannique. Après tout, c'est normal que nos voisins cherchent un peu de douceur dans ce domaine : la Reine elle-même, il y a quelques années, n'avait-elle pas parlé "d'annus horribilis" ? Bonne journée...

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