8H30 la revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par les suites du remaniement ministériel, effectué jeudi dernier par François Hollande

On a ricané, et si on réfléchissait maintenant ?

Il a été de bon ton de se gausser des nouveaux intitulés des portefeuilles ministériels. Ce matin dans les Echos, Jean Marc Vittori remet intelligemment en perspective celui « d’égalité réelle », un portefeuille qui échoit à Ericka Bareigts. L’égalité réelle, rappelle t il, est une question que la France se pose depuis qu’elle a inscrit dans son article premier, que « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ». Une révolution, mais qui ne suffit pas. Dès 1791, Condorcet insiste : « les lois prononcent l’égalité dans les droits, les institutions pour l’instruction publique peuvent seules rendre cette égalité réelle ». Egalité réelle devenue depuis 2 siècles un souci constant de la gauche ; de Marx à Lénine, de Jaurès à Blum, de Mendes France à Bourdieu, de Dominique Strauss Kahn jusqu’à Emmanuel Macron qui s’interrogeait il y a peu sur les « droits réels de tous ». Mais malgré tout le travail intellectuel, le champ d’action est resté en friche relève Vittori, l’école laisse trop souvent au bord de la route les enfants des familles défavorisées, Sandrine Rousset a toujours plus de chance de se faire embaucher que Rachid Benbalit. Alors oui, l’égalité réelle ça veut dire quelque chose. Bonne chance madame la secrétaire d’état conclut Jean Marc Vittori

Réflechir, c’est aussi ce qu’a fait semble t il Laurent Fabius, même si ça a été un peu sous la contrainte. Nommé président du conseil constitutionnel, il avait décidé de conserver la présidence de la Cop 21. Il a jeté l’éponge hier soir, on en parlait à 8H, non sans amertume à lire la lettre qu’il a envoyée au président de la république. Les Echos nous raconte comment c’est visiblement Ségolène Royal, ministre de l’environnement qui avait récupéré dans son portefeuille les négociations climatiques, qui a réussi à faire lâcher prise à son rival de toujours. Exigeant une clarification des règles du jeu, appelant à la rescousse le secrétaire d’état Thierry Mandon qui hier soir à la télé estimait « inimaginable » ce cumul. L’Elysée n’avait aucune intention d’arbitrer cet imbroglio gouvernemental écrit le journal, mais finalement, la pression politique et médiatique ont fini par le contraindre à céder. Amusant de constater que le journal l’Opinion, qui a du boucler avant l’annonce de sa défection, explique que Laurent Fabius s’était fixé un programme en 4P pour mener à bien sa mission.Processus de signature et de ratification, précisions à apporter, préparation de la Cop 22 et période pré 2020…l’Opinion prédisait qu’il aurait dû ajouter un 5ème P, comme « Probablement sans moi ». Et bien voilà c’est fait.

Lui n’a pas changé de titre, ni de fonction…Michel Sapin, ministre des finances dévoile ce matin sa nouvelle loi anti-corruption

A lire dans Aujourd’hui en France/le Parisien, quelques précisions sur cette loi. Il s’agit explique le ministre de combler le retard français en matière de lutte contre la corruption d’agents publics à l’étranger, qui nous vaut parfois d’être condamnés par des juridictions étrangères, il affirme que les entreprises françaises sont demandeuses d’une telle loi qui les protègera contre les risques de corruption. Michel Sapin qui annonce également la mise en place d’un registre officiel des lobbys, avec des règles précises, fini les petits cadeaux et les voyages offerts aux élus par exemple…Enfin, il promet une protection juridique aux lanceurs d’alerte, ceux « qui ont mis à jour par leur courage beaucoup de scandales récents » reconnait-il.

La Croix revient ce matin sur une autre loi déjà adoptée celle là, celle sur le Renseignement, mais qui recèle encore quelques secrets bien gardés. L’un d’eux, la mise au point d’un algorithme censé permettre de détecter une menace terroriste. « 6 mois après l’adoption de cette loi, personne ne peut ou ne veut le dire qui travaille à sa conception » souligne la Croix. Pourtant, deux points au moins font débat. Jusqu’ici, les services français n’espionnaient que des personnes ciblées, contre lesquelles ils avaient déjà des soupçons. Or cet algorithme s’appliquera à l’ensemble des utilisateurs du Web et collectera toutes leurs données. Par ailleurs, pour détecter des comportements suspects, cet algorithme suppose en miroir de distinguer ce qui relève d’un comportement normal d’un comportement anormal. Mais comment définir cette norme ? Certains soulignent qui plus est, que cette approche par algorithme a démontré son « extrême inefficacité aux états unis, en dépit d’investissement astronomiques »

Les bombardements qui s’intensifient à Alep en Syrie, avec des hôpitaux et des écoles pris pour cibles…à la Une de la presse ce matin

« l’Europe et l’Onu meurent aussi à Alep », dossier de Une de Libération. Libération qui accuse l’Europe et les états unis d’impuissance dans ce conflit syrien. « Le lâchage par les occidentaux de l’opposition démocratique et des groupes engagés sur le terrain, créera un ressentiment qui renforcera les djihadistes écrit Marc Semo. La dérobade de barack Obama en 2013, aura remis Bachar el assad en jeu, et convaincu Vladimir Poutine de la faiblesse de son alter ego américain. Depuis il n’a fait que pousser ses pions en Ukraine et au Moyen Orient »

Pour comprendre la réalité de la guerre au quotidien, et le sentiment d’abandon des habitants d’Alep, il faut lire la Lettre d’Alep reproduite dans le magazine Newsweek...lettre d’un anonyme qui écrit à Rabi Bana, un ami d’enfance qui a fui la Syrie en 2012 « Cher Rabi écrit il, tu me demandes des nouvelles de la ville dans laquelle nous avons grandi ensemble. Laisse-moi te raconter. Les bombardements incessants, les bombes du régime qui tombent à l’aveugle, détruisant tout sur leur passage. On aperçoit parfois un drapeau russe sur les avions, parfois un drapeau syrien, parfois, rien. A chaque fois que tu ouvres les yeux, tu te demandes si c’est la dernière fois que tu vois tes enfants vivants…les choses les plus simples de la vie sont devenues tellement compliquées, trouver de l’eau, acheter du pain. Les écoles ont déménagé en sous sol, les hôpitaux se débrouillent avec leur manque de moyen…Il est temps de partir conclut il…je ne pensais pas en arriver là, mais il me faut renoncer. Alep n’est pas qu’une cible géographique, elle est la dignité, la révolution contre l’injustice. Au revoir Alep »

On termine Hélène par un emballement médiatique aux états-unis, qui finit comme souvent là bas, en pastiche.

La nouvelle chanson de Beyoncé, Formation, entonnée lors du Super Bowl, glorifie explicitement la culture afro américaine dont elle est issue, et rend hommage au combat actuel des noirs américains contre la violence policière. Une chanson « engagée » comme on dit en France, qui a déclenché de vifs débats aux Etats unis sur les contradictions de cet engagement avec l’habituel universalisme commercial de la star

Du coup, le Saturday night Live, la légendaire émission humoristique de NBC a diffusé ce week end un sketch . Son titre, Le jour où Beyoncé est devenue noire…

On y voit et on y entend, ça…

SON NBC

De blancs américains effarés de la nouvelle, « quoi, Beyoncé est noire ? », scènes de panique qui reprennent les codes des films d’apocalypse comme Armaggedon; tout cela sous le regard tout aussi effaré de noirs américains qui se demandent bien pourquoi la planète s’affole de découvrir que Beyonce a toujours été et sera toujours noire. Video vue plus de 2 millions de fois sur le compte facebook de l’émission

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