Questions philosophique et programmatique ce matin

 Peut-on aller bien dans un monde qui va mal ? La question est posée par Philosophie Magazine.
Peut-on aller bien dans un monde qui va mal ? La question est posée par Philosophie Magazine. © Maxppp / Michèle Constantini/AltoPress

La revue de presse bonjour hélène jouan

Vous commencez par une question philosophique ce matin

Posée à la Une de Philosophie Magazine, « Peut-on aller bien dans un monde qui va mal ? » Il n’est qu’à lire tous les jours, et ce matin encore la presse pour se dire que c’est une bonne question face aux angoisses du moment. Marine le Pen au plus haut, « Pour elle, tout va bien » nous dit Aujourd’hui en France/le parisien, « Faut il avoir peur du Ceta ? » à la Une de Libération, « hausse des taux, la France dans le piège de la dette » s’alarme le Figaro, sans compter « la montée des populismes, Donald Trump président , l’augmentation des inégalités, l’islamisme, les menées russes, la hausse des températures…Stop à la litanie ! Il y a certes de quoi sombrer dans l’abattement, convient Alexandre Lacroix dans son article, mais entre « détachement, action et création il explore néanmoins pour nous quelques manières de se coltiner le monde…D’abord, est-ce que c’est vraiment pire qu’avant ? pas sûr, « on nous rebat les oreilles avec la prospérité enfuie des 30 glorieuses, pourtant nous rappelle-t-il, la planète frôla l’embrasement nucléaire durant la crise des missiles de Cuba en 62 ». Bref il n’y aurait pas d’âge d’or révolu. Bon alors, que faire ? Première possibilité nous dit Lacroix, vous mettre au vert. Faire comme l’américain Henry David Thoreau au 19ème siècle, vivre en ermite dans une cabane éloignée de tout et de tous. Vous n’avez pas de vocation bucolique ? Faites l’inverse. Plongez-vous dans le noir du monde comme le fit la philosophe Simone Weil, qui son agrég en poche embaucha à l’usine. Elle n’y découvrit pas le bonheur de la condition ouvrière mais se forgea une pensée politique, sauf qu’en prenant sur elle le malheur de tous, elle s’y épuisa physiquement et psychiquement et mourut à 34 ans. Pas forcément recommandé donc. 3ème solution, peut-être plus à la portée de chacun, faire la sieste en toute circonstance, comme le recommandait Churchill même pendant les années les plus éprouvantes de la guerre, seule façon disait-il d’être capable de faire face à ses responsabilités. Autre approche, conseille Alexandre Lacroix, être sartrien. On a beaucoup glosé sur la formule « jamais nous n’avons été plus libres que sous l’occupation allemande », proférée par un homme qui n’a pas brillé par son courage pendant la guerre, retenons pourtant que cette philosophie sartrienne a un effet libérateur, nous dit LAcroix elle invite à transformer chaque écueil en promontoire ». Exemple, le chômage progresse ? Réinventons le travail. Enfin, dernière possibilité, opposer un monde au monde, autrement dit, créez un autre récit pour rendre le monde supportable, par le biais de l’écriture, de l’art, de l’engagement dans des formes de solidarité. Le monde va mal, même avec des bouts de ficelle, il suffit d’en créer un autre conclut Lacroix. Ca ne résout pas tout, mais la lecture de cet article peut faire du bien

On revient au monde qui va mal ?

Avec dans la presse ce matin, des reportages encore sur la situation des banlieues aujourd’hui en France, après l’affaire Théo et les manifestations qui s’en sont suivies. La Croix a recueilli les paroles de ceux qui y vivent, les jeunes notamment qui décrivent leurs rapports au quotidien avec la police et qui réclament « plus de justice » Article choc surtout du magazine Society, « Viol, enquête sur les bavures à caractère sexuel de la police française », matraque noire à la Une. Emmanuelle Andréani Facchin donne la parole à plusieurs victimes présumées de ces violences sexuelles. Alexandre 28 ans, raconte un contrôle qui a dégénéré en octobre 2015 chez lui à Drancy. Une matraque introduite dans les fesses, et le policier qui lui dit « plus jamais tu ne parleras comme ça à la police municipale, tu te souviendras de nous », un médecin attestera de sa blessure, un procès a eu lieu, la décision sera rendue la semaine prochaine…D’autres témoignages de vexations à caractère sexuel, des fouilles à nu au commissariat, des palpations déplacées, l’humiliation de devoir baisser son pantalon, les insultes homophobes, le flou juridique entretenu autour des contrôles d’identité qui permet à peu près tout et n’importe quoi. Un policier de la BAC tente de défendre l’honneur de la police, « si je vois un de mes hommes déraper affirme t il, je l’éjecte direct », mais la BST, brigade spécialisée de terrain créée en 2010 sous Nicolas Sarkozy semble concentrer beaucoup de ces attaques. C’est elle d’ailleurs qui est mise en cause dans l’affaire de Théo. Des sociologues parlent « de conception virile du métier, d’un entre soi masculin focalisé sur l’usage de la force, qui peut effectivement parfois virer à des pratiques de dégradation ». Pratiques sans doute minoritaires…mais témoignages glaçants à lire demain dans le « quinzomadaire » Society

L’actualité politique ce matin dans la presse Hélène, on a trouvé le programme d’Emmanuel Macron !

Le mérite en revient à Claude Askolovitch, qui sur le site Slate.fr s’agace de ce « mètre étalon de banalité devenu vérité médiatique », Macron n’aurait pas de programme. Idiot dit il, son programme existe, et mieux encore son intention. Elle est dans son parcours, il faut être paresseux pour attendre un document emballé, circonstanciel qui dirait la vérité d’un homme. Askolovitch s’attache donc à nous expliciter sinon le catalogue programmatique du candidat, en tout cas, l’identité de cet homme. Il y dévoile notamment sa grande transgression, il souhaite remplacer nous dit il, la régulation sociale héritée de l’après-guerre qui s’appuyait notamment sur les partenaires sociaux, par une régulation centrée sur l’individu, garantie par l’Etat. C’est un divorce conceptuel radical avec le reste de la gauche, souligne le journaliste. Et si on en discutait ? comme on pourrait discuter de ses affinités avec Dominique de Villepin pour des droits adaptés, rognés des jeunes travailleurs au motif de leur intégration, tout comme on pourrait discuter du parti pris européen de MAcron, classique mais au final un classicisme dérangeant au moment où le nationalisme progresse. Alors, la proposition libérale-libérale, moins la brutalité souligne Askolovitch du candidat, est peut-être irréelle, dans un pays vertical, peut-être irrecevable, les européens ayant tant échoué. Mais au moins discutons-en plaide-t-il

Le candidat Macron qui fait également la Une de l’Obs

Qui l’intronise déjà, presque à l’Elysée, photo montage où on le voit ceint du grand collier de la légion d’honneur. « Lui président, point d’interrogation quand même de rigueur». Le candidat s’est livré au jeu des confidences littéraires avec Jérôme Garçin, s’inscrivant plus dans le sillage d’un Mitterrand, que des derniers président…Convaincu dit il « que politique et littérature sont intiment liées », d’ailleurs poursuit-il « être président de la république, cela relève d’une responsabilité symbolique qui est d’ordre littéraire et philosophique. Le peuple français n’est pas une grenouille spinale qui n’a plus qu’un arc réflexe, le peuple veut comprendre, il guette gestes et paroles. Etre candidat c’est avoir un regard et un style, aussi vrai qu’un écrivain a un regard et un style. Mon regard est tourné vers là où je veux emmener les Français ». Bon, ben, relisez Claude Askolovitch pour comprendre son regard

On termine par des promesses électorales

Avec les bonnes feuilles dans l’Opinion du dernier ouvrage de Bruno Fuligni, mémoire de l’assemblée nationale qui livre « L’histoire amusée des promesses électorales ». « Supprimer le chômage » promettait le communiste roland leroy en 1978, « Extinction du paupérisme après 8 heures du soir » s’engageait Fénelon Hugo en 1902, « un logement pour tous » ça vous rappelle quelque chose françois Baroin, c’était Jacques chirac en 95, « Création d’un ministère des affaires, pas propres »…Coluche en 1981, ça pourrait encore servir…C’est formidable ou triste de constater que beaucoup de ces promesses ne demandent qu’à être tenues plusieurs décennies plus tard. D’ailleurs pas besoin d’être candidat pour faire des promesses, Arnaud Montebourg qui ne l’est plus du tout, arbore à la Une de Paris Match, un tee-shirt barré d’un « In pinot noir, we trust ». presque un projet présidentiel

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