françois hollande à l'heure des choix
françois hollande à l'heure des choix © reuters
**C'est un entretien que François Hollande a accordé à [Emmanuel Berretta du _Point_ . "Récent" tête à tête, écrit le journaliste,](http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/hollande-ce-qu-il-n-a-pas-dit-a-sa-conference-15-01-2014-1780608_1897.php) sans plus de précision. Vie personnelle, politique économie, impopularité... Comment fait-il pour encaisser ?** « Des coups j'en ai pris très tôt, répond François Hollande, dans la vie politique et la vie privée. Quand je suis arrivé à l'Elysée, je me disais : ca va être quand même plus protégé, mais non, rien n'est protégé. L'affaire Cahuzac. Si on m'avait dit, ‘vous aurez une affaire Cahuzac’, j'aurais répondu 'Vous plaisantez !' Et puis la prostate, les vacances... Au début on se dit "ca doit être de ma faute". Il y a toujours une part de responsabilité personnelle. Et puis on s'aperçoit que c'est un système. Donc, ou bien on cède, ou bien on tient. Je tiens. » « [Hollande social démocrate ou social acrobate](http://www.lopinion.fr/15-janvier-2014/opinions-francois-hollande-social-democrate-social-acrobate-8173) ? » à la Une de L'Opinion, « Social conjugal » dans l'éditorial du _Nouvel Observateur_ , « Ca déménage », titre _Le Point_ . "Le nouveau Hollande est arrivé, commente Franz-Olivier Giesbert, et apparemment tout a changé : la politique économique, la vie privée et même le personnage du président, sur lequel on ne peut plus porter le même regard. Au sommet de l'Etat, il y a comme un bruit de déménagement, un climat de liquidation générale et de grand nettoyage d'été, même si nous sommes en hiver. » A lire la presse ce matin, on compte les grenades et les mines déposées par le président mardi dans la salle des fêtes de l'Elysée. Redessiner la carte des régions... Pas moins de 16 quotidiens régionaux y consacrent leur Une ce matin. L'Alsace et la Lorraine vont-elles fusionner ? Auvergne et Rhône Alpes ?, Bourgogne et Franche-Comté etc. _Le Parisien-Aujourd'hui en France_ affole les troupes : « Et si votre région disparaissait ? » **Les économies... "[Comment économiser 50 milliards d'Euros ?](http://www.la-croix.com/Actualite/France/Les-trois-solutions-pour-economiser-50-milliards-d-euros-2014-01-15-1090128)" se demande _La Croix_ .** Le quotidien dresse la liste des mesures possibles, comme autant de sujets de fâcheries : le budget de l'Education, le nombre et la retraite des fonctionnaires, les aides aux entreprises, la politique du logement, les moyens et les personnels des collectivités locales, les fraudes sociales, la sécu... Bon courage ! Et puis les négociations ne font que commencer avec le patronat. Pour l'instant, dixit _Le Figaro_ , « Les patrons disent oui mais » à Hollande. Y-aura-t-il de vraies contreparties aux baisses de charges en termes d'emploi ? Elément de réponse dans _Les Echos_ : « La plupart des entreprises devraient, à court terme, consacrer ce gain financier à leur désendettement et à la reconstitution de leur trésorerie. Ce n'est qu'à plus long terme qu'elles pourraient à nouveau investir ou embaucher. » **Ca déménage aussi au plan politique**
Une Libération - 16.01.2014
Une Libération - 16.01.2014 © Radio France
Face à ce Hollande social-démocrate, voire social-libéral, « La droite (est) ébranlée », « déroutée », titre [_Libération_ ](http://www.liberation.fr/). Que répondre à un président qui propose une baisse importante des charges et des dépenses publiques, ce que l'UMP prône depuis des années? Vous journaux racontent le bureau politique très tendu hier à l'UMP, entre ceux qui prônent une opposition constructive (Baroin, Raffarin, Le Maire Fillon) et ceux qui veulent une opposition frontale quoi qu'il en soir - Copé, Bertrand. Au plus bas dans les sondages, François Hollande arrive à diviser l'adversaire. Chapeau l’artiste… Café entre ministres hier après le conseil à l'Elysée. Le Figaro raconte : on se congratule, « quel animal politique ! » dit un membre du gouvernement à propos du président. « Il faudrait qu'il y ait plus d'affaire comme l'affaire Gayet » ajoute un autre. Diviser l'adversaire.... et sa majorité. Pour l'instant, toujours dixit _Le Figaro_ , « [L'aile gauche du PS soutient le chef de l'Etat à contrecœur ](http://www.lefigaro.fr/politique/2014/01/15/01002-20140115ARTFIG00646-l-aile-gauche-du-ps-soutient-le-chef-de-l-etat-a-contrecoeur.php)». Mais _L'Humanité_ est en pétard. A la Une : « Un pacte contre les familles : en supprimant les cotisations sociales familiales, François Hollande fissure l'édifice de la sécurité sociale. » Et l'analyse de Thomas Lemahieu est intéressante. Le pacte de responsabilité représente un tournant dans l'histoire de la gauche, selon lui. « Les socialistes ont mis du temps à se rallier à cette vieille revendication patronale : un transfert vers la fiscalité (les impôts) du financement de la protection sociale (...) C'est à mille lieues d'une conception de l'entreprise comme résultat du travail des salariés sans lesquels il n'y a pas de création de richesse ce qui du coup, justifie la cotisation sociale. » Dans _L'Opinion_ , le politologue Gérard Grunberg va presque plus loin que _L'Huma_ . « François Hollande fait aujourd'hui le constat que le socialisme n'a plus de recettes propres et efficaces à opposer aux recettes libérales (...) Il faut regarder autour de nous en Europe, la gauche n'existe plus en tant que telle. Il y a des sociaux démocrates qui gouvernent avec des partis de droite. Ils sont dans la mécanique européenne et dans celle du pacte de stabilité. » **Vie privée, vie publique : cette semaine, un nouveau portrait du président émerge** Homme sans affect, imprudent, libéral au sens où il est viscéralement attaché à sa liberté. Un homme qui pense que les choses finissent toujours pas tourner en sa faveur. « Lorsqu'il s'est installé à l'Elysée et qu'il faisait visiter son bureau à ses proches, raconte François Bazin dans _Le Nouvel Observateur_ , son premier réflexe était d'ouvrir les fenêtres : de l'air ! (…) Pour comprendre François Hollande, il faut retenir deux mots, l'un qu'il chérit, liberté, l'autre qu'il exècre : rupture (…) Samedi dernier, alors que sa compagne était déjà hospitalisée, raconte Bazin, il imaginait encore qu'elle pourrait signer avec lui un communiqué dans lequel ils auraient officialisé leur séparation. » Ce communiqué viendra-t-il un jour ? [_VSD_ en est convaincu : « C'est fini », titre l'hebdomadaire, photo du couple présidentiel à la Une. Un peu plus de modération en pages intérieures : « la rupture semble inéluctable ». ](http://www.vsd.fr/contenu-editorial/l-actualite/les-indiscrets/2339-la-femme-blessee) En tout cas, selon le récit du _Point_ , lorsqu'il a confirmé jeudi à sa compagne qu'il y en avait bien une autre, François Hollande s'est montré « froid, implacable ». Dans _Le Monde_ , portrait du paparazzi à l'origine du scoop de _Closer_ , Sébastien Valiela. En janvier 2013, il y a un an, il disait déjà "Si quelqu'un arrive à photographier François Hollande et Julie Gayet ensemble, ce sera un coup énorme." S'intéresser ou pas à la vie privée du président, et jusqu'à quel point ? Dans _L'Obs_ , Laurent Joffrin ajoute un argument en parlant de l'affaire Clinton-Lewinski : « Si cette liaison était restée secrète, la démocratie américaine s'en serait-elle plus mal portée ? » La réponse induite est : non. Reste la question de la sécurité du président... Au nom de sa liberté a-t-il pris des risques inconsidérés ? _Le Canard enchainé_ , hier, prêtait un mot à Manuel Valls : « comportement d'adolescent ». Dans [_Le Monde_ , le paparazzi Sébastien Valiela se souvient de son autre grand scoop, Mazarine Pingeot et Mitterrand, il y a 20 ans. Il tournait le dos à la scène pour cacher le complice qui avait pris la photo](http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2014/01/15/sebastien-valiela-scoop-toujours_4348251_3236.html). L'homme était allongé sur le trottoir, à 100 mètres de distance de la scène, il avait pris l'image au jugé avec un énorme objectif, entre les jambes de son camarade. "La photo de Hollande était bien plus facile, dit Valiela, tant il était mal protégé" Les confidences du président à Emmanuel Berretta dans Le Point s'achèvent sur une de ces pirouettes dont il a le secret : "Est-ce qu'il y a une trappe à impopularité dont on ne sort jamais ? On ne le sait que lorsqu'on en sort. » Et il sourit. A demain
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