Il y a ceux qui savent, ce matin... ou croient savoir... Et il y a ceux qui analysent... Mais qui, de toute évidence... ne savent pas grand-chose... Ou alors font semblant... Difficile de démêler l'écheveau dans le dossier EADS, à quelques heures... de la rencontre Sarkozy-Merkel à Toulouse... Seule certitude... comme le note Le Figaro dans ses pages saumon... "Sarkozy et Merkel décideront ensemble de l'avenir d'Airbus"... Et c'est tout l'organigramme du groupe européen... direction bicéphale... franco-allemande... qui va être revu... La Tribune a d'ailleurs un avion d'avance sur l'ensemble de la presse ce matin... D'après Bénédicte de Peretti... "Louis Gallois deviendrait le seul patron d'EADS... En contrepartie... les Allemands obtiendraient les présidences du conseil d'administration et d'Airbus... Après avoir compris que l'Allemagne ne cèderait pas... Nicolas Sarkozy a visiblement réussi à convaincre Arnaud Lagardère... qu'il valait mieux, dans un premier temps, récupérer la présidence d'EADS... Car c'est là que se situe le véritable pouvoir... Français et Allemands se seraient aussi entendus pour une alternance des postes clés... Résultat : en 2009... Arnaud Lagardère pourrait retrouver la présidence du conseil d'administration d'EADS... L'accord final... conclut Bénédicte de Peretti, toujours dans La Tribune... donnerait ainsi la victoire politique aux deux parties"... Très bien... Ca veut donc dire qu'avant même la rencontre de ce matin à Toulouse... la messe est dite... Oui... si l'on jette un regard sur la presse allemande... Du Frankfurter Allgemeine Zeitung à Die Welt... tous annoncent le même organigramme que La Tribune... Non... pour le reste de la presse française... Car au-delà de l'avenir d'EADS... on note la brouille grandissante entre le Président français et la Chancelière allemande... "Pourquoi diable une simple affaire de nomination tourne à la bataille diplomatique ?"... se demande Grégoire Biseau, de Libération... "D'autant qu'à l'intérieur même du groupe... on juge que la question de la gouvernance n'est pas le sujet prioritaire pour rétablir Airbus... Mais comme le Président français se sent maintenant... obligé de faire des annonces, quitte à passer en force... On pourrait assister au premier faux-pas de Nicolas Sarkozy"... A priori donc... il aurait été évité, selon La Tribune... Mais une chose est sûre... écrit André Schlecht, dans L'Alsace... "Outre-Rhin... on soupçonne la France de vouloir accroître son pouvoir au sein d'EADS... d'augmenter la part de l'Etat actionnaire... alors que l'Allemagne, elle... prône une réduction de la voilure, et une gestion qui soit d'abord celle d'une entreprise et non d'une affaire d'Etat"... "Les innombrables sourires et accolades qui s'échangeront aujourd'hui à Toulouse... ne devront pas faire illusion"... souligne Jean-Christophe Giesbert, dans La Dépêche du Midi... "La libérale Merkel soupçonne de plus en plus fortement le libéral Sarkozy d'être en fait... un fieffé dirigiste"... ajoute Michel Noblecourt, du Midi Libre... C'est vrai qu'il y a "une méthode Sarko", analyse Pascal Aubert... page 2 de La Tribune... "Avancer le plus vite et le plus loin possible, tant qu'aucun obstacle ne se dresse... Lever le pied en cas de risque de blocage... Et examiner toutes les options, pour éviter une impasse technique... dont le coût politique peut s'avérer élevé"... "Cette méthode va être mise à l'épreuve aujourd'hui... avec le dossier EADS... Du coup... la rencontre Sarkozy-Merkel va donner la véritable mesure des rapports franco-allemands"... conclut Patrice Chabannet, dans Le Journal de la Haute-Marne... "Ce face à face constitue un véritable test pour le Président français"... D'autant qu'EADS n'est pas le seul point de désaccord entre la France et l'Allemagne... Il y a aussi la monnaie européenne... C'est à lire dans Les Echos... En préambule de son édito, page 12... Jean-Marc Vittori pose la question : "Faut-il lutter contre l'euro fort ?"... "Chaque hausse est un échec pour Nicolas Sarkozy... Selon lui... la vigueur de l'euro handicaperait Airbus et les exportations françaises... Le Président français voudrait convaincre ses partenaires de la nécessité d'intervenir sur le cours de l'euro"... Mais entre les lignes... Jean-Marc Vittori sous-entend qu'il se trompe... "Le premier problème de la France n'est pas sa monnaie... Ce sont les entreprises, qui ne sont pas assez innovantes... pas assez compétitives... Quand l'euro prend 10%... les produits allemands se vendent aussi bien, ou presque... Les produits français, eux, décrochent... Ce n'est pas la faute à l'euro fort... C'est la faute à la France faible"... Sur le Tour de France... la France au moins n'est pas faible... "Quel feu d'artifice !"... titre même, à sa Une, L'Equipe... en présentant Christophe Moreau à l'attaque hier... dans les Alpes... "Bien malin qui pourra désigner le vainqueur final de l'épreuve... Rasmussen porte le maillot jaune et le maillot à pois... Moreau anime le peloton... Vinokourov, blessé... est en passe de conquérir les coeurs... Ne nous enflammons pas à tort et à travers... écrit L'Equipe... Mais il serait stupide de bouder son plaisir devant le spectacle d'une course qui se livre elle aussi à l'exercice tendance du moment : l'ouverture... Force est de reconnaître que cela lui réussit... Mais on sait depuis quelque temps... que ceux qui prônent l'ouverture ne sont pas forcément ceux qui en profitent"... En tout cas... Rasmussen est "Tignes d'intérêt"... Joli jeu de mots de Libération, ce matin... qui pose encore la question... "La victoire du grimpeur danois signifie-t-elle que la période de déréliction du vélo est derrière nous ?... Rasmussen, c'est le triomphe des tourteaux de soja... Le coureur interstellaire, qui gravite toute l'année et atterrit toujours au même endroit : le Tour... Il parcourt la montagne comme une souris mécanique... Il s'arrache à la route pour voler"... Et Jean-Louis Le Touzet... qui, décidément, n'est pas avare en superlatifs... le compare à Prométée... "Enchaîné... Emmenant un braquet 39-17 au plus fort de la pente"... Rasmussen la star... le grand... Et derrière... loin derrière... le camion-balai, décrit par Jean-Marie Safra, dans La Croix... "L'abandon d'un coureur est toujours un petit drame", écrit le journaliste... "Quand il rend son dossard... Un coureur n'est plus un coureur... Il ne rêve plus... et il ne fait plus rêver... Pis... il n'intéresse plus, et il ne s'intéresse plus à la course... Mais avant d'entrer dans la voiture-balai... il y a la souffrance du coureur... Il n'y a guère que les vaches pour le regarder passer, la tête dans le guidon... Vaillants jusqu'au bout... Il faut, dans ces conditions... garder un gros moral pour ne pas jeter son vélo dans le fossé... Pour passer devant une haie de spectateurs qui réservent des applaudissements polis... Pour se dire : "Encore... encore et encore"... Grandeur et décadence"... Grandeur et décadence pour les coureurs... Grandeur et souffrance pour les lecteur d'Harry Potter... Grandeur, parce que la campagne médiatique, à l'approche de la sortie du dernier opus du sorcier de Poudlard est à la hauteur de son succès... Souffrance, parce que l'auteur l'a dit : deux de ses héros mourront dans le dernier tome... L'hebdomadaire Challenges s'intéresse au phénomène... "Avant même la sortie du dernier tome... le 21 juillet prochain dans les pays de langue anglaise... plus d'un million d'exemplaires ont déjà été réservés auprès des seules librairies en ligne... En France... il faudra attendre octobre pour lire en français dans le texte le dernier Harry Potter"... Il y a aussi les produits dérivés... Et c'est là la magie d'Harry Potter... Bertrand Fraysse et Anna Rousseau expliquent... "qu'en choisissant de faire grandir les héros... le marketing a évolué, en même temps que le coeur de cible... Jeune... Harry Potter intéressait les 0-12 ans... Adolescent... il touche les 13-14 ans... mais aussi les adultes... Harry Potter a aussi dynamisé les ventes de ses concurrents, en faisant redécouvrir un genre littéraire... le fantastique... Les 7 tomes du "Monde de Narnia" se sont vendus à près de 2 millions d'exemplaires... Mais le magazine Challenges note que Harry Potter ne va pas disparaître d'un coup de baguette magique, bien au contraire... "Pour entretenir la magie commerciale après la fin de la saga... l'apprenti sorcier a plus d'un tour dans son sac... Juste avant la sortie du dernier film... et du 7ème tome... Warner et Universal ont annoncé l'ouverture d'un parc d'attractions... Un monde magique situé à Orlando, en Floride... qui devrait coûter 180 millions d'euros... Où les montagnes russes seront reconverties en terrain de quidditch... le sport des sorciers"... Comme quoi, même mort... si c'est lui qui doit mourir... Harry Potter n'aura pas dit son dernier mot...

Laëtitia GAYET

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