La nature humaine a ceci d'étonnant... quoique... d'être capable de tout... Savez-vous, par exemple, que nous sommes capables de faire des maths dès 4 mois ? C'est un hors-série sur les nombres, de Science & Vie Junior, qui l'affirme. A 4 mois, vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais vous étiez déjà capables d'additionner et de soustraire. Certes, pas de répondre à une addition style "4+3", mais d'avoir une intuition des nombres. A peine sortis du bidon de maman, les bébés se rendent compte que 2 sons et 3 sons, ce n'est pas pareil. Mieux, ils savent que si l'on ajoute 1 doudou à un autre, ça ne donne pas 3. Le bébé est précis. Et l'homme peut être parfait. C'est le cas d'Antonio Bracciani, que l'on peut admirer sous toutes les coutures page 46 du Point. "Cet Italien est au XXIème siècle ce que l'Homme de Vitruve était à la Renaissance, écrit Dominique Dunglas : le corps idéal". Ses mensurations sont si parfaites : 1,84 m pour 74 kg, qu'il sert d'étalon à tous les grands couturiers. 'J'ai un corps normal', dit-il. 'Si un vêtement me va, il ira à tout le monde. Je suis très fier que l'on fasse appel à moi pour mon corps. Mais dans mon corps, il y a aussi ma tête'". Chacun comprendra le sous-entendu... Oui, décidément, la nature humaine est étonnante. Elle est capable de tout. Elle est capable d'intriguer pour placer un homme à un poste. C'est ce qu'aurait fait Eric Besson, le ministre, pour la nomination de Paul Le Guen à la tête de l'équipe nationale de football du Cameroun. C'est à lire dans L'Equipe, sous la plume d'Hervé Penot. Paul Biya, le Président camerounais, en aurait parlé avec le ministre de l'Immigration, en marge d'une rencontre officielle. Eric Besson, fana de foot, aurait évoqué l'affaire avec Charles Biétry, ancien président du PSG. Et Biétry en aurait logiquement parlé avec Le Guen. "Le Guen, une affaire d'Etat", conclut le journaliste de L'Equipe. Quand il se sent menacé, l'Homme utilise tous les moyens dont il dispose pour se défendre. Il peut par exemple menacer d'explosion son entreprise s'il n'obtient pas de bonnes indemnités. Sud-Ouest met en avant le cas de JLG à sa Une. Mais "l'entreprise de fabrication de nacelles n'est pas la première à recourir à la stratégie du butane", écrivent Bernard Broustet et Julien Pellicier. "L'éruption sociale s'étend. La menace du butane prend le relais de la séquestration des dirigeants". "La prime à la casse va-t-elle devenir l'arme fatale de la négociation salariale ?", se demande François Martin dans Le Midi Libre. Et l'éditorialiste de s'interroger sur les syndicats. "Quel poids pèsent-ils désormais ?" "Cette insurrection ouvrière est un défi pour eux", écrit Jean-Francis Pécresse dans Les Echos. "Ils viennent de conclure avec le patronat un accord qui améliore notamment le reclassement personnalisé. Ne pas céder au chantage du désespoir, c'est conforter les réponses structurelles apportées à la majorité silencieuse de ceux qui perdent leur emploi". Car "si la violence est un moyen de communication qui fait tache d'huile auprès des salariés d'entreprises en difficulté, poursuit Elsa Bembaron dans les pages saumon du Figaro, elle n'a pas permis d'éviter les licenciements. Ce qu'elle a permis, c'est d'avoir de meilleures indemnités". Et la journaliste de citer l'exemple des "Conti" de Clairoix. "Ils ont obtenu 50.000 € d'indemnités, et seront rémunérés normalement jusqu'à fin 2011, alors que leur usine ne tourne plus depuis le 21 avril". Page 17, Libération décrypte "les bonbonnes manières médiatiques" de ces conflits. "Pour médiatiser leur lutte, ils menacent de tout faire sauter... C'est un jeu complexe", écrit Sonia Faure. Et la journaliste de reprendre l'exemple de Nortel. "Hier matin, Libé a reçu un mail d'un salarié. 'Nous avons besoin des médias pour relayer notre situation auprès d'un large public'. Pour ce faire, les cadres de Nortel avaient même mis en place une cellule média pour s'adresser aux journalistes". "Les salariés instrumentalisent les journalistes", explique, toujours dans Libé, le sociologue Jérôme Pélisse. "Mais pas plus que les politiques ou les directions d'entreprise. Ce qui s'est passé en mars avec les séquestrations de patrons n'a, semble-t-il, pas poussé les médias à réfléchir à leur traitement des conflits". "Il n'empêche, conclut Bruno Dive dans Sud-Ouest, c'est un curieux pays qui se dessine... avec ici, des salariés invités à travailler plus pour gagner... pas forcément plus... ça, c'est pour le travail du dimanche... et là, d'autres salariés poussés à demander un peu plus pour ne plus travailler du tout". Ce qui nous amène au travail du dimanche, à la Une de la presse aujourd'hui... "Il fallait en sortir", souffle-t-on chez les députés UMP. "Sans faire le plein à droite, raconte Marjorie Chouraqui dans La Provence, le travail dominical a franchi un cap hier : la proposition de loi a été adoptée par les députés". "Il s'agit d'un premier vote honteux", ajoute L'Huma. "On a beau y être habitué, le procédé est toujours aussi détestable", souligne Jean-Paul Piérot. "La droite a profité de l'été pour commettre un mauvais coup. Pourquoi mettre tant de ténacité pour imposer un projet qui a déjà échoué à trois reprises ?" Réponse du Républicain Lorrain : "Nicolas Sarkozy doit avoir un vieux compte à régler avec les dimanche ennuyeux de sa jeunesse". Et Siné Hebdo de dessiner à sa Une un salarié embroché par un calendrier à la date du dimanche. "Au boulot ! Dimanche, c'est STO", écrit Gérard Filoche, page 6. "Qui est concerné par le travail du dimanche ? Les bas salaires, les temps partiels, les caissières et vendeuses... en majorité des femmes et des jeunes qui n'ont pas le choix. Darcos dit que ce sera sur la base du volontariat. Mais quelle est son expérience de la vie en entreprise ? Il n'y a pas de volontariat en droit du travail. Si vous décidez de ne plus travailler le dimanche, le patron prendra quelqu'un d'autre. Et vous perdrez votre boulot". Libie Cousteau et Valérie Lion nuancent dans L'Express : "Il y aura des perdants et des gagnants. Sans surprise, les gagnants seront les grandes surfaces et les perdants les petits commerces". Gagnants-perdants : la presse fait les comptes ce matin dans le match Valls-Aubry... "Le député-maire d'Evry ne cède pas devant Aubry", écrit Le Parisien-Aujourd'hui en France. "Lors d'un déjeuner avec des journalistes hier, il aurait lâché : 'Ils savent qu'ils ne peuvent pas m'exclure'. Pour entamer une procédure disciplinaire, le PS doit réunir sa commission des conflits. Inimaginable en période de vacances". "Valls a donc sèchement répliqué hier à Martine Aubry", peut-on lire à la Une de Libération. "Il veut garder sa liberté de parole". Et il s'apprête à le faire dans une tribune commandée par le Financial Times. L'Express croit savoir que Manuel Valls y expliquera pourquoi, selon lui, il est faux de dire que Nicolas Sarkozy applique une politique libérale. Laurent Joffrin, dans Libé, dit comprendre Martine Aubry : "Elue à la suite d'un congrès calamiteux, contrainte d'assumer de calamiteux résultats aux Européennes, elle fait front avec un certain panache. On peut tirer sur les ambulances. Mais l'ambulance en question est censée guider le convoi socialiste. Voilà de quoi perdre son sang-froid". Et Hubert Coudurier, du Télégramme, de mettre en parallèle Manuel Valls et le modèle Sarkozy : "Valls a jugé l'anti-sarkozysme primaire improductif. Il a envisagé de rebaptiser le parti. Cela ne vous rappelle rien ? Quand Nicolas Sarkozy n'avait pas hésité à dévoiler sa candidature avant tout le monde, afin de polariser le débat autour de sa personne". "Mais Manuel Valls s'est souvent trompé", reprend Paul Quinio. Le journaliste de Libé égrenne la liste des rendez-vous manqués de Valls : "Ca commence par les manifs étudiantes contre Devaquet en 1986. Autre ratage, qui pèse plus lourd sur le CV : le 21 avril 2002. A l'époque, il gérait la communication de Matignon. En 2005, après avoir milité pour le 'non' au référendum européen, il affirme qu'il va voter 'oui' pour éviter un nouveau 21 avril. Encore raté. Manuel Valls est un quadra impatient. Sa plus grande frustration, il le disait en 1989 à Libération : faire déjà partie des vieux croutons. Il n'avait que 27 ans". La nature humaine est décidément étonnante...

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