Travail, climat, Irak et littérature érotique…

A l'époque, elle avait dix ans, et elle fréquentait une école pour fille de Versailles. Elle, c'est Muriel Pénicaud, l'actuelle ministre du Travail. Quatrième de cinq enfants, milieu bourgeois, enfance « heureuse », confie-t-elle au POINT... Mais il y eût un jour cette mauvaise, très mauvaise note en rédaction. Les élèves devaient raconter ce qu'ils ce qu'ils avaient l'intention de faire comme métier plus tard, et là, patatras : 5 sur 20 ! Celle que l'on surnommait « Mumu » avait répondu « chef d'orchestre ». Commentaire de la maîtresse : rédaction hors sujet – chef d'orchestre, c'est un métier d'homme. Selon la légende familiale, « Mumu » confiera sa colère à son journal intime, avant de se faire cette promesse – un peu comme une règle de vie : jamais personne ne lui imposera ce qu'elle doit faire !

C'est Béatrice Parrino qui signe ce portrait franchement laudateur de celle porte la Réforme du Code du Travail. Il y a encore deux mois, elle était totalement inconnue du public. Mais en héritant du ministère qu'on qualifie souvent de « pire job du gouvernement », elle a été brusquement précipitée dans le bain politico-médiatique – et même politico-médiatico-judiciaire, avec l'affaire de la coûteuse soirée à Las Vegas qu'elle a organisée pour Emmanuel Macron quand elle dirigeait Business France... Pas moins de treize postes en quarante ans de carrière, avec des zigzags et des bifurcations : Danone, Dassault Système, Orange, la SNCF... Du public au privé, du privé au public... Pour expliquer son cheminement, elle s'auto-désigne « saumon » : « un saumon, dit-elle, qui remonte la rivière ». Elle revendique donc d'être à contre-courant... Puis elle confie qu'elle a « le caractère pour créer, innover, bousculer les organisations ».

Mais pas trop bousculer non plus… Si l'on en croit un dirigeant de la CFDT, cette femme-saumon appartiendrait aux bons négociateurs : c'est-à-dire ceux qui considèrent qu'il est important de prendre en compte l'opinion des autres. « Toutefois, elle agit sans affect : du coup, ça peut frotter », commente un de ses anciens collègues. « Ça peut frotter » : c'est la seule phrase un peu critique de ce papier... Un portrait dans lequel on apprend par ailleurs que Muriel Pénicaud a installé dans son bureau deux grandes photos animalières – l'une qu'elle a prise en Asie, l'autre dans la baie de Somme... Cela fait des années qu'elle prend des photos d'animaux… Et puis la ministre a aussi demandé que soient placés ci et là des pétales de rose, des pétales dans son bureau, et ce, « pour faire plus féminin ».

Et le tout premier acte de la réforme du Code du Travail s’est donc joué ce jeudi à l’Assemblée. « Feu vert des députés aux ordonnances », titre LE MONDE… Comme attendu, le projet de loi qui doit permettre au gouvernement de réformer par ordonnances le code du Travail a été adopté par les députés à une très nette majorité… Une réforme que l’Exécutif espère avoir terminée d’ici fin septembre… Mais le projet continue de susciter les débats – et comme il n’y en aura pas à l’Assemblée, c’est dans les médias que se jouent les controverses… Et deux points de vue s’expriment ainsi dans le quotidien ; D’abord celui de Jean-Denis Combrexelle, le conseiller d’Etat auteur d’un rapport dont s’inspire très fortement la réforme en cours : « Le nouveau droit du travail n’est pas une régression », dit-il. Mais sur la page suivante, deux économistes font part d’un tout autre avis. Pour Bernard Paranque et Thomas Lagoarde-Segot, le projet porté par Muriel Pénicaud réduit le travail à un « marché », ignorant ses enjeux sociaux, politiques et culturels. Pour eux, il s’agirait donc bel et bien d’une régression…

Autre dossier, autre inquiétude, à lire cette fois dans le JDD : plusieurs associations de lutte contre les violences faites aux femmes sont inquiètes et très en colère. Selon leurs informations, le gouvernement s’apprêterait à réduire d’un quart les subventions dont elles dépendent pour venir en aide aux victimes d’agressions ou de harcèlement… « Même François Fillon n’aurait pas osé », se désole une responsable, qui a encore en tête les mots d’Emmanuel Macron en décembre dernier : « I am a feminist ! », avait lancé celui qui n’était pas encore chef de l’Etat…

Dès lors, on verra ce que répondra sur le sujet Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes… Marlène Schiappa qui est elle-même une jeune femme pleine de surprises, à en croire L’EXPRESS… Elle avait fait l’objet de nombre railleries pour son livre érotique « Osez l’amour des rondes ». Eh bien, d’après l’hebdomadaire, elle serait aussi l’auteur d’autres ouvrages croustillants, mais cette fois sous le pseudonyme de Marie Minelli… Titres des ouvrages en question : « Osez la première fois », « Comment transformer votre mec en Brad Pitt en 30 jours », « Les filles bien n’avalent pas » ou encore l’étonnant « Sexe, mensonges et banlieues chaudes », l’histoire d’une jeune héritière qui s’encanaille en Seine-Saint-Denis, avant d’être nommée – ça ne s’invente pas : conseillère spéciale à l’égalité des chances à l’Elysée ! Cela dit, L’EXPRESS précise tout de même que le cabinet de Marlène Schiappa dément qu’elle ait écrit ces différents bouquins. Ce qui n’empêche pas l’hebdo de présenter l’info comme fortement probable.

Et c’est le patron de Marlène Schiappa qui, ce matin, fait la Une du JOURNAL DU DIMANCHE… « Ce que j’ai dit à Donald Trump » : c’est le titre à la Une – une phrase d’Emmanuel Macron, lequel a fait part à l’hebdo de ses impressions suite à la venue à Paris du président américain… C’est ainsi que le chef de l’Etat assure que Donald Trump pourrait finalement revenir sur sa décision de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat… « Il m’a écouté, relate le président français, et il a bien compris le sens de ma démarche, notamment le lien qui existe entre le réchauffement climatique et le terrorisme. On a parlé dans le détail de ce qui pourrait lui permettre de revenir dans l’Accord de Paris, et il m’a dit qu’il allait essayer de trouver une solution dans les prochains mois. »

Dans le JDD, Emmanuel Macron tire en outre un bilan positif de la visite de son homologue américain… Visite qui, selon lui, a permis de « donner aux Etats-Unis une image plus forte de la France et de Paris. C’était important, dit-il, du fait de la baisse d’attractivité touristique causée par les attentats. » Et puis il revient par ailleurs sur la polémique provoquée par son très cinglant recadrage du général Pierre de Villiers, lequel avait dénoncé la coupe budgétaire imposée aux Armées par le gouvernement. « Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change », prévient-il. Les deux hommes devraient se retrouver mercredi pour un conseil de Défense, puis vendredi pour une rencontre en tête-à-tête.

Dans l’hebdomadaire, le chef de l’Etat précise aussi la position de la France vis-à-vis de la Syrie. Et contrairement à son prédécesseur François Hollande, il ne fait plus de la destitution de Bachar Al Assad un préalable à tout, mais il fixe deux lignes rouges. Tout d’abord, si des armes chimiques sont de nouveau utilisées par le régime syrien, la France répliquera. Ensuite, il exige que soient dégagés des accès humanitaires pour sauver les civils dans les théâtres d’opération… A ce propos, plusieurs reportages à lire cette semaine - pas en Syrie, mais en Irak… Reportage de Flore Olive dans PARIS-MATCH… Elle décrit, avec force détails, « les morts-vivants de Mossoul »… Ces hommes, ces femmes, ces enfants qui ont vécus terrés sous les décombres et les bombardements pendant les neuf mois qu’ont duré les combats pour libérer la ville… Ils racontent la faim, ils racontent la peur, et les exécutions sommaires depuis que l’armée irakienne a repris le contrôle de la zone… Tous ceux qui ont l’air d’avoir été trop bien nourris sont soupçonnés d’être des proches du groupe Etat Islamique, et c’est la même chose avec les blessés qui ont été opérés avec soin… Ils sont alors exécutés… Autre reportage dans L’EXPRESS – cette fois, c’est Vincent Hugueux qui nous montre les difficultés pour les blessés de se reconstruire et, en premier lieu, les enfants : « Une enfance en terrain miné. » Comment soigner les corps ? Comment soigner les âmes ? Avec du temps, beaucoup de temps, beaucoup de patience…

Une bonne nouvelle pour finir, avec une info à lire dans LE PARISIEN DIMANCHE. Un bébé panda pourrait naître bientôt au zoo de Beauval ! Tout laisse penser que Huan Huan, la seule femelle panda en France, Huan Huan qui a été inséminée au printemps – tout laisse penser qu’elle attend un heureux événement ! Mais toutefois rien n’est sûr, car ça pourrait n’être qu’une grossesse nerveuse et ça, malheureusement, on ne pourra le savoir qu’à la fin du mois…

Enfin, un mot tout de même sur la Une de MARIANNE : la Une et un dossier consacré au prénom Brigitte : Brigitte Bardot, Brigitte Lahaie, Brigitte Fossey, Brigitte Macron… « Brigitte, un fantasme français », titre l’hebdomadaire, en évoquant la folle histoire d’un prénom qui raconte la France… On attend maintenant « Simone, un fantasme français » dans PELLERIN MAGAZINE, « Martine, un fantasme français » dans LE MONDE DIPLOMATIQUE ou « Monique, un fantasme français » dans CHARLIE HEBDO… Franchement, ça sent les vacances !

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.