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Des "apéros de la mort" sur Rue89

Moins festif tu meures.  Pardon pour le jeu de mot.  Mais ce sont bien des "apéros de la mort" que raconte le site ce matin.  Article heureusement ponctué de quelques plaisanteries.  Ça détend un peu.  Nous sommes dans un bar à Paris.  13 personnes.  Des hommes. Des femmes.  Tous les âges.   Ici, dans ce bistrot chaleureux, on parle de l'absent.  Du disparu.  Un peu à la manière "des cafés mortels", lancés il y a quelques années par un sociologue en Suisse.  Saviez-vous que ça existait? Moi pas. Mais pourquoi pas.  Ici, on ne craint pas ni de casser l'ambiance. Ni se dévoiler. Ni de flancher.  Un homme se lance "quand j'étais petit, dans les campagnes, on portait le noir pendant un an. On portait un brassard. On veillait le mort". Comme si dans notre société de la performance et du manque de temps, comme la décrit Rue 89, le deuil faisait tache.   

Vos journaux endeuillés ce matin 

Surtout, vos quotidiens régionaux.  Avenay-Val-d'Or. Dans la Marne.  Une assistante maternelle.  Trois enfants. Dix, trois et un an.  Leur voiture balayée par un TER à un passage à niveau.  Ils sont tous morts.  Et l'Union, ce matin, nous emmène, au cœur de ce tout petit village, en plein vignoble champenois, ou il n'y a qu'une école maternelle et une école primaire.  Loin des récits à distance, presque froids que l'on peut lire ici et là, des scènes de malheur.  Des proches hurlant leur douleur.  Des photos qui disent tout.  Et des questions insupportables alors que l'enquête débute seulement.   Le Parisien Aujourd'hui en France consacre également une pleine page à cette tragédie. Mais le quotidien fait le choix de vous parler en Une, d'un autre sujet.  De votre vie quotidienne bientôt bouleversée, par une révolution technologique en marche.  Et cela passe aussi par les mots.   "Slicing"  "Beam Tracking"  "Full Duplex"  "Stand Alone"  Il faudra vous y habituer, assure le journal...  Car ces mots là, vous les entendrez bientôt régulièrement.  C'est du vocabulaire de 5 G...  La 5 G qui promet 10 fois plus de débit dès 2020.  L'information est largement relayée dans la presse ce matin...  Le Monde.fr raconte l'attribution des fréquences.  L’appétit des opérateurs. Et les conditions de l'ARCEP, régulateur des Telecom, pour que les campagnes ne soient pas oubliées. La 5G, merveille ou cauchemar?  Les ondes sont-elles nocives ? Ou est-ce une fake news que de le dire ? Le site Reporterre compile plusieurs de ses récents articles en un dossier enquête où il est rappelé qu'en Suisse, le Parti des Verts a lancé un petit guide. Une sorte de manuel de résistance pour les communes ou les individus qui refuseraient de se voir imposer de nouvelles antennes.  Le leader mondial de la 5G, aujourd'hui c'est Huawei.   

"Huawei entre dans un tunnel".  "Huawei, ondes de choc" titre Libération ce matin

Car le groupe chinois voit ses ventes chuter. Et les Etats Unis ne veulent pas qu'il participe à la construction de réseaux de téléphonie mobile très haut débit sur son sol.  La crainte derrière, de l'espionnage chinois.  Alors Huawei contre attaque.  Réduction de personnel aux Etats-Unis révèle le Wall Street Journal.  Et création d'un millier d'emplois... en Italie. Des milliards investis. Contre attaque de com aussi.  Avec des journalistes invités désormais à pénétrer dans ses usines de Dongjuan.  Une vraie ville.  Ici, ou le téléphone est partout, une voix enregistrée scande : "veuillez ne pas regarder l'écran de votre smartphone quand vous montez les escaliers. La sécurité avant tout !".  Sur place, un téléphone est produit tous les 23 secondes et demi. C'est très précis.  Ouverture à la presse, certes, mais la visite est cornaquée.  Aperçu des dortoirs. Des restaurants.  Bâtiments d'inspiration européenne parfois.  Château bavarois.  Maison andalouse.  Même une reproduction du très parisien Café de Flore.  Mais aucun bâtiment d'inspiration américaine et jamais, raconte le journaliste, jamais il ne sera possible d'interroger les salariés ou même de sortir le pied de la voiturette de golfe ou du mini train qui transporte la presse accréditée. La Chine truste une partie de vos canards ce matin.  Croissance la plus basse depuis 92.  La crainte du ralentissement, c'est la Une des Echos...  Quand le Parisien nous explique pourquoi... "Ça couine sur le marché du porc". Le prix du cochon, du jambon flambe dans les rayons en France parce que les cochons asiatiques n'ont pas la forme.  C'est le moins que l'on puisse dire.  Décimés par la peste porcine africaine.  Pas de danger pour l'homme mais 20% du cheptel mort en Chine.  1 million de bêtes.  Et les Chinois, premiers consommateurs de porc, 30kg par an par personne en moyenne, sur rabattent sur d'autres marchés, faisant exploser le cours du cochon.    

"Sur le Tour de France, les vélos roulent au fioul"  

C'est une image bien sûr.  Libération pointe là, les sponsors.   Car sur les 22 équipes du Tour de France, 6 sont financées par des Etats pétroliers.  Kazakhstan. Emirats Arabes Unis. Et autres Barheïn.  Ou par des entreprises d'hydrocarbures. Ineos. Et Total.   Les entreprises chercheraient là un moyen de se verdir. De redorer leur blason.  Et les Etats joueraient un peu à ce qu'a fait le Qatar avec le football.  Quête d'exposition internationale.  En plus petit et en moins cher. Mais en très exposé quand même.  L'Equipe ose aussi les bons mots ce matin.  "Tahiti douche les autres candidats"... L'île aimerait bien, avec sa vague géante, Teahupoo, décrocher l'épreuve olympique de surf, pour les JO de 2024.   Arguments :  volonté d'associer les outre mer,  Polynésie, c'est après tout l'origine du surf.  Mais bon... c'est à 15 000 kilomètres de la métropole et question consommation carbone, c'est limite.  Une élue du Finistère, terre concurrente, le rappelle.  Autre question : les athlètes y trouveront ils leur compte ? La vague est certes mythique.  Mais le spot est jugé dangereux pour les femmes. Pour les surfeuses. Pas habituées à s'engouffrer dans de tels tubes.  Johanne Defay, dixième mondiale s'interroge : "tu joues ta vie dans Teahupoo, ça peut être une expérience incroyable, mais à un moment donné, quand c'est trop gros, ce n'est pas possible".  Ça c'était ce qu'elle disait il y a un an.  Maintenant que l'épreuve approche un peu...  elle tempère. "Quand même, ça fait rêver".  

Exercice de liaisons dangereuses, dans la Matinale du Monde

"Abordons z'un sujet à la fois subtil et méconnu. Les liaisons Z'entre les mots".  On dit "Mes z'enfants, qui ont t'un n'an et six z'ans, aiment les z'oeufs".   Pas "Mes Henfants, qui ont Hun Han et six Hans aiment les Hoeufs".  Mais ce n'est pas toujours évident. Et ce n'est pas toujours naturel.  Et les auditeurs de France Inter nous le rappellent parfois.  Mea culpa.   Une erreur de liaison tout particulièrement agaçante a colonisé la bouche des Français, poursuit Muriel Gilbert dans son article, au moment où les euros sont venus remplacer les francs dans notre portefeuille.   On disait tout tranquillement "vingt francs", les doigts dans le nez.  Et voilà qu' on se retrouve avec des dilemmes. Des "eux Heuros cinquante" s'il vous plait.  "Vingt Heuros" les chaussures, Monsieur.   Alors qu'il faudrait, si nous étions parfaits, prononcer "deux z'euros", vingt t'euros, cent t'euros... Et deux cents z'euros.  Et ça fait du bien aussi quand ça s’arrête !

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