C'est le Courrier international qui nous met à table ; dans son numéro qui sort ce jeudi, "tous au resto”, l'hebdo nous embarque aux quatre coins du monde, comme à son habitude - au Pérou, en Inde ou au Danemark - mais d'abord regarde Paris, qui retrouve la vie depuis quelques semaines.

Les terrasses rouvertes de la capitale et avec elles la "quintessentielle âme parisienne" qui renaît, note le correspondant du Guardian : "La société des cafés est de retour, celle des bars et des bistros qui réinvestissent le pavé", soupire-t-il soulagé.  

Le Courrier nous parle aussi d'Amérique et des restaurants indépendants outre-atlantique qui subissent de plein fouet la crise, plus encore que chez nous ; "incertitude sauvage" pour ce secteur majeur, mais si fragile. Aux Etats-Unis les salariés de la restauration représentent 60% des inscriptions au chômage, "s'adapter ou mourir, c'est le slogans préféré des restaurateurs", dit Naomi Pomeroy, cheffe de l'une des meilleures adresses de Portland. Mi-mai, Trump avait reçu des cuistots à la Maison blanche, mais surtout des représentants des grandes chaînes. La cheffe craint l'uniformisation du paysage alimentaire ; extinction des restaurants indépendants : tous les jours, la liste des institutions qui mettent la clé sous la porte s'allonge. 

En France, le secteur reprend des couleurs

C'est ce que note Le Monde : reprise, mais progressive et disparate. Réouverture massive des brasseries et bonnes tables, c'est moins évident dans les grandes villes. À Fouesnant, dans le Finistère, Hubert Jan a doublé son chiffre d'affaire de juin par rapport à l'année dernière. Ce n'est pas le cas de tout le monde, d'autres n'ont toujours pas digéré, encore marqués par la fermeture brutale du 14 mars à minuit. Avoir une affaire, tenir un restau, c'est toujours risqué.

Le risque, en cuisine, le chef Adrien Cachot nous en parle dans l'Opinion, lui qui a perdu la finale d'une célèbre émission de télé : si ce "Top chef" a perdu, c'est aussi parce qu'il s'est mis en danger, dit-il. Ambitieux, lui qui veut désormais ouvrir son établissement. Si l'on veut réussir, il faut prendre des risques. 

"Prendre des risques", c'est d'ailleurs l'une des expressions favorites d'Emmanuel Macron pour rendre hommage aux patrons et aux entrepreneurs. Mais dans le Parisien ce matin, c'est le patron du gouvernement qui invite les lecteurs du quotidien à sa table, celle de Matignon. Au menu, rien à manger, mais les questions de quelques Francais. Jean Castex, impressionné par l'exercice, face à une infirmière, un étudiant, une agricultrice ou bien un retraité. 

Le premier ministre balaie les même sujets que ceux évoqués hier devant l'Assemblée : retraites, emploi des jeunes, laïcité, fiscalité et sécurité. Et nos journaux ce matin - nationaux comme régionaux - assaisonnent d'ailleurs leurs pages de commentaires. De Ouest France à Libé, le “pari des territoires” pour un “premier ministre des gens”, “habité du local”. L'Huma juge la feuille de route “périmée”, quand dans le Figaro, le patron du Medef reste sur sa faim.

Des points de vue, à grignoter, et un débat animé 

Dans la double page des idées du Monde daté d'aujourd'hui, s'affrontent quatre tribunes, face à face, sur la question brûlante du moment : Eric Dupond-Moretti, qui fut très critique sur la vague MeToo et Gérald Darmanin, soupçonné de viol, tous deux nommés au gouvernement.

Sur la page de droite, un collectif de 91 militantes et intellectuelles venues d'une trentaine de pays note le virage antiféministe pris par le gouvernement français quand plus d'une centaine de députés marcheurs, colonne d'à côté, prennent la plume pour défendre la présomption d'innocence.

Sur la page de gauche, l'avocate Noëlle Lenoir s'inquiète de l'agressivité qui s'empare du mouvement féministe et sur cette même page, le tout premier de ces quatre textes pique notre intérêt. C'est Rachida Dati, candidate malheureuse à Paris, qui se saisit du problème. Elle se sait minoritaire dans son camp mais peu importe : "Emmanuel Macron adresse les pires symboles aux femmes victimes de violences", dit l'ancienne garde des sceaux. "Considérant", poursuit-elle, "qu'une suspicion de viol, de harcèlement et d'abus de confiance ne serait pas un obstacle a diriger le pays". “Le viol est le seul crime pour lequel on accepte cela”, elle rejoint là la figure de Nous Toutes, Caroline de Haas et les convictions, la politique peuvent nous surprendre parfois. 

L'Équipe nous parle de femmes, dans le sport

Et de l'injustice, toujours, par rapport aux hommes. Le sport féminin est dans la tourmente à cause de la crise sanitaire, nous dit l'Équipe : les conséquences de la crise sont ressenties plus durement par des disciplines moins médiatisés, moins structurés, et donc moins armées pour faire face que les sports masculins.

Le quotidien sportif nous parle aussi d'un gourmet à la cuisine généreuse, il porte bien son nom. Le chef dauphinois Laurent Gras est au chômage technique, non pas dans son restaurant - qui a bien repris - mais parce qu'il a, chaque année, pour mission, de nourrir des cyclistes. Pas n'importe lesquels, ceux de l'équipe AG2R, sur le tour de France. Pendant trois semaines, il passe de 80 à 8 couverts pour bichonner ces sportifs, mais ce n'est pas bien plus reposant que d'être dans ses cuisines. Il doit concocter les repas et toutes les collations des coureurs, toujours tout équilibrer. Car oui, il faut bien se remettre en selle le lendemain : Laurent Gras est impatient, on le comprend, de retrouver la grande boucle reportée cette année. 

La cuisine sauve parfois

c'est l'histoire de Stéfano et de son incroyable rebond, que nous rapporte le Parisien. Un sans abri, mis au chômage et à la rue par le coronavirus. Trois mois de galère et de solitude, qui se sont arrêtés quand Samy, le patron d'un restau de Courbevoie, a bien voulu de lui. C'est aussi grâce à Linda Kebbab, porte-parole d'un syndicat de police, bien connue des plateaux télé, mais qui le soir, change de casquette et fait des maraudes pour aider ceux qu'on a laissé de côté.

Enfin en cuisine, ont le sait, la veste est un marqueur de respect et s'habiller, nous dit Libé, n'est jamais neutre. Une double page nous embarque à Marseille, dans les couloirs du Mucem, le musée près du Vieux port. Que disent nos vêtements de notre société ? Une exposition met nos vestiaires à l'honneur : le marcel des dockers, le bleu de travail des ouvriers et l'espadrille la corde au pied... ou bien le jogging, la star du confinement, porté fin 19e dans les vestiaires des écoles anglaises et américaines. Un bon copain tout droit sorti du placard et que l'on porte désormais, avouons-le, pour télétravailler ou bien à tout hasard, a l'heure du petit déjeuner. 

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