Plus que jamais, ce matin, le poids des mots... Des mots lourds de sens... "Devos mort de son vivant"... Titre inspiré L'Humanité... Libération préfère "Mort en flagrant délire"... Difficile d'être à la hauteur du maître des mots... Dans L'Indépendant, Bernard Revel ne le cache pas : "C'est un peu risqué de parler de Raymond Devos... Même mort, il est redoutable... On a tout intérêt à peser ses mots... Tant qu'il nous fera rire, conclut l'éditorialiste, il n'est pas interdit de penser que la mort n'aura pas le mot de la fin"... Dans Le Progrès... Francis Brochet reprend un constat de Raymond Devos : "Dès que le silence se fait, les gens le meublent... Alors écoutons-le, écrit Francis Brochet... Puisqu'il s'est tu, Raymond Devos, parlons-en... Si tous ceux qui l'aiment respectent une minute de silence, ça va en faire du bruit !"... C'aurait pu en faire plus... Dans La République du Centre, Jacques Camus regrette : "On aurait aimé une autre fin pour Raymond Devos... Une fin moins bête, moins tristement commune... On aurait souhaité, pour ce monument du rire savant, une mort tonitruante, en scène, sur un dernier coup de clairon... Raymond Devos méritait bien, autant que Molière, de mourir sur les planches"... Mais le plus bel hommage de la presse, ce matin, c'est sans conteste le texte de François Morel, dans Libération... Quand un poète parle d'un poète... Extraits... "Raymond Devos et le Bon Dieu viennent de faire connaissance... Ils se sont immédiatement reconnus... Forcément : même légèreté, même énormité, même aisance pour se balader dans l'imaginaire, même talent pour créer des univers... Raymond Devos et le Bon Dieu viennent de faire connaissance... Il y en a au moins un des deux qui a de la chance de rencontrer l'autre"... "Quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas... Ce serait reconnaître mes torts"... Le poids des mots de Raymond Devos, une manière ce matin de regarder l'actualité... "Le scandale plane sur EADS", titre L'Est Républicain... "Crise ouverte chez EADS", pour Le Figaro, qui revient sur la polémique des ventes d'actions par le dirigeant du groupe... "Les dirigeants d'EADS pris dans de fortes turbulences", confirme Les Echos, qui estime que l'affaire prend une tournure politique... Le quotidien de l'économie rappelle que le krach boursier de mercredi a fait perdre au titre EADS un quart de sa valeur... Noël Forgeard, le co-président exécutif du groupe, se retrouve doublement sur la sellette : à la fois parce qu'il a présidé la filiale Airbus jusqu'à l'année dernière, et parce qu'il a vendu des stock-options en mars... "Il ne manquait vraiment plus que ça pour compléter le tableau d'une France en vraie crise morale", s'énerve Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace... "L'enquête tirera au clair l'esprit des manoeuvres singulières de ces dirigeants, qui auraient si peu confiance dans leur propre entreprise qu'ils en revendraient des titres pour arrondir de hauts revenus déjà presque obscènes en eux-mêmes"... L'éditorialiste des DNA poursuit : "La présidente du MEDEF a semblé elle-même choquée par un scénario qui ruine une partie de ses efforts pour réhabiliter la perception des patrons par les Français"... Hervé Cannet, dans La Nouvelle République du Centre-Ouest, est sévère lui aussi... "Il y a des sujets qui fâchent, qui provoquent dans l'opinion publique grogne, irritation et malaise... qui minent la confiance... qui déclenchent l'impression que, décidément, il y a quelque chose de pourri au royaume des puissants... Ce qui choque profondément dans l'attitude de Noël Forgeard, c'est bien la coïncidence entre la mauvaise passe de son entreprise, l'annonce d'un raté industriel touchant un des fleurons de l'économie tricolore, et l'insolente réussite financière d'un placement familial"... Les stock-options montrées du doigt... Et coïncidence, dans Les Echos Week-end, à la rubrique "Finances personnelles" ce matin, un dossier intitulé "Du bon usage des stock-options"... Des conseils de pros, pour tirer le meilleur de ce précieux complément de rémunération, explique le journal... Il y en a toujours qui n'ont pas besoin de conseils... Mieux connaître la loi, pour éviter d'y contrevenir... Dans L'Humanité... "De quelle loi je me chauffe ?"... Gros plan sur une expérience à Grigny, en région parisienne... Dans cette ville-cité, des éducateurs et des jeunes ont entrepris de faire connaître la loi aux collégiens et aux lycéens... A l'origine, la prise de conscience d'un paradoxe : nul ne doit ignorer la loi, mais nul, à moins de se cogner deux ans de droit, n'a l'occasion de l'apprendre... Après plusieurs années de travail, un livre a vu le jour... De la garde à vue au tribunal, il décortique le fonctionnement judiciaire... distingue le crime du délit, prend en exemple des cas concrets tirés de faits-divers... Viols, rackets, rébellion, refus d'obtempérer, alcoolisme... Chaque fois, un rappel de la loi et des peines encourues... Les jeunes y ont ajouté des dialogues, avec leurs mots à eux... "Si tu sais qu'en montant dans une voiture volée, tu risques cinq ans pour recel et mise en danger de la vie d'autrui, tu ne le fais pas", affirme Ousmane... Sadullah est moins affirmatif : "Si tu n'as pas d'argent, pas d'emploi, tu feras quand même des bêtises... Mais ça va faire réfléchir les mecs pas trop chauds qui vont à l'école"... "Les mômes ne sont ni des anges, ni des monstres", conclut l'un des éducateurs... "Leur faire connaître la loi, c'est leur permettre d'être libres, et les obliger à se positionner... savoir qui sont les victimes, qui sont les oppresseurs"... C'est donc à lire dans L'Huma... L'Humanité qui, ce matin, défend sa cause... Plus de 200 personnalités ont signé l'appel à sauver le journal, aux prises avec de grosses difficultés financières... L'Huma qui donne rendez-vous demain, à Saint-Denis, pour le pluralisme de la presse... Mystère des mots... Ils naviguent sur de grands bateaux... Mais ils ne pêchent pas... Ils chassent... "Vers une victoire des chasseurs de baleines"... C'est dans Le Figaro, qui explique : "Les Japonais semblent s'être assuré le soutien de suffisamment de petits pays pour prendre le pouvoir, lors de la réunion qui s'ouvre aujourd'hui à Saint-Kitts, dans les Caraïbes"... Le journaliste du Figaro rapporte encore que les associations de défense des espèces animales dénoncent des achats de votes par le Japon... En échange de leurs voix, ils soutiennent financièrement divers pays comme les Iles Marshall, le Guatemala ou le Cambodge... Le moratoire sur la chasse aux cétacés a été voté il y a plus de vingt ans... Il laissait possible la pêche scientifique... une pêche scientifique qui a explosé au Japon... Le moratoire est, de toute manière, de plus en plus battu en brèche : la Norvège, par exemple, a ouvertement repris une pêche commerciale depuis plus de dix ans... Symbole de la disparition des cétacés : la baleine bleue, rappelle Le Figaro... La baleine bleue, c'est le plus grand mammifère de la planète... On en comptait 250.000 au début du 20ème siècle... On estime qu'il en reste aujourd'hui moins de 1.500... On reste en bord de mer... Direction le Mont-Saint-Michel... C'est le fait du jour, pour plusieurs de vos journaux, ce matin... Le lancement du chantier de désensablement du Mont-Saint-Michel... Le Premier ministre doit lancer aujourd'hui l'opération... une véritable "opération sauvetage", titre Aujourd'hui en France-Le Parisien... Et le quotidien explique qu'il s'agit "d'un projet pharaonique, qui permettra au premier site touristique de France, en province, de retrouver son caractère de presqu'île en 2011"... "Redevenir une île"... C'est la Une du Républicain Lorrain... "Le projet veut rendre au rocher son caractère d'île, comme au Moyen-Age"... Et c'est déjà fait pour Ouest-France, qui affiche à sa Une deux photos... "Le Mont : avant, après"... Quand on démonte tout pour que la mer remonte... Un Raymond peut en cacher un autre... Coupe du Monde de football oblige, on termine avec Raymond Domenech... Ce matin, il reçoit les conseils de tout le monde, le sélectionneur de l'équipe de France... Et c'est dans L'Equipe qu'il s'exprime... Il veut des Bleus plus audacieux... "On doit se lâcher", dit-il... Se lâcher pour tenir... Décidément, ce matin, l'esprit de Devos n'est jamais bien loin... Bonne journée.

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