(Pierre Weill : « A la Une, ce matin : le coeur battant de l'actualité »)... En cinq ans, le coeur humain bat à 230 millions de reprise. Le chiffre est dans un article des Echos, dont je vous parlerai tout à l'heure… Combien de battements en 20 minutes ? Le 30 janvier 1972, à Londonderry, en Irlande du Nord, en 20 minutes, 14 personnes ont été tuées. C'était le Bloody Sunday, l'un des épisodes les plus rouges de la guerre civile en Irlande du Nord. Hier, le rapport d'enquête sur cette tragédie était rendu public. Le nouveau Premier ministre britannique David Cameron en a rendu compte devant le Speaker et toute la Chambre des Communes... discours pour l'Histoire. Il est sur le site de la BBC... (Extrait du discours de David Cameron) "Ce qui s'est passé le jour du Bloody Sunday était injustifié et injustifiable. C'était mal. Je sais que certains se demandent si, 40 ans après, il est bien utile qu'un Premier ministre présente des excuses. Mais ce qui s'est passé n'aurait jamais, au grand jamais, dû se produire. Des représentants de notre armée ont mal agi. Le gouvernement est responsable, en dernière instance, de la conduite de son armée. Et donc, au nom du gouvernement, et même au nom du pays, je suis profondément, profondément désolé". (« Sunday Bloody Sunday » de U2 en fond sonore) "Au nom du pays, je suis profondément désolé"... Le site du Irish Times, ce matin, reprend simplement cette déclaration de David Cameron, avec une photo d'une des victimes du Bloody Sunday. "La justice, enfin !", titre The Guardian. Slate.fr reprend d'autres propos du Premier ministre : "Les victimes étaient pacifiques. L'armée britannique a ouvert le feu en premier, sans aucun avertissement". Et comme illustration sonore, le site propose une version live et acoustique du "Bloody Sunday" de U2, que vous entendez derrière moi. "Pourquoi David Cameron entre dans l'Histoire" : c'est sur Rue89. Le site relève que le gouvernement britannique avait implicitement reconnu depuis longtemps que les victimes étaient toutes innocentes, mais rien n'était encore officiel. Lointain successeur de Margaret Thatcher, le nouveau locataire de Downing Street atténue la désastreuse réputation des Tories quant à la gestion de ce Bloody Sunday. "En Irlande hier, c'était vérité et réconciliation", écrit Dominique Quinio dans La Croix. "Vérité, justice et paix marchent ensemble. La preuve en est une fois de plus donnée. Tous les protagonistes, dans tous les lieux de conflit du monde, doivent s'en souvenir". Une question tout de même reste en suspens : l'enquête officielle menée par le juge Saville établit que des soldats ont menti dans leur déposition. Seront-ils poursuivis ? Hier, raconte Libération, les habitants de Londonderry s'étaient massés devant l'hôtel de ville pour écouter le discours. Dans la foule, il y avait la soeur de John Jacky Duddy, l'une des victimes les plus célèbres du Bloody Sunday. L'image d'un prêtre agitant un mouchoir taché de sang près de son corps a fait le tour du monde. Hier, Kay Duddy, la soeur, avait le mouchoir dans son sac à main. (PW : « En France, au coeur de l'actualité, la réforme des retraites sera-t-elle juste ? ») C'est la question centrale pour beaucoup d'éditorialistes. Le sujet fait la Une des Echos, du Figaro, de La Tribune, de Libération, de L'Humanité. La réforme, aussi dure soit-elle, sera acceptée si les Français ont le sentiment qu'elle est équitable. Halte aux privilèges ! Le Canard Enchaîné vient casser l'ambiance... Bloody Wednesday : sale mercredi. Chaque semaine, Le Canard égrène son lot de scandales. Aujourd'hui : Christian Blanc, qui se serait payé 12000 € de cigares sur le budget de l'Etat ; Alain Joyandet, l'homme de l'aller-retour en Martinique à plus de 100000 €, qui aurait obtenu un permis de construire illégal pour sa villa près de Saint-Trop ; Enfin Rama Yade, piégée par elle-même : elle a critiqué le train de vie des joueurs de l'équipe de France, mais l'hôtel en Afrique du Sud réservé par ses services était plus cher que celui des Bleus. Elle a dû annuler. Yves Harté, dans Sud-Ouest, est extrêmement sévère... Tous ces ministres épinglés, "faut-il y voir un excès de moralisme ou le retour d'une vraie moralité ? Option n° 2. Car, en ces temps d'une rigueur qui ne dit pas son nom, ces privilégiés seraient bien inspirés de revenir à des vertus encore récentes : l'argent, et surtout l'argent public, ne peut être dépensé en vain, et encore moins exposé. Il en va d'une décence et d'un principe de précaution, dans une atmosphère dont on sent, jour après jour, combien elle se charge de poudre et de colère". Alors les journaux n'ont pas encore les détails de cette réforme. Ils s'en tiennent donc aux enjeux... réforme sans doute la plus importante du quinquennat Sarkozy, carrefour sur la route qui mène à 2012. Pour qu'elle soit acceptée, il faut donc que s'en dégage un sentiment de justice. Dans Paris-Normandie, Michel Lépinay regardera deux points en particulier : La question de la pénibilité : il serait injuste de retarder aveuglément le départ à la retraite de tous à l'identique. * Deuxième écueil : si la réforme ne se traduisait pas par une contribution plus importante des hauts revenus, si l'on ne prélevait pas aussi sur les revenus financiers, l'impression laissée serait désastreuse". Résumé à la Une de Libération : "Retraites : la bagarre commence". (PW : « En bref, quoi d'autre dans l'actualité, Bruno ? ») "10 morts dans le Var. Un déluge meurtrier s'est abattu sur la région"... l'expression est à la Une de Var-Matin. En première page de 20 Minutes : "Des voitures comme des bateaux qui coulent" dans les rues de Draguignan. A cela, La Provence ajoute un scandale : malgré la pluie diluvienne, les tunnels marseillais sont restés hier fermés toute la journée, du fait d'un mouvement de grève. Des centaines de milliers d'automobilistes sont restés bloqués. Les autorités n'ont réagi que dans l'après-midi. Et puis, infiniment plus léger : la dernière tendance sur Facebook... Après les apéros géants, les déjeuners Facebook. Comme pour les apéros, on prend contact et on se donne rendez-vous sur le réseau social. Ces co-lunch sont organisés par des personnes qui travaillent ou vivent seules chez elles : femmes en congé maternité, adeptes du télétravail, étudiants, chômeurs... C'est un moyen de rythmer la journée, de rencontrer du monde et de ne pas manger n'importe quoi devant la télé. C'est à lire sur Rue89. (PW : « Pour finir, retour au coeur battant de l'actualité »)... C'est à la Une des Echos... Le projet de coeur artificiel entre dans sa dernière ligne droite. Projet 100% français, né de la rencontre entre le cardiologue Alain Carpentier et Jean-Luc Lagardère, au début des années 90. La société qui développe ce coeur artificiel entre en Bourse. C'est l'occasion, pour Les Echos, de décrire par le menu le fonctionnement de cet engin fascinant… C'est un vrai coeur, complet, avec deux cavités et quatre valves. Si Jean-Luc Lagardère s'y est intéressé, c'est parce qu'il a vu très vite que les technologies de l'aéronautique et de la défense étaient cruciales pour fabriquer ce coeur artificiel. Un exemple : c'est une membrane en polymère qui sépare les deux cavités. Pour l'instant, le coeur est prévu pour tenir cinq ans. 230 millions de battements. On retrouve le chiffre du début. Il pèse 900 grammes. Un dispositif électronique très sophistiqué règle son fonctionnement en fonction du stress et de l'état de fatigue du patient. C'est une vie sur piles, puisque ce coeur est alimenté par des batteries rechargeables portées à la ceinture. Le premier essai sur l'homme est prévu l'an prochain. Rodrigue, as-tu du coeur ? Oui, j'en ai un, tout neuf... A demain...

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