Quand la France se voit prise dans des affrontements entre Tchétchènes et Maghrébins, Nice se sait la proie d'une guerre des gangs de la drogue, où l'ethnicité n'est qu'un folklore: le Figaro, le Bien public, Nice-Matin, Une statue d'Abd-el Kader à Paris, l'Opinion ?

On parle de la peur... 

Qui reste après le bruit des balles dans le quartier des Grésilles à Dijon où l'on tremblait hier après des expéditions punitives menée par des Tchétchènes qui ont je le le lis dans le Bien public, attrapé et tabassé des maghrébins, tapant aux portes des maisons pour chercher des victimes... Et on tremble aussi à Nice quartier du Liseron où, je le lis dans Nice-Matin, des Tchétchènes encore venus en découdre, se sont fait tirer dessus à l'arme de gros calibre.... Et un vieux monsieur rase les murs en allant faire ses courses au Leclerc, même si une compagnie de CRS campe depuis hier dans la cité...  

Et la France se découvre donc en affrontements ethniques... Dijon en est la plus spectaculaire, et après les télévisions, l'extrême-droite identitaire et Marine le Pen relaient sur Twitter des images de jeunes habitants des Grésilles, armés et tirant en l'air et attendant le retour des Tchétchènes. Mais il n'y a pas que Dijon. Et le Figaro rappelle d'autres affrontements qui témoignent, lis-je, d'une autodéfense caucasienne... Nous vous en avions parlé ici à la suite de l'Est-Eclair, du Parisien, de Nice-Matin et du Figaro déjà.   

Fin avril, 50 tchétchènes avaient attaqué près de Troyes un hôtel transformé en foyer pour migrants; en avril encore, à Nice déjà, deux tchétchènes s'étaient fait tirer dessus dans le quartier du Chêne sans doute par des dealers... 

Hier dans le Bien public, un jeune tchétchène racontait une communauté soudée, réactive, qui avait aussi agi à Pau et Toulouse: "Pour les Tchétchènes, le trafic de drogue est une honte,  nous refusons que les dealers agissent sous les yeux de nos enfants et les incitent à dealer eux-mêmes" disait-il... Et ce matin dans le Figaro, Chamil Albakov, responsable du service de presse de l'Assemblée des Tchétchènes d'Europe conclut: "Les Tchétchènes ont tenu tête à la Russie, on ne va pas se laisser faire par des racailles."  

Mais à Nice on ne croit guère à l'autodéfense vertueuse, et l'on vit une simple guerre de gangs, où l'ethnique n'est qu'un folklore. Et Nice-Matin donne la carte du trafic. Le 155 route de Turin, le 328 aux Liserons, c'était le deal du cannabis pratiqué par des maghrébins et des Cap-verdiens, Pasteur, c'était des Tchétchènes qui vendaient de la la cocaïne et de l'héroïne, puis tout s'est déréglée,, on a volé de la cocaïne aux tchétchènes, des réseaux venus de Toulouse et de Seine-Saint Denis se sont implantés à Nice et ont remplacé les petits guetteurs du cru qu'au moins au connaissait. Un jour, c'était juste avant le confinement Karim, quinquagénaire costaud, qui promenait son chien, a été bloqué par une voiture noire dont les passagers armés de kalachnikov lui ont dit qu'ils venaient rétablir l'ordre.  

On parle aussi d'une tragédie. 

Celle de soldats français que l'on voit lever les mains devant les soldats allemands qui les font prisonniers, et ces soldats aux visages noirs farouches ou inquiets, épuisés du combat, on les voit ensuite rassemblés dans un champs au lieu-dit Vide-sac à Chasselay dans le Rhône, on voit dans une autre photo deux tanks qui arrosent les prisonniers avec leurs mitrailleuses, et il reste, c'est la dernière photo, des corps inertes de soldats abandonnés, que leurs assassins avaient appelé Affen, des singes, avant de les tuer, de les achever à la baïonnette, de les écraser quand ils voulaient fuir .  Le Monde raconte le massacre de Chasselay où 188 tirailleurs « sénégalais », 6 tirailleurs nord-africains et 2 légionnaires russe et albanais furent tués les 19 et 20 juin 1940 après avoir résisté à l'avance allemande quand Pétain avait déjà demandé l'armistice...  Un parmi d'autres massacres de soldats noirs par l'armée nazie... Celui-là fait figure de symbole, on a retrouvé sur les corps des suppliciés des cahiers, des lettres, des mots de jeunes gens qui nous parlent par-dessus l'oubli. 

Cette histoire fait-elle honte à nos disputes? Dans un article au scalpel de son spécialiste des affaires militaires Jean-Dominique Merchet, l'Opinion fait la leçon au Chef de l'Etat qui aurait "la mémoire qui flanche", son refus au nom de la République de déboulonner des statues ne relèverait pas de l'histoire, car les statues comme les noms des rues ne sont que des choix arbitraires, le regard qu'au présent on veut porter sur le passé. 

Je lis que pour réconcilier le pays, dans l'entourage d'Emmanuel Macron, on pense à ériger une statue de l'émir Abd-el-Kader, qui s'opposa à la conquête de l'Algérie par la France, elle serait érigée avenue du général Bugeaud, qui conquit en massacrant sans pitié. . Une statue Abd el Kader rue Bugeaud, la nouvelle, diffusée par les réseaux sociaux hier ressemblait à une plaisanterie douteuse, et pourtant.    

On parle enfin de science...

Et des doutes qui 'l'entourent, elle aussi, tant le coronavirus l'a secouée. Les Echos constatent que l'intelligence artificielle ,'a pas été d'un grand secours, et pire, la culture du Big Data a ébranlé deux institutions, deux revues médicales incontestables, le Lancet et le New England Journal of medicine, dont le Monde encore raconte comment elles ont été abusée par une entreprise obscure, Surgisphère, responsable notamment d'une étude sur l'hydroxychloroquine reniée à peine publiée...  Et l'on découvre l'impossibilité matérielle pour l'édition scientifique de vérifier ce qu'elle publie: il faudrait que les études médicales soient rendues publiques avant d'être acceptées par les autorités scientifiques, pour que la communauté médicale, un expert collectif  à l'échelle de la planète toute entière puisse les vérifier...   

Richard Horton, directeur du Lancet est donc en risque d'inutilité, lui qui reconnait interrogé par Libération avoir contribué à "une défaite absolue" pour la science... Ca ne l'empêche pas, Horton, de porter haut  ses convictions et avec fermeté il accuse Donald Trump et Boris Johnson mais au-delà d'eux l'Occident d'avoir causé des millions de morts par "arrogance" et "racisme anti-chinois", en refusant d'interroger et de croire la Chine avant que la pandémie ne s'abatte sur nous.  

Peut-on être d'une part négligent, et en même temps avoir raison?

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