Bonjour... Oui, ne vous inquiétez pas, on va en parler, de l'affaire Clearstream et du vote de censure... Mais avant, arrêtons-nous sur ce sondage optimiste, à la Une du "Parisien-Aujourd'hui en France"... "Les banlieues y croient"... A quoi croient-elles ?... Elles croient à l'intégration et à l'égalité des chances... C'est une étude CSA qui le montre... Elle a été réalisée au sein du Val-d'Oise, un département emblématique de l'Ile-de-France... Et qu'y apprend-on ?... Eh bien, que 69% des sondés pensent que la diversité de la population est une bonne chose... et ils sont presque autant (65%) à croire que la plupart des étrangers peuvent s'intégrer à la vie dans le département... même si 78% reconnaissent que la discrimination est un problème... Cela ne surprend pas le sociologue Marc Hatzfeld, interviewé par "Le Parisien", pour qui les habitants des banlieues savent, plus que d'autres, ce qu'est la différence, et comment il faut la traiter... Pour le journal, en tout cas, ce sondage est une bonne surprise, six mois après la crise des banlieues... Et même si un autre sondage, cité par "Libération", et national celui-là, mesure le blues des Français... 52% pensent que la France est en déclin... 76% (les trois-quarts des personnes interrogées) jugent que les jeunes ont moins de chances que leurs parents... et 69% ne font confiance ni à la droite ni à la gauche pour gouverner le pays... Or, les résultats de ce sondage, commandé par le ministère de l'Intérieur, sont d'autant plus fiables que l'échantillon de personnes interrogées par l'IFOP et le CEVIPOF est énorme : 5.600 personnes... Et elles ont été interrogées avant que l'affaire Clearstream n'éclate... Aujourd'hui donc, l'épisode de la censure pourrait presque paraître anecdotique... "Et pourtant, nous rappelle Philippe Waucampt dans "Le Républicain Lorrain", c'est une première dans l'histoire de la 5ème République : une partie du groupe UDF va voter la censure d'un gouvernement de droite... Et l'on devra faire un gros effort d'imagination, une fois la censure rejetée, pour penser que ceci a valeur d'un vote de confiance en faveur du gouvernement... Le pas que François Bayrou a décidé de franchir, poursuit Philippe Waucampt, est important... Il témoigne à la fois du climat de tension régnant au sein de la majorité, et du compte à rebours, désormais enclenché, pour le chef de l'Etat qui, à mesure qu'il approche de la fin de son mandat, éprouve des difficultés quasiment insurmontables à fédérer son propre camp"... "Bayrou de secours", s'écrie Hervé Chabaud, qui, pour "L'Union", n'hésite pas à plonger dans le jeu de mots hasardeux... "Le Béarnais entre dans l'opposition comme supplétif de ses nouveaux amis du PS... La République, dit Hervé Chabaud, c'est d'abord l'intérêt général, celui de la France, et sûrement pas les intérêts particuliers de l'UDF pour la Présidentielle... La posture de Bayrou sur son cheval d'orgueil ne doit surprendre personne... Il est passé d'un service minimum dans la majorité à une rupture opportuniste dictée par le calendrier"... Olivier Picard, dans "Les Dernières Nouvelles d'Alsace", est moins sévère pour François Bayrou... "Il y a, dans son attitude, un mélange d'égo et de liberté... de détermination et de détachement... Avec des sondages en panne, le candidat centriste prend peut-être de la distance, après tout, avec sa propre ambition"... Même analyse pour Michel Noblecourt, dans "Le Midi Libre"... "A 54 ans, le président de l'UDF pense que la rupture doit conduire à l'émancipation du centre... François Bayrou rêve du retour d'un grand centre qui bousculerait les lignes, à moins d'un an de l'élection présidentielle"... Mais ce calcul élyséen apparaît aléatoire à l'éditorialiste du "Midi Libre" car, dit-il, "la frilosité de ses amis UDF, qui ont peur que l'UMP leur fasse mordre la poussière aux législatives, montre que ce pari centriste est encore loin d'être gagné"... Pour Pierre Taribo, en tout cas, "la politique réapparaît sous son plus mauvais jour... avec des gens incapables de penser à autre chose qu'à eux-mêmes... Pour l'électeur de base, tout cela ressemble à du cinéma, où les acteurs jouent faux... Si la censure est rejetée par les députés, elle risque, prévient l'éditorialiste de "L'Est Républicain", elle risque, l'heure venue, d'être appliquée par les citoyens, que ce spectacle tragi-comique indispose au plus haut point"... Souvenez-vous du sondage : un Français sur sept ne fait donc plus confiance aux politiques... Et comme le dit l'éditorial du "Monde", "le risque est que l'opinion se lasse des petits jeux politiques avant l'entrée en campagne, et se réfugie dans l'abstention ou la colère"... Et pourtant, comme le dit, sur la même page du journal "Le Monde", Laurent Greilsamer, dans sa chronique "Société" : "le lecteur de presse continue de se shooter à l'affaire Clearstream, de même que l'amateur de chamalow continue, à son corps défendant, de piocher dans la bonbonnière... Autrement dit, on ne lâche pas un feuilleton en cours de route, surtout un feuilleton haletant, livrant avec une telle régularité son lot de rebondissements"... Et cette fois, Greilsamer parle de "rebondissements généalogiques"... Et l'on apprend que, finalement, Clearstream est plus une affaire de famille qu'une affaire d'Etat... Par exemple, le général Pierre Rondot, le père de Philippe Rondot, avait fait équipe, au Liban, avec Victor Lahoud, le père d'Imad Lahoud, le Mozart de l'informatique d'EADS... Les deux hommes avaient créé ensemble les services secrets libanais... De même, l'actuel général Philippe Rondot a un cousin journaliste, Stéphane Denis, etc. etc. Du coup, "Le Monde de l'Economie" s'interroge : "La croissance résistera-t-elle aux crises des banlieues, du CPE et de Clearstream ?"... Pour l'heure, nous dit "Le Monde", les Français continuent de consommer comme s'ils étaient imperméables aux secousses politiques, mais aussi sans illusions sur la capacité des gouvernements à infléchir le cours de l'économie... A moyen terme, pourtant, la paralysie du pays, déjà en campagne électorale, inquiète... Réformes non engagées, image dégradée à l'étranger... Beaucoup pointent un processus insidieux qui risque de faire décrocher la France... Selon les corrrespondants du "Monde", le doute commence à poindre aux Etats-Unis et au Japon... D'autant, nous prévient "La Tribune", que "la baisse du dollar menace la reprise européenne"... La compétitivité du "made in Europe" perd du terrain, par rapport aux concurrents américain et chinois... Mais comme d'habitude, en économie, rien n'est jamais tout noir ou tout blanc, car ce repli du dollar permet d'alléger la facture pétrolière, et la zone euro en tire profit... En tout cas, les pays européens, si l'on en croit la Commission de Bruxelles, sont presque tous d'excellents élèves de l'écologie... "Le Figaro" et "Libération" nous l'apprennent ensemble : en 2005, les 9.000 sites industriels grands consommateurs d'énergie de l'Union européenne ont rejeté moins de gaz polluants que ce qu'ils avaient le droit de recracher dans l'atmosphère... 44 millions de tonnes de CO2 de moins que prévu par le protocole de Kyoto... "Une bonne nouvelle ?" s'interroge "Le Figaro" dans sa page saumon... Pas si sûr... Sur le marché des droits à polluer, les cours ont chuté... Et pour les associations écologistes, les quotas actuels sont bien trop généreux... "L'Europe, dit Gérard Dupuy dans "Libération", ne paraît vertueuse que parce que son double-décimètre était truqué... Les quotas fixés à l'avance ont été calculés de manière à ne pas trop effaroucher les industriels... Du coup, ils ne servaient à rien... Mais, reconnaît Gérard Dupuy, il serait tout aussi erroné, à l'inverse, d'avoir des exigences drastiques mais irréalistes... Les industriels savent d'ailleurs agiter un épouvantail efficace : la méthode la plus simple pour arriver à une absence complète de pollution, c'est de fermer une usine et de la délocaliser sous d'autres cieux... Ce n'est pas toujours une menace en l'air... Bref, dit Dupuy, le cafouillage européen peut se révéler contre-productif, parce qu'il donne des arguments à ceux qui se moquent des accords de Kyoto, comme l'administration Bush"... Tiens, à propos d'environnement, on va terminer par le feuilleton du "Clemenceau"... Ce bon vieux "Clemenceau", comme l'appelle Bruno Theveny, dans "Le Journal de la Haute-Marne"... Brest l'accueillera demain, après un périple de 18.000 kilomètres... "Ce tour du monde du 'Clemenceau' est l'exemple parfait du flop politico-économico-écolo-militaire... Il y a bien longtemps qu'on n'avait autant ri jaune devant une telle cocasse odyssée... Ce n'est plus qu'une coque en stock"... Bruno Theveny ne résiste pas non plus au jeu de mots... "Mais, dit-il, le 'Clemenceau' ne méritait pas cela... Trois années de péripéties ubuesques et d'escarmouches médiatico-judiciaires, et, au final, la découverte qu'il fallait, en Europe, créer une filière de démantèlement des navires en fin de vie, militaires ou civils... Dès demain, 22.000 tonnes de ferraille vont attendre à Brest d'être désamiantées et dispatchées"... L'éditorialiste salue ironiquement le sens de l'humour, très prononcé, de Michèle Alliot-Marie, qui a confié que le 'Clemenceau' ne restera pas dans le port breton au-delà de l'été 2008... Nous voilà rassurés... Et Bruno Theveny conclut, ironique : "Coque en stock et tonnerre de Brest !"...

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