La pose qui revient le plus souvent le montre de profil, les yeux fermés. La photo recouvre une bonne moitié de la Une, voire la totalité. La photo, et les titres : DSK, « impensable scénario » pour les Echos, « Le Drame » pour France Soir, « Le coup d'arrêt » pour la Charente Libre et le Parisien. Ouest France et L'Humanité parlent de « séisme ». La Croix d'une « onde de choc », Le Figaro d'un « coup de tonnerre ». 2 fois 3 lettres en première page de Libération et des Dernières Nouvelles d'Alsace : « DSK Out ». Le journal alsacien ajoute tout de même un point d'interrogation. (Patrick Cohen) Les photos et les titres de Une, et puis d'autres images en pages intérieures. (Bruno Duvic) On dirait les plans de coupe d'un de ces séries télé américaines diffusées après le diner. Les images du Parisien Aujourd'hui en France par exemple : la façade impersonnelle du Sofitel ou celle, ou les journalistes massés de nuit devant le poste de police de Harlem. Et encore, la presse n'a pas eu le temps de publier l'image terrible de cette nuit d'un DSK menotté… Tout cela est impossible écrit Francis Brochet dans le Progrès de Lyon. "On ne cesse de tourner et retourner les hypothèses pour trouver un peu de raison dans cette histoire de fou". Entre ceux qui condamnent avant de savoir et ceux qui crient au complot sans en savoir plus, il y a une place pour des commentaires qui appellent à la prudence : "Que savons-nous exactement de ce qui s'est réellement passé dans la suite 2806 ? demande Serge Raffy sur le site du Nouvel Observateur. Rien, strictement rien. » Ce que l'on sait, avec Nicolas Demorand dans Libération, c'est que "La France connait là son premier sex scandal à l'anglo-saxonne et entre brutalement dans une zone du débat public qui jusque là, par exception culturelle, identité latine ou faiblesse démocratique restait confinée aux rumeurs et ragots d'un petit cercle d'initiés. » Une chose est de parler (ou pas !) d'un homme politique dragueur, entreprenant, une autre est de relayer des accusations d'agressions. (Patrick Cohen) Effet secondaire de cette affaire du Sofitel : d'autres propos, d'autres histoires remontent. (Bruno Duvic) Libération, page 4, Antoine Guiral raconte un déjeuner informel avec Dominique Strauss-Kahn, fin avril. Il évoque alors les trois difficultés à surmonter pendant la campagne : "Le fric, les femmes et ma judéité" L'ancien ministre imaginait même une fille à qui on offrirait 500.000 ou un million d'Euros pour inventer un viol. Ce qui ressurgit également, dans le Figaro, le Parisien, sur Rue89, dans Paris Normandie, c'est l'histoire de Tristane Banon, jeune journaliste et romancière qui avait raconté en 2007 s'être faite agresser par Dominique Strauss-Kahn 5 ans plus tôt, récit très détaillé. Pour quoi ne pas avoir porté plainte ? Sa mère, Anne Mansouret, élue socialiste et aujourd'hui candidate aux primaires l'en avait dissuadée. Les familles étaient proches. Aujourd'hui Anne Mansouret dit regretter. Mais la plainte pourrait bien ressortir, la jeune femme voit son avocat aujourd'hui, selon le Parisien. Dans la biographie autorisée de DSK qui vient d'être publiée, Ramzi Khiroun, l'un des conseillers et homme d'image du patron du FMI, assure que Tristane Banon a inventé cette histoire de toutes pièces. Le même Ramzi Khiroun dont le portrait est dressé dans le Nouvel Observateur de cette semaine. C'est l'homme à la Porsche. Mais dans le Nouvel Obs, il est dans un 4X4. Extrait du papier d'Ariane Chemin : "Certains se souviennent de l'époque où la presse cherchait le livre de Tristane Banon. Le manuscrit, jamais publié, trônait sur le siège arrière du 4X4. ‘Tu vois, ce que vous voulez tous, c'est là’, se vantait le conseiller très spécial", écrit Ariane Chemin. (Patrick Cohen) DSK dans la tourmente : quelles conséquences ? (Bruno Duvic) A court terme, le PS est bien sûr fragilisé, écrit Bruno Dive dans Sud Ouest. Le constat, quasi général, c’est que Dominique Strauss-Kahn est écarté de la course à la présidentielle, quelles que soient les suites de l'affaire du Sofitel. Il y a les analystes comme ceux de l'Alsace ou du Parisien qui évoquent Laurent Fabius ou Bertrand Delanoé en candidat de recours. Pour le Figaro, Montebourg, Valls, Collomb, Moscovici, les "petits" candidats à la primaire sont relancés. Pour le député socialiste Gaëtan Gorce dans Libération, il y a deux possibilités : soit un réflexe d'unité derrière Martine Aubry, al première secrétaire, soit un réveil des candidatures dormantes. Et puis il y a le mieux placé derrière DSK : François Hollande. Dans la Provence Philippe Minard appelle Martine Aubry à se rallier à François Hollande pour donner un signe d'unité. Mauvaise nouvelle pour le PS, tout le monde n'en est pas sûr. La chute de DSK c'est la fin d'une illusion pour Olivier Picard dans le Dernières Nouvelles d'Alsace. D'une façon ou d'une autre, le directeur général du FMI était quasiment condamné à trébucher dans les chausse-trappes d'une campagne qui s'annonce violente. L'Humanité tire un autre enseignement : la gauche ne doit surtout pas s'en remettre à un homme une femme providentiel écrit Patrick Appel Muller dans l'édito. Il faut éviter de réduire son discours aux slogans creux des spécialistes en communication. Est-ce une bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy ? Les Echos n'en sont pas sûrs. Le président considérait que l'ancien ministre de l'économie n'était pas l'adversaire le plus dangereux pour lui. Autre conséquence selon les Echos : l'Europe risque de perdre un précieux avocat à Washington. Quel nouveau directeur pour le FMI si le français devait quitter son poste ? Selon la Tribune, c'est un moment critique pour le Fonds Monétaire. Un éventuel départ précipité risque d'accélérer la montée en puissance des grands pays émergents. (Patrick Cohen) Quoi d'autre dans la presse ? (Bruno Duvic) Des affrontements à la frontière entre Israël et la Syrie. Les manifestations contre la création d'Israël ont été marquées hier par des violences inédites. C'est à lire notamment dans Libération. « Jean qui rit, Jean qui pleure ! » Titre de l’édito de la Voix du Nord sport. En football, alors que Lille a remporté la coupe de France et pourrait gagner aussi le championnat, l'autre grand club du Nord, Lens est en deuxième division. Et puis une raison de se réjouir tout de même : "Jean Dujardin, Yes he Cannes !", titre le Figaro. Très bonnes critiques pour "The Artist", le film muet et en noir et blanc de Michel Hazanavicius, en sélection officielle. "C'est un film muet qui ne saurait nous laisser silencieux", écrit l'Humanité. La Croix lui a trouvé un "charme fou". "The Artist" dresse le portrait d'une star déchue du cinéma muet. "En 2011, à l'heure d'Avatar, de la numérisation et des films en 3D, il fallait une certaine dose de folie pour oser se lancer dans un long-métrage muet, en noir et blanc, écrit Oliver Delcroix dans Le Figaro. Hazanavicius a l'intelligence d'offrir un vibrant et sincère hommage au cinéma hollywoodien des années 1920-1930. (...) On navigue entre le Hitchcock de Vertigo, le Sunset Boulevard de Wilder ou Les Espions de Lang. La séquence onirique du verre bruyant, ou la scène des claquettes resteront sans doute dans les annales de cette 64ème édition.

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