(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les illusions donnent sur la cour

(Bruno Duvic) Clin d'œil à Gainsbourg…et à Woody Allen cité par Le Figaro en ce jour de conférence de presse présidentielle : "J'aimerais terminer sur un message d'espoir. Je n'en ai pas. Est ce qu'en échange, deux messages de désespoir vous iraient ? "

S'il cherche des motifs d'espoirs, François Hollande évitera les gros titres de la presse ce matin : « Les voyants sont dans le rouge » pour Sud Ouest , « La France est dans le rouge » pour Direct Matin , « Hollande est dos au mur » selon Le Figaro , « Il est face au mur des réformes » dans Le Monde. Pour l'instant, c'est « La récession Hollande », dixit Mediapart .

S'il lisait les journaux ce matin, Woody Allen pourrait trouver 5 motifs de désespoir, les fameux clignotants de l'économie au rouge : consommation, investissement, pouvoir d'achat, taux de marge des entreprises et exportations.

Bilan à la Une des Echos : « La récession contraint la France à se réformer »

« Qu'est ce qui coince ? » demande Le Point . « Hollande n'était pas préparé au pouvoir », répond le politologue américain Ezra Suleiman.

Ce qui cloche, c'est l'immobilisme pour l'édito du Figaro , le manque de perspectives pour celui de Libération , le risque d'un mandat à la Flanby pour Jean Marc Vittori dans Les Echos . Les Echos qui appellent donc le président à réformer.

On peut dire « réforme ! réforme ! » en sautant sur sa chaise comme un cabri, qu'est ce qu'on met derrière ce mot ?

Le Monde détaille les dossiers explosifs : des économies, encore des économies... Notamment pour donner des gages à la commission européenne et à l'Allemagne d'Angela Merkel, surnommée « Merchiavel » par un sociologue allemand dans Le Nouvel Observateur .

Et pourtant, pour L'Humanité , une évidence, saute aux yeux chaque jour un peu plus : « Austérité = récession, CQFD ». C'est la Une du quotidien ce matin.

Au cœur des tirs de barrage, venus de la droite et ses accusation de mollesse, de la gauche et ses accusations de trahison : Bercy. Et au cœur de Bercy : le ministre de l’Economie Pierre Moscovici, surnommé « l'ectoplasme de Bercy » par les plus câlins. « Moscovici, le fidèle blessé », quelques confidences dans Le Point . Il raconte à quel point l'épisode du salopard, insulte venu du Front de gauche, avait affecté son père, juif roumain, au point d'être admis au Val de Grâce. Quand son fils a pu le voir dans sa chambre, premiers mots : « Pierre on est en 1943 ».

François Hollande dans les affres du premier mandat, Obama ou la malédiction du second mandat

« Obama sur la défensive » titre le Herald Tribune . Trois affaires embarrassent l'administration américaine : espionnage de journalistes, contrôles fiscaux ciblés sur des opposants politiques et mensonge au moins par omission sur l'attentat de Benghazi en septembre 2011.

Sur le site Internet du New York Times , un des éditorialistes du quotidien américain relativise : « Aucun lien entre les trois, aucune implication directe avérée du président ». Mais cela fait tout de même « La Maison Blanche » chargée d'affaire comme le titre Libération . « Cela donne l'impression, écrit Lorraine Millot, d'un président qui ne maitrise guère son administration. Président ‘badaud’ se moquait hier le Washington Post . »

A quand le capitaine de pédalo ? Pour Laure Mandeville dans Le Figaro , ce qui menace Obama, en plus des affaires, c'est un bilan législatif squelettique pour ce deuxième mandat à peine commencé. Il vient de se faire rembarrer par le Congrès sur le budget et le contrôle des armes. Au chapitre des atermoiements, il y a encore la Syrie et la fermeture de Guantanamo.

Conclusion d'un des éditorialistes du Washington Post sur le site Internet ce matin : « Ce qui devrait effrayer le public, ce ne sont pas les excès de l'administration, mais son impuissance. »

L'Amérique d'Obama cherche à renouer avec l'Europe au plan économique. Au plan géostratégique c'est une autre affaire. Un événement réellement historique est passé quasiment inaperçu en mars dernier. Le Monde n'en parle que maintenant : « Les derniers chars américains ont quitté l'Allemagne ». C'était le 18 mars dernier. Embarquement à Kaiserslautern des 22 derniers blindés. C'est le lieutenant colonel Marotto qui a prononcé la phrase historique : « Il n'y a plus de chars sur le sol allemand ». Disparition d'une des dernières traces de la guerre froide. Au plus fort, il y en avait 6.000.

Ce que raconte en creux cette histoire, c'est que l'Europe de la défense n'a pas pris le relais. Résumé en une formule de l'analyste François Heisbourg : "Les Russes s'arment, les Etats Unis n'ont pas envie de parler d'Europe, l'Europe n'a pas envie de parler de défense"

Quoi d'autre dans la presse ?

Le vaccin anti sida qui devait être développé à Marseille restera-t-il dans la seringue ? Manque de moyens, rivalités scientifiques : « Qui en veut au vaccin anti-sida ? », demande ce matin La Provence .

« Le terrible récit de l'enseignante ». Titre de Nice Matin aujourd'hui. Une enseignante de la Trinité, dans les Alpes Maritimes, qui s'est donnée la mort la semaine dernière tenait un journal de bord. Elle y raconte le harcèlement de certains élèves et le manque de soutien voire la défiance de sa hiérarchie.

L'héliport de Bernard Tapie à Saint-Tropez. Officiellement, l'homme d'affaires se fait construire un parking. 500 mètres carrés le parking, les voisins l'ont un peu saumâtre. C'est à lire dans Le Parisien-Aujourd’hui en France .

Le coût des premières dames à la baisse. VSD a sorti la calculette. Bernadette Chirac coutait 80.000 Euros par mois au contribuable, Carla Sarkozy 62.000, Valérie Trierweiler 20.000.

La phrase du jour. Mary Higgins Clark, interrogée dans Le Parisien-Aujourd’hui . « Vous n'avez jamais de panne d'inspiration ? - Quand ça m'arrive je pense à deux mots : droits d'auteur. »

Et puis à force de vouloir entretenir le suspense, la fuite est arrivée. Le nouvel album de Daft Punk, « Random access memories » qui sort en principe la semaine prochaine, circule désormais sur internet et même sur iTunes.

Puisque l'album a fuité, voici les premières critiques, pas excellentes, à l'image de celle de Sophian Fanen dans Libération .

Ce n'est la bombe attendue mais "Une bombinette passéiste, succédané clinique de Kool and the gang (vieux groupe des années 80) avec des voix de robots (…). Montagne de groove implacable (…) partout la guitare et la basse sont impeccables mais ronronnent comme le fond sonore d'un épisode de deux flics à Miami. Seules les voix de robot viennent nous rappeler qu'on est en 2013 (…) Depuis quand le passé est-il plus intéressant que le présent ? »

Si le duo de Daft Punk a besoin d'une dose d'humilité, elle lui est fournie par le Parisien. On connait le perfectionnisme des deux Français, prêts à passer des heures sur le moindre détail sonore. On connait leur succès dans le monde entier. He bien hier, le premier tube de ce nouvel album a été détrôné en tête des ventes d'iTunes par une chanson intitulée « Quand il pète il troue son slip ». L'artiste s'appelle Sébastien Patrick.

Nos illusions donnent sur la cour...

A demain

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