Dans les pays populistes, on flatte, nourrit et subventionne les familles et l'on restreint les libertés, grand reportage de l'Obs. Les combattants de leur corps, qui se font opérer au risque de leur vie pour ne plus être obèses, Street press. La montre Oméga d'Apollo 11 revient, en or, pour 1014 heureux, Le Figaro.

On parle de prospérité ce matin...   

Et d'une ville canadienne dont le Point raconte la renaissance, une ville de douces addictions, Smiths Falls à une heure d'Ottawa fut jadis vouée au chocolat, par une usine que des milliers de touristes venaient visiter dans l'arôme du cacao mais en 2008 l'usine ferma et Smiths Falls aurait pu en mourir, d'autres vapeurs l'ont ranimée. La ville du chocolat est aujourd'hui la capitale d'un empire de cannabis, et sous une lumière artificielle, des milliers de plants de marijuana poussent dans l'ex-chocolaterie devenue le siège de Canopy Growth, boulimique start-up qui a surfé sur la politique libérale des gouvernements canadiens... 

Au Canada, le cannabis thérapeutique a été légalisé dès 2001 et le récréatif l'an dernier, et ce qui est chez nous tabou trafic ou hypocrisie est là-bas une industrie cotée en bourse, et la marijane est une nouvelle frontière, on explore dans des laboratoires les mille possibilités de l’herbe séchée, à fumer ou à vaporiser, en huile ou en gélules, bientôt en gâteau et en bonbons et en boisson anti-inflammatoires et aussi en vodka  au THC..  Et l'on imagine à Smith Falls de remplacer les anti-douleurs opiacés et les somnifères. L'économie est ce rêve. Mais quel contraste entre l'excitation de la marijuana canadienne et la sordide âpreté du trafic de cocaïne venu de Guyane que le Monde raconte depuis trois jours, on nous parle comment cette poudre convoyée en métropole par de sages mères et pères de famille devient jusque dans la campagne niortaise, les raisons de meurtres d'enlèvement et de tortures, dans la France des dealers. Le rêve a mal tourné.  

De quoi peut-on rêver dans la presse ce matin? Ah! Le Figaro raconte la montre mythique qui égrenait les secondes le 21 juillet 1969, accrochée par sa bande velcrau aux combinaisons de Buzz Aldrin et de Neil Armstrong tandis que leur module descendait vers la lune. La Speedmaster Omega avait passé les tests de froid (- 18 °C)  et de chaud (+ 93 °C)  et les tests de chocs et de pression et de pesanteur et de magnétisme pour devenir la montre de l'espace. Et 50 ans après, elle égrène encore nos rêves au poignet de Thomas Pesquet et aussi bientôt dans une édition collector pour 1014 élus qui s'offriront la Speedmaster Appolo 11 50ème anniversaire, en or, qu'Omega réédite un demi siècle après notre grand pas... 

Voilà l'histoire ramenée à un objet, ils nous survivent les objets et deviennent d'étranges trésors, qui témoignent aussi de l'enfer. En Russie raconte le Point, encore près de Smolensk, on exhume les restes de la terrible bataille de Valoutina Gora où en 1812 les Français de Napoléon voulurent empêcher la retraite de l'armée russe, et on trouve dans le sol des boutons d'uniformes, des morceaux de tissus; une épée et des balles et des squelettes aussi et dans cet article picaresque on  croise un français flibustier de l'archéologie et sa compagne russe, sublime plastiquement et qui aime Marine Le Pen,  et aussi des pirates de la fouille, qui se moquent bien de la grande armée mais grattent le sol à côté de nos scientifiques à la recherche de vestiges de la seconde guerre mondiale, insignes SS ou de l'armée rouge qu'ils écouteront sur internet... On s'est beaucoup battu sur cette terre russe et les objets et les ossements s'entremêlent...  

On parle de familles aussi ce matin...  

Qui sont un autre rêve, et qui sont me dit l'Obs l'objet de mille attentions dans des pays où la liberté s'amenuise... Et dans cette campagne européenne où l'on s'inquiète chez nous, dans le Parisien, de l'informatique qui retirent des électeurs des listes électorales, l'Obs, est allé voir comment on vit, en Hongrie, en Pologne, en Autriche, en Italie, dans ces pays européens où doucement l'atmosphère devient pesante, quand la directrice d'une école près de Vérone devient un scandale national, car elle a donné du thon et deux crackers à une petite fille de 8 ans chassée de la cantine par la mairie... Quand on chasse les entreprises étrangères et les directeurs de théâtre mal-pensants en Hongrie et l'on force les pauvres, les nuisibles, les Roms à nettoyer les rues pour l'équivalent de 190 euros par mois... Mais avant cela, il y a les familles, et on subventionne en Hongrie les jeunes couples mariés qui attendent un bébé et quand on a quatre enfants, on ne paye plus d'impôts, exonéré à vie. Un étrange bonheur venu d'il y a très longtemps masque ce que les pouvoirs font aux libertés...  

Heureuses familles, braves familles aussi, désespérées parfois. Paris-Normandie raconte Séverine Bommet, de Vernon, 44 ans, dont le fils Aurélien 17 ans, déscolarisé, est devenu papa d'un petit garçon conçu avec une adolescente aussi perdue que lui... La justice veut placer Kaizy qui a 6 mois, Séverine qui travaille pour la ville de Vernon et qui a trois enfants dont elle s'occupe seule, et dont la vie n'a pas été facile, supplie qu'on lui accorde la garde de son petit fils...   

Dans l'Obs encore, d'autres familles ont sauvé leurs enfants lourdement handicapés en les retirant à temps d'un centre dans le Gers, où ils étaient laissés à l'abandon et maltraités, les mains en sang, la peau arrachées ou shootés aux médicaments... C'est l'affaire du centre de Moussaron, où d'autres enfants sont morts, Naïma qui était « un grand bébé enfermé dans un corps d’adulte » et aimait rire et contempler  les brins d’herbe dans les champs, Nael qui n'avait pas 14 ans et ne parlait pas mais aimait caresser le pelage des chevaux et pétrir la pâte des gâteaux, morts dans un scandale sordide qui n'a jamais été réparé en justice...   

Et des combattants de leur corps pour finir...   

Que raconte Street press sur internet, ces français qui risquent leur vie pour ne plus être obèses, qui contraignent ou contournent leur estomac, ou par des agrafes  s'en font retirer les deux-tiers... Ils mentent aux chirurgiens pour être opérés, ils s'encouragent sur des groupes Facebook et comptent les kilos perdus, ils sont une communauté désespérée et pleine de rêves à la fois, ils sont leurs propres bourreaux  et leur fierté...  Un jeune homme dans l'Equipe nous rendra le sourire, dont le corps 1.89 120 kilos est fort comme un corps de rugby.  Voilà Jordan Joseph 3e ligne centre du Racing club de France, 18 ans, champion du monde des moins de 20 ans l'an dernier et avenir du quinze, qui raconte son ambition avec une touchante honnêteté; il vient de Sarcelles, Jordan, il est fait pour jouer au rugby mais ses goûts sont ceux de sa ville et quand il y revient, c'est pour faire un foot avec ses copains, et il apprend sagement, patiemment, dans des vidéos et les conseils des anciens, les rites et l'histoire et les gestes d'un sport qu'il ne connaissait pas quand il en était déjà une vedette...

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