"Dans l'idée de résistance, il y a au départ une obligation de désobéissance à ce qui paraît insupportable"... C'est une phrase signée Lucie Aubrac, en exergue de L'Humanité... "Lucie Aubrac... la passion de la Résistance", titre le quotidien... Comme beaucoup de vos journaux ce matin, L'Huma retrace la vie de cette militante inlassable, morte mercredi soir à 94 ans... "Jusqu'au bout, elle n'avait qu'une idée en tête : convaincre les jeunes qu'ils sont capables de résister... C'est là son legs universel", écrit Jean-Emmanuel Ducoin... Un legs salué également par Dominique Jammet, dans France Soir... "Une fois la tourmente passée, Lucie Aubrac a tenté de faire comprendre à tous ceux qui n'avaient pas vécu les années noires de l'Occupation ce qui avait été en cause, ce qui avait été en jeu... rien moins que la survie de l'humanité... non pas en tant qu'espèce, poursuit l'éditorialiste, mais en tant que principe, en tant qu'exigence morale"... "Son amour de la France et de la liberté forçait le respect... Il nous oblige à nous interroger régulièrement sur notre capacité d'engagement... Pour ça aussi, cette héroïne modeste mérite de gagner le Panthéon"... C'est l'appel de Pascal Barrand, dans Le Journal de la Haute-Marne... Et du coup, Didier Pobel, dans Le Dauphiné Libéré, intitule, lui, son éditorial : "Entre ici, Lucie Aubrac"... reprenant donc le célèbre "Entre ici, Jean Moulin" d'André Malraux, lors du transfert des cendres du chef de la Résistance au Panthéon... Alors dans la série "résister", ce matin... Il y a "résister au politiquement correct"... Pour ça, direction la presse internationale... La compilation, dans Courrier International, des articles les plus méchants sur les candidats à l'Elysée, a le mérite d'être savoureuse... Bon alors d'accord, vous avez le droit de râler... Il n'y en a que pour Sarkozy et Royal... un petit peu pour Bayrou aussi... Mais bon... le candidat centriste, la presse étrangère le découvre à peine... Et ça se résume à un "comment haïr un si gentil garçon ?", dans The Economist... qui dresse le portrait d'un François Bayrou "affable, catholique pratiquant et, à vrai dire, un rien ennuyeux"... Plus violents, les propos concernant Nicolas Sarkozy... "un Rastignac hongrois", pour le journal moscovite Ogoniok... qui explique : "ce fils de réfugié ambitieux veut représenter ceux qui savent jouer des coudes et ne craignent pas la concurrence"... Le candidat de l'UMP habillé pour l'hiver par la presse allemande... "S'il y avait en Europe un concours pour désigner l'homme politique le plus ambitieux et le plus impitoyable, Sarkozy aurait la médaille d'or"... Ca, c'est signé du Frankfurter Allgemeine Zeitung... Dans le Sueddeutsche Zeitung, à Munich, le ministre-candidat est "un macho sans scrupules, qui a un avis sur tout, et va jouer sur la peur des gens pour gagner"... "Surtout pas lui !", s'écrie Die Tageszeitung... pour qui Nicolas Sarkozy à l'Elysée signifierait la fin de l'exception diplomatique française... "S'il avait été au pouvoir, Paris ne se serait jamais opposé à la guerre en Irak en 2003"... Quant à Ségolène Royal... Elle se fait étriller par Edurne Uriarte, dans ABC... "On nous trace le roman de la jeune, belle et innocente gazelle confrontée aux éléphants du PS... ces vieux leaders sclérosés collés au fauteuil du pouvoir... Mais cette muse du renouveau appartient à la direction du PS depuis qu'elle a quitté l'université... Royal est éléphante jusqu'au bout des défenses"... Dans le journal hollandais Trouw, cette petite phrase cinglante... "La femme est peut-être l'avenir de l'homme, mais certainement pas Ségolène Royal"... Autre extrait... l'article repris dans Il Giornale... le quotidien milanais... "Ségolène Royal, c'est le John Kennedy de la France... John Kennedy était tellement beau et jeune que ses collaborateurs trouvaient son charme nuisible, parce qu'il risquait de donner aux Américains une image peu crédible et trop frivole face à Nixon, austère et laid, mais conforme à l'idée que l'on se faisait d'un homme destiné à gouverner... C'est au contraire grâce à son charme que Kennedy a eu le dessus, ouvrant magistralement à la beauté les portes de la politique moderne... Et la quinquagénaire Royal est consciente d'être la digne héritière de cette vieille histoire, où beauté et séduction, si elles sont utilisées astucieusement, confèrent un pouvoir énorme"... Bon allez... Ségolène Royal, ce matin, elle pourra se consoler en lisant la presse française... Parce que là, eh bien l'éléphante, elle fait plutôt un tabac... Elle a bien fait, hier soir sur France 2, de dire qu'elle reprenait sa liberté à l'égard du Parti Socialiste... Cette petite phrase est quasiment sur toutes les Unes... Dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau est sous le charme... "Il fallait qu'elle reprenne les choses en main... Et hier soir, elle a réussi, plutôt brillamment... On a pu retrouver la candidate qui, il y a quelques mois, faisait preuve de nouveauté... quand elle n'était pas encore coincée, comme elle l'a reconnu, par le poids du Parti Socialiste"... Jacques Camus se fait un peu plus dubitatif dans La République du Centre... "Madame Royal a décidé de redevenir la fraîche et conquérante Ségolène... Elle est redevenue la candidate du Pacte présidentiel, et non plus celle du Parti Socialiste"... Pour l'éditorialiste, tout bien réfléchi, "c'est un retour à la case départ"... En même temps... "Que dira-t-on d'elle au soir du premier tour ?... Qu'elle a été butée, aveugle et sourde, enfermée dans sa certitude d'avoir raison toute seule... Ou bien qu'elle a été formidablement déterminée, sentant mieux les choses que quiconque, sachant précisément où aller et comment y aller"... C'est Michel Richard, dans Le Midi Libre, qui pose la question... Alors bien sûr, cela dépendra du résultat : victoire ou défaite... Dans les deux cas, elle ne le devra qu'à elle-même... "Qui a jamais pu penser, conclut l'éditorialiste, qu'elle se laisserait banaliser par les éléphants ?"... La beauté... On en parlait il y a quelques instants comme marche d'accession au pouvoir... Le Monde 2 s'intéresse aux diktats des grands titres de la presse féminine... Minceur de rigueur en couverture... et titres faussement diététiques à l'approche de l'été... Les injonctions se suivent... du type "On désamorce l'apéro"... "On croque des carottes crues"... "On zappe le riz et les pâtes"... Bref, interdit de s'abandonner aux douceurs des vacances... C'est, titre l'hebdomadaire, "Parano dans l'assiette"... Parce que "on ne se nourrit plus, on compte les calories... On ne déguste plus, on avale des nutriments... Manger, cet acte élémentaire qui devrait être un plaisir, devient angoissant"... Et pourtant, pourtant, explique Le Monde 2... "Une expérience, menée auprès d'enfants de 4 ans, confirme que tout individu normalement constitué mange naturellement la quantité d'aliments qui correspond à ses besoins énergétiques... C'est le génie de notre cerveau gourmand", analyse un spécialiste des neurosciences... Du coup, les vrais conseils, c'est "manger à sa faim"... "reconnaître ses appétits"... "préférer les sensations fortes du vrai produit au light"... "Il faut démédicaliser la nourriture... perpétuer nos traditions culinaires, familiales, régionales... notre cuisine, grande et petite... nos plats traditionnels... Il faut transformer les repas en moments de détente"...

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