Comme tout le monde, je savais qu'il existait en France des dresseurs d'animaux : dresseurs de chiens et de chevaux... dresseurs aussi de lions, de singes ou d'otaries (il y en a dans les cirques)... Or, ce matin, en feuilletant France-Soir, j'ai découvert qu'il y avait également des dresseurs de facteurs... Cela se passe en Poitou-Charentes... Et c'est Ghislaine Bertin-Denis qui raconte... Depuis l'an dernier, des postiers de la région ont droit à une formation de 48 heures, avec un éducateur canin... Il s'appelle Patrick Rouchon... Et il leur apprend comment faire face et s'adapter à l'approche d'un chien, suivant sa race, son attitude et sa corpulence... Sujet léger a priori, mais l'affaire est pourtant sérieuse... C'est même un phénomène de société car, chaque année, dans l'Hexagone, environ 1500 facteurs sont mordus lors de leurs tournées... "Certains partent au travail la peur au ventre", témoigne le dresseur, en indiquant dans le journal quelques-uns de ses conseils : si un chien se met à vous courser, ne hurlez pas, ne courez pas, mais immobilisez-vous, transformez-vous en statue... a priori, les chiens n'attaquent pas les statues ; si toutefois il s'élance vers vous, là, jetez-vous au sol et adoptez la position du hérisson... j'imagine que cela signifie se mettre en boule... De l'art de dresser les facteurs, quand on ne peut pas dresser les chiens qui les mordent... C'est d'ailleurs un facteur qui, ce matin, fait la Une du Figaro... lequel s'inquiète des envies révolutionnaires d'Olivier Besancenot, à l'approche de la journée de grève de jeudi... Oui, ce n'est pas parce qu'il a été mordu par un chien que le facteur de Neuilly fait aujourd'hui la Une... plutôt parce qu'il aurait lui-même envie de mordre... et mordre, en l'occurrence, les mollets du gouvernement... "Besancenot et l'extrême-gauche veulent politiser la grève de jeudi", titre ainsi Le Figaro... qui précise que les militants du Nouveau Parti Anticapitaliste défendent aujourd'hui le principe d'une grève longue et générale, s'inspirant pour cela de ce qui vient de se passer en Guadeloupe... "L'unité et la radicalité : voilà les bons mots d'ordre", expliquait hier Besancenot au Journal du Dimanche... Dénonçant la politique de classes menée par le chef de l'Etat, il estime que le LKP est un exemple à suivre, et qu'il faudrait faire des collectifs contre la "profitasyon" partout en France... Des propos rappelés ce matin par Nicolas Barotte... qui pointe également ce sondage BVA paru vendredi, lequel montrait que Besancenot était jugé aussi crédible que Nicolas Sarkozy... d'où l'inquiétude donc, ce matin, du Figaro... Point de vue bien différent, évidemment, à la Une de L'Humanité... Là, il n'est plus question de l'extrême-gauche, mais plus largement de la colère qui gagne le pays... "Une colère qui gronde", titre le quotidien... qui propose un dossier de six pages sur la ville de Grenoble... "Grenoble, une ville avant le 19 mars"... Reportages, portraits et rencontres, à travers lesquels le journal explique que le mécontentement touche aussi bien les cadres de Hewlett-Packard que les ouvriers de Sintertech... Les cadres, les ouvriers, mais également les universitaires, chercheurs et étudiants, les personnels de la culture ou encore les blouses blanches... "Si ça continue, on est prêt à demander tous une mutation collective, parce qu'on n'a plus les moyens de travailler", prévient ainsi le responsable CGT du CHU de Grenoble... Pas assez de moyens... Pas assez de bras... Et pas assez d'argent, bien sûr, comme l'explique Stéphane Fantini... Il a 35 ans, et il est caissier à mi-temps dans un cinéma du centre-ville de Grenoble... Pour joindre les deux bouts, il cumule trois emplois... Résultat : 1250 € mensuels de salaires... "Si mes parents ne m'aidaient pas, je ne boufferais pas", dit-il... Les motifs de la colère sont donc divers et variés... Et dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, vous lirez "comment l'Elysée prépare ce jeudi noir"... C'est le titre du journal... papier de Nathalie Schuck... Aujourd'hui, deux conseillers du chef de l'Etat, Raymond Soubie et Jean-Michel Goudard, ont convoqué plusieurs ministres à l'Elysée, ainsi que Xavier Bertrand et Frédéric Lefebvre (le porte-parole de l'UMP)... Objectif : visser la communication... Leur consigne : faire savoir que le gouvernement s'attelle à appliquer au plus vite les mesures décidées lors du Sommet social du 18 février... Dans les heures et les jours qui viennent, voilà donc ce que devraient dire les ministres de l'UMP : le gouvernement s'attelle à appliquer au plus vite les mesures décidées lors du Sommet social du 18 février... sachant que le Président de la République a prévenu : il n'a pas l'intention de convoquer un autre Sommet social après la journée de jeudi... Le Président de la République qui, d'après Libération, penserait déjà à la suite... Pour l'heure, ce n'était que des supputations, mais désormais ce serait plus clair : Nicolas Sarkozy envisage de se représenter en 2012... "Sarkozy archi prêt à rempiler" : ça, c'est le titre du papier que signent Antoine Guiral et Annette Levy-Willard... "Il sera là, à l'Elysée, à la tête du pays, longtemps, bien au-delà des cinq ans de son premier mandat"... C'est en tout cas ce qu'ont entendu les architectes qu'il a reçus vendredi après-midi pour donner le feu vert à son projet de Grand Paris... "J'espère que vous m'aiderez à être réélu, parce qu'il faut du temps pour faire tout ça", ont entendu certains de ses invités... En l'absence de la presse à cette réunion au sommet, le Président s'est ainsi laissé à la confidence sur sa volonté de rester à l'Elysée au-delà de 2012... D'ailleurs, expliquent les journalistes de Libération, il l'a récemment dit à plusieurs de ses ministres... A l'entendre, personne ne serait, de toute façon, à la hauteur de la fonction, que ce soit à gauche comme à droite... Et il faudrait donc qu'il se sacrifie, une nouvelle fois, lors des prochaines élections... Nicolas Sarkozy, incarnation du sacrifice... C'est tout de même une information... Dans le même temps, France-Soir revient ce matin sur la polémique de ses vacances mexicaines... Ce week-end, le gouvernement mexicain a déclaré que le Président français et son épouse avaient en fait été hébergés par des chefs d'entreprise... Mais l'Elysée a réaffirmé qu'ils avaient été invités par le Président mexicain... Qui dit vrai ?... Qui dit faux ?... On ne le sait toujours pas... Et c'est une autre polémique qui continue, ce matin, d'agiter les sites Internet : on reparle de l'affaire Pérol... Avec d'abord les révélations de Laurent Mauduit, sur MédiaPart... Petit rappel des faits... François Pérol, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, a été propulsé par Nicolas Sarkozy à la présidence de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne et de la Banque Populaire, en vue de préparer leur fusion et de sortir de la crise leur filiale commune, Natixis... nomination sans l'aval de la désormais célèbre Commission de déontologie de la fonction publique... Or, il se trouve que François Pérol a perçu en 2006 pour près de 2 millions d'euros d'honoraires, versés par... Natixis... Nouvelle preuve de conflit d'intérêts... qui, d'après MédiaPart, pourrait faire rebondir l'affaire... D'où cette question également, sur le site Rue89 : "François Pérol finira-t-il devant un juge ?"... D'après le site, en tout cas, il y aurait des raisons... De son côté, le site Bakchich déterre ce matin un rapport d'audit interne du Parlement européen... rapport qui dézingue à la fois les députés européens ainsi que leurs assistants parlementaires... où l'on découvre que le salaire des assistants dépasse les 136 millions d'euros chaque année : plus de 10% du budget total du Parlement... Et tout cela, dans la plus grande opacité... Certains assistants cumuleraient les indemnités... Des députés se feraient rembourser des frais sans justificatifs... Danny Cohn-Bendit, je ne sais pas si vous connaissez l'existence de ce rapport... Est-ce que vous ne pensez pas qu'il faudrait plutôt de la transparence quant aux salaires des assistants du Parlement européen ? (...) Pour le reste, tous les journaux, ce matin, évoquent l'ouverture du procès de Josef Fritzl, cet Autrichien jugé pour avoir séquestré et violé sa fille durant 24 ans... Le sujet fait aussi la Une de la presse autrichienne... Ainsi, le journal Österreich, qui fait de lui un long portrait... Il propose le témoignage de l'un de ses anciens amis, qui raconte l'un de leurs voyages en Thaïlande : "Mes vacances avec le monstre"... "Aucun homme n'est naturellement mauvais", précise toutefois un psychiatre dans les colonnes de Die Presse... Ce matin encore, tous les journaux rendent par ailleurs hommage à Alain Bashung... Numéro spécial de Libération : un dossier d'une douzaine de pages, des extraits de chansons, et à la Une une grande photo : "Les vertiges de la vie"... Tous les journaux reviennent enfin sur l'anniversaire des Guignols, sur Canal+... "Vingt ans après, les Guignols sont toujours aussi mordants", titre ainsi Le Parisien-Aujourd'hui en France... dans lequel on apprend que certains essaient parfois d'infléchir le caractère de leur marionnette... C'est ce qu'a tenté de faire notamment Jean-Pierre Elkabbach... mais aussi Béatrice Schönberg : elle a appelé l'équipe pour dire qu'elle n'aimait pas vraiment la marionnette de son mari Jean-Louis Borloo... Nous, on la trouve plutôt drôle... comme on trouve drôle aussi la marionnette de Jacques Chirac qui, on l'a dit ici, s'est récemment fait mordre par son chien Sumo... Si vous n'avez pas entendu le début de la revue de presse, Monsieur Chirac, un conseil : la prochaine fois que Sumo s'approche de vous, vous vous jetez au sol et vous faites le hérisson...

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