On commence par le cardinal Barbarin dans la tourmente…

« En juin 2009, de passage à Paris, monseigneur Barbarin accepte de rencontrer Pierre », Pierre est cette victime du père Jérôme Billioud, un curé lyonnais qu’il accuse de harcèlement sexuel, il avait alors 16 ans. La rencontre est racontée ce matin dans Aujourd’hui en France/le Parisien. Elle se déroule au Train Bleu, restaurant de la gare de Lyon, les deux hommes s’isolent, Pierre se confie, « attentif, écrivent les journalistes, son interlocuteur confirme qu’il n’a aucun doute sur la réalité des faits, le prêtre les a reconnus devant lui, Barbarin évoque même une autre affaire inconnue de Pierre, une condamnation du père Billioud pour exhibitionnisme. « je vous demande pardon en son nom » lâche le prélat. Pierre lui annonce qu’il va porter plainte, Barbarin ne l’encourage ni le dissuade. Pierre est alors convaincu que le curé va être écarté de sa paroisse pour être éloigné des enfants…Ce que monseigneur Barbarin fera effectivement…mais sept ans après cette rencontre au Train Bleu. Sept ans ! la suspension du prêtre lui a en effet été notifiée seulement le weekend dernier, juste avant que l’affaire n’éclate au grand jour »

Un témoignage accablant sur l’inertie de Monseigneur Barbarin pendant toutes ces années. «Jamais, jamais je n’ai couvert le moindre acte de pédophilie » s’est-il défendu hier, écartant d’ailleurs avec une certaine désinvolture que les actes commis sur à 16 ans, relèvent de la pédophilie…Son inertie est pourtant jugée avec sévérité dans la presse ce matin. « Le cardinal n’a peut être pas péché par action, mais il a péché par omission » accuse Bruno Dive dans Sud-Ouest, « Si Monseigneur Barbarin a juridiquement raison, il a moralement tort » renchérit Patrice Chabanet du Journal de la Haute-Marne. Guillaume Goubert, dans son édito à la Une de La Croix, rappelle que la conférence des évêques a « heureusement été une des premières à se doter de procédures précises pour traiter les cas de pédophilie, pour autant, les catholiques, et pas seulement la hiérarchie précise t il, ont trop longtemps cherché la protection du silence pour protéger la réputation de l’Eglise. Un tel silence se paie très cher… »

Il n’y a guère que dans le Figaro, sous la plume de Jean Marie Guénois, qu’on juge que cette curée anti barbarin, menée par le premier ministre lui-même hier qui lui demandait de prendre ses responsabilités, que cette curée donc a peut être quelque chose à voir avec son rôle de premier plan contre le mariage pour tous. « Certains affirme Guénois, ne lui ont jamais pardonné ses prises de position »…théorie du complot assez éloignée des faits révélés notamment ce matin

Réaction Larcher ? valls a dit » prendre ses responsabilités »

On poursuit avec les révélations sur un médecin au CV qui pose question…

Le Canard Enchaîné le surnomme « Docteur Diesel ». Et Libération nous dit tout de ce médiatique pneumologue, le docteur Michel Aubier qui n’a de cesse sur les plateaux de télé de minimiser les effets du diesel sur la santé, affirmant que les effets cancérogènes des particules fines ne sont pas démontrées ; le hic, c’est d’abord que toutes les études, celles de l’OMS en tête, démontrent le contraire, le hic surtout c’est que ce grand optimiste est aussi depuis plus de 20 ans le médecin conseil de …Total, Total le géant pétrolier vendeur de Diesel…une double casquette que le pneumologue a omis de signaler notamment lorsqu’il a été auditionné par la commission d’enquête du Sénat sur le coût économique et financier de la pollution de l’air, jurant même « n’avoir aucun lien d’intérêt avec les acteurs économiques ». Libération révèle que Martin Hirsch, patron de l’APHP est furieux de devoir gérer un éventuel parjure devant le sénat… le médecin lui nie tout conflit d’intérêt « Mes activités chez Total n’influencent absolument pas mon jugement ». D’ailleurs confie-t-il au Canard Enchaîné, « Si j’ai oublié de les mentionner, c’est juste que c’est tellement éloigné de ma spécialité…Je dois être un peu naïf ou distrait ».

Distraction toujours peut être : Le Canard révèle également en effet que les nouvelles normes européennes fort avantageuses pour les fabricants d’automobiles établies en octobre dernier, découlent directement, d’un rendez-vous secret entre les constructeurs et un haut responsable de la commission de Bruxelles. Rendez-vous dominical informel, non noté dans les tablettes bruxelloises, ce qui est interdit car toute rencontre avec les lobbies doit être rendue publique. Distraction donc, mais c’est le résultat qui compte, les fabricants pourront dépasser les normes de 110% jusqu’en 2019 !

La confirmation du dégel du point d’indice des fonctionnaires, hier, par Manuel Valls, suscite quelque ironie dans la presse ce matin :

Ironie ou Angoisse : Cadeau…c’est dans la liste des cadeaux que François Hollande fait pour dit il, « lancer la chasse aux déçus » que Le Parisien range cette mesure, une annonce jugée miraculeuse par les syndicats eux-mêmes. « Valls tente un coup, dégonfler par tous les bouts la mobilisation contre la loi travail du 31 mars » explique un syndicaliste. Des syndicats qui ne s’en laissent pas compter pour autant, « ce qui est pris est pris dit Force ouvrière, mais ça ne suffit pas »…

Angoisse pour le Figaro qui juge, qu’entre les fonctionnaires et l’extension de la garantie jeune, Hollande relance les dépenses et que ça va coûter cher. Dérapages clientélistes bien connus en période pré électorale, reconnait le journal, en 2012, Nicolas Sarkozy n’avait pas hésité à consommer sur trois mois 80% de l’enveloppe consacrée aux emplois aidés…

Les paradis fiscaux ? ça existe toujours, mais désormais, on sait ce que ça rapporte. Depuis que les banques françaises sont tenues de rendre publics les bénéfices de chacune de leurs filiales, on découvre que c’est 5 milliards de bénéfices qu’elles ont engrangé en 2014 en plaçant leur argent dans des pays à la « fiscalité avantageuse » comme on dit pudiquement. Soit 1 tiers de leurs profits internationaux selon un rapport d’Oxfam, CCFD terres solidaires et le secours catholique rendu public ce matin dans le Parisien.

On termine par une envie d'escapade

Conseils de lecture, deux rencontres avec deux artistes formidables, le peintre Miquel Barcelo dans Télérama et le pape du Street Art, Ernest pignon Ernest, dans le magazine Causette du mois de mars. Intelligence, respiration, modestie, ouverture au monde…qui nous poussent à tout plaquer pour partir à Naples découvrir au fil des rues les collages des femmes mystiques de Ernest Pignon Ernest, ou nous précipiter à Paris au musée Picasso ou à la BNF où s’ouvre une double expo de Barcelo. Pas sûr de vous dire à demain !

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