Bardot dans Valeurs Actuelles se lâche, elle hait le présent. Les 100 premiers jours de Marine le Pen, La stratégie d'entrisme de Sens commun chez les Républicains.

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence ce matin par du cinéma

Non, en fait pas vraiment, on commence par une actrice, immense actrice, retirée des plateaux depuis bien longtemps et qui consacre depuis sa vie à la sauvegarde et au bien-être des animaux. Vous aurez reconnu évidemment Brigitte Bardot. Brigitte Bardot qui à l’occasion de la sortie d’un livre, se confie cette semaine à André Bercoff dans Valeurs Actuelles. Et autant vous dire qu’elle est bien, mais alors, bien dans la ligne du magazine. Le Huffington post parle de « Bardot en roue libre ». Voilà ce que ça donne : Brigitte Bardot se dit « désespérée » par l’état du pays, état dont elle rend responsable la gauche, qui au nom de l’égalitarisme et « autres foutaises démagogiques » dit-elle, a tout nivelé par le bas, la gauche et un peu la droite aussi, qui ont installé le communautarisme en France, et les islamistes, Bardot qui voit des burqas partout dans le pays se désole-t-elle. Des burqas à la Madrague, c’est une info.« Je ne me suis pas battue contre l’Algérie française pour accepter une France algérienne »… Bardot dont le dégoût du présent, n’épargne rien ni personne, et pas le cinéma d’aujourd’hui « Où sont les héros ? Qui a remplacé Delon ? Il n’y a plus que des barbus et des actrices à cheveux gras qui se font violer dans les coins et qui trouvent des excuses à leurs agresseurs». Tout dans la mesure…Alors qui pour sauver la France, pour oser dire comme le général de Gaulle et Nadine Morano, dit elle, qu’elle est une nation en majorité blanche et chrétienne ? Et bien, Marine le Pen bien sûr, qu’elle aime beaucoup dit elle, et depuis longtemps, mais aussi François Fillon… « Franchement ce qu’on lui reproche, ce sont des conneries que la majorité des représentants du peuple pratique » estime t elle. Sortir de l’Europe, oui, de l’euro, ça elle en est moins sûre…On appréciera au passage le niveau de langage de l’ex-actrice de Godard : « Bruxelles nous casse les burnes » ou encore « comme disait mon grand-père, il y a de quoi se les prendre et se les mordre ».

On aurait peut-être dû parler cinéma finalement…

Dans l’Obs cette semaine, une politique fiction qui devrait intéresser notre invité.

Les 100 premiers jours de Marine le Pen à l’Elysée. Pour les imaginer, l’Obs s’est livré à un exercice empruntant nécessairement à la fiction, mais pour partie seulement affirme-t-il, car l’objectif était de rester le plus journalistique possible, en partant du programme du FN, pour en mesurer les conséquences prévisibles. Ca commence forcément par le visage de Marine le Pen, s’affichant à 20H le 7 mai sur tous les écrans du pays. Ca raconte la fête au Puy du fou organisé par Philippe de Villiers, la panique qui saisit l’Elysée, son secrétaire général Jean-Pierre Jouyet qui assiste impuissant à la fuite des investisseurs étrangers. Ca raconte les manifs de « résistance » dans les grandes villes de France le jour de la passation de pouvoir. Ca raconte surtout la stratégie de la nouvelle présidente : elle adorerait faire valser très vite les têtes, de magistrats, de hauts fonctionnaires, de journalistes, mais elle attend son heure. D’abord, gagner les législatives, puis dans la foulée le référendum sur la révision constitutionnelle. Nicolas Dupont-Aignan est nommé premier ministre, vous-même Nicolas Bay ministre de l’Intérieur, sa nièce devient garde des Sceaux pour surveiller avec vigilance les affaires en cours autour du FN, le républicain Thierry Mariani accepte le Quai d’Orsay, son rêve, un ministère de l’assimilation est créé. Philippe Vardon, ex leader des identitaires devient conseiller en affaires sensibles, il se charge de remplacer les hauts dignitaires de la police pour pouvoir à terme interdire les manifs, il met en image avec quelques media complaisants, les descentes musclées dans les banlieues, ou la reprise du contrôle des frontières…Majorité bancale à l’issue des législatives, mais la présidente pourra s’appuyer sur le soutien, « au cas par cas, sur certains textes » a-t il dit, du nouveau patron des Républicains Laurent Wauquiez. Référendum gagné malgré les mises en garde des constitutionnalistes sur le changement de régime auquel il aboutit. Marine le Pen va dire son fait à Angela Merkel en Allemagne, une chancelière contrainte de trouver un compromis avec elle sous peine de voir définitivement exploser l’Europe. Début août, point d’orgue de ces 100 premiers jours, elle est reçue par un Poutine aux anges, dans sa résidence présidentielle, elle lui a déjà promis la reconnaissance officielle de la Crimée et son soutien à l’engagement militaire de la Russie en Syrie.

Récit assez crédible…les journalistes de l’Obs se sont juste fait un petit plaisir en chute de leur article: « seule l’évacuation sanitaire d’Eric Zemmour, qui accompagne la présidente en Russie, a troublé le nouvel ordre mondial écrivent- ils. Il a été victime d’une allergie au caviar en pleine réception »

Dans la galaxie de la « nouvelle droite », une enquête ce matin Hélène

Enquête sur Sens commun, « l’Armée secrète de François Fillon » titre le quinzomadaire, Society . Une enquête de Pierre Boisson qui raconte comment cette émanation de la Manif pour tous est sans doute celle qui a sauvé la candidature de François Fillon, en étant l’organisatrice principale de la manifestation au Trocadéro le 5 mars dernier. Mais ce qui est très intéressant, c’est la description de la stratégie d’entrisme de ce petit parti politique qui prône le retour à un ordre conservateur fondé sur la Famille, l’autorité et la Nation. Un parti né au lendemain du vote de la loi Taubira sur le mariage pour Tous, qui a pris acte explique t il de « la dé-corrélation entre le mouvement de fond populaire qui a mis des centaines de milliers de personnes dans la rue, et son manque de représentation politique ». Et qui a donc fait le pari, avec Madeleine de Jessey et quelques autres, d’une tactique sous marine, diffuser discrètement mais sur le long terme les idées néo conservatrices. Pas comme le Tea party aux Etats-unis, mais en prenant d’assaut l’Ump, puis les Républicains. Stratégie gagnante. Les équipes de Bruno le Maire et Alain Juppé ralliés à Fillon après sa victoire à la primaire racontent leur ébahissement : « à la réunion de réorganisation de l’équipe de campagne, on a vu que Sens commun était autour de la table, sans que personne ne comprenne pourquoi ». Le pôle société civile par exemple, est noyauté par ses membres. Petit parti donc, mais grande capacité de mobilisation grâce aux amitiés nouées pendant La manif pour tous, et qui bénéficie du relais des medias conservateurs, de Valeurs actuelles à Figarovox. Mais si François Fillon, qu’ils ont contribué à sauver malgré leur discours sur l’éthique en politique, perdait malgré tout ? « Notre objectif se trouve à bien plus long terme » explique aujourd’hui Madeleine de Jessey…qui s’est promis de liquider « l’héritage de 1968 »…mais pas semble-t-il, les stratégies d’entrisme qui étaient alors plutôt celles, de l’extrême gauche française.

Vous auriez pu commencer par du cinéma, on termine par du cinéma Hélène ?

Avec une autre actrice, Catherine Deneuve à l’affiche de « Sage femme » de Martin provost, elle parlera cinéma avec Augustin Trappenard dans Boomerang ce matin ; mais d’un entretien accordé à l’Obs cette semaine, j’ai retenu moi, une phrase. Catherine Deneuve refuse comme elle l’a toujours fait de prendre parti dans la campagne présidentielle en cours, même si elle s’insurge contre la caricature qui a été faite de François Hollande « alors qu’il a été exemplaire au moment des attentats »souligne-t-elle, mais elle dit « je m’engage pour un seul parti moi, celui de la lecture des journaux », des journaux qu’elle lit tous les jours, qu’elle garde, qu’elle découpe raconte t elle. Alors je lui lance un appel : à quand Catherine Deneuve faisant la revue de presse sur France Inter ???

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