""C'était impensable de ne pas passer à la casserole." Le Monde raconte des femmes journalistes qui se souviennent de Patrick Poivre d'Arvor. Le parisien raconte des prédateurs de jeunes filles devenues chair à films pornos. Des musées renoncent aux chiffres romains, regrette le Figaro au rendez-vous du déclin.

On parle d'une vieille dame...  

Qui avec une enfant est allée en Allemagne retrouver le chemin de son frère résistant assassiné dans un camp nazi et le film tiré de leur voyage, Colette, est nominé pour les Oscars... C'est la Voix du Nord qui nous amène Colette Marin-Catherine, 92 ans, son frère se prénommait Jean-Pierre, il est mort en mars 1945, 10 jours après ses 19 ans, au camp de Dora où l'Allemagne faisait fabriquer ses fusées par des déportés esclaves. En 2019, Colette est allée à Dora, accompagnée par Lucie Fouble, une jeune fille lumineuse et sage, alors agée de 17 ans, future historienne, et bénévole à la Coupole, un musée dédié à la Résistance près de Saint-Omer, où l'on travaille sur les 9000 déportés français de Dora....  La rencontre s'est faite par un cinéaste américain et une productrice française. A l'arrivée cela donne donc un voyage filmé  où Lucie soutient Colette qui est à son bras, pousse parfois son fauteuil et puis l'interroge, et Colette de sa voix fière, à peine marbrée de chagrin, raconte sa mémoire, sa maman qui était courageuse, avait elle mis au monde Jean-Pierre pour qu'il souffre à ce point?   

Le film n'a jamais été projeté en France mais on peut le voir sur une plateforme dédiée aux documentaires du journal anglais le Guardian, une chance, le Guardian, indispensable journal, est d'accès gratuit, mais il accepte les dons. Tôt ce matin je suis allé regarder des images d'une infinie infinies délicatesse. A la fin du film, Colette offre à Lucie une bague de métal que Jean-Pierre avait fabriquée pour sa mère et n'avait pas pu finir, elle lui dit, quand tu seras centenaire, tu te souviendras...  J'ai lu aussi, je vous mettrai les liens, quelques rares articles de journaux qui avant la Voix du Nord ont raconté Jean-Pierre, Colette, leur famille de braves de Normandie, en 1944 à la Libération, Colette soignait les blessés à l'hôpital de Bayeux, quand elle appris après guerre que Jean-Pierre était mort, elle se replia avec sa mère sur leur chagrin. "Au village, plus personne n'avait envie de fréquenter une famille en deuil" disait-elle à Ouest-France il y a 6 ans; la voilà devenue immortelle, en ces jours où une maladie, et tant de peurs prennent tant de place dans nos âmes dans  nos journaux.  

Le vaccin Astra Zeneca occupe ce matin tant de Unes, celle de la Provence, l'ombre d'un doute, a la politesse d'être élégante, celle de Nice-Matin, crise de foi, suggère l'irrationalité du moment. Le dessin de Sud-Ouest signé Urbs lui est un sarcasme, Emmanuel Macron dit ceci, "nous suspendons les vaccins que nous n'avons pas reçus".  

Les Echos nous disent subtilement l'écroulement du monde, sous le poids des constructions et par le pompage des eaux souterrraines, le sol s'enfonce sous les grandes villes, cela concerne un être humain sur cinq.   

L'Equipe et le Parisien nous disent la peur des footballeurs que des malandrins cambriolent et qui ont peur aussi pour leur famille, avant Di Maria et Marquinhos, d'autres joueurs furent des victimes, on n'échappe pas au monde, même les stars sont vulnérables...   

Et on parle d'une vedette de la télévision....   

Patrick Poivre d'Arvor, que des femmes journalistes  racontent dans le Monde comme un homme qui ne supposait pas qu'on puisse lui dire non. Leurs récits rejoignent  celui de l'écrivaine Florence Porcel, qui a porté plainte  pour viol contre l'ancien présentateur du 20 heures... PPDA aimait questionner des jeunes femmes, c'était sa marque, étaient-elles en couple, étaient-elles fidèles, et puis les invitait dans son bureau sublime ou ailleurs, le Monde raconte ensuite des scène sexuelles, avec des mains d'homme vieux bientôt insidieuses enveloppantes qui épluchent les vêtements d'une jeune femme qui se sent comme un pantin, parfois l'homme s'impose, trois récits, dit le Monde s'apparentent à un viol, parfois la femme consent si le mot a un sens. mais tout autant impossible le dire,  je savais bien si je disais quelque chose, il y avait un tel déséquilibre que je serais la pute et lu le séducteur", raconte la journaliste Hélène Devynck, au souvenir  d'un "petit coup vite fait mal fait" où elle céda serrant les dents et étouffant ses larmes.  

On touche ici au sordide de la puissance. On entend aussi dans le Monde une défense. Morgane, la fille PPDA , sachant que le Monde enquêtait sur son père, a envoyé au journal son propre témoignage. Elle se souvient que des femmes éprises de l'idée de son père dormaient sur le seuil de leur porte, chantaient sous leurs fenêtres, la harcelaient, elle et sa sœur, pour obtenir un rendez-vous.   

Tout peut être est vrai .   

Dans le Parisien, on parle de prédateurs sans  gloire qui piégeaient de bien jeunes femmes aux vies difficiles en leur disant qu'elles étaient belles sur le réseaux sociaux, et en faisaient des personnages de films pornos amateurs, à la douleur et à la peur s'ajoutait la honte d'être vue dans son quartier.

C'est ce genre de récit dans nos journaux qui nous minent, on les conjure en allant chercher de belles âmes, ou simplement l'amour.   Dans Ouest-France vous rencontrez Damien Bouillon,  47 ans, qui travaille chez Renault au site de Sandouville. Homosexuel, il a connu les bassesses mais il aimé, en 2014 il se mariait sous la protection de la police, c'était l'époque des manifestations contre le mariage pour tous, en 2017, mari décédait d'un cancer,  et ayant tout perdu, Damien a voulu rendre aux autres le bonheur qu'il avait connu avec lui: il milite, référent LGBT + chez Renault, un poste inventé par l'entreprise pour combattre la bêtise, Damien pense que son époux serait fier...  

Et on parle enfin de chiffres...  

Les beaux chiffres romains, Louis Croix Vé bâton, comme disaient les Inconnus pour parler de louis XVI, que depuis Astérix et les affiches de Rocky chacun devrait savoir lire, mais non, le Figaro fidèle au poste de nos déclins nous dit que le musée Carnavalet, après le Louvre, remplace la numérotation en lettres par des chiffres arabes classiques, parce que tout le monde comprend: Louis 14, 1 4, cela pique un peu les yeux dit le Figaro, ainsi change le monde.   

Dans le Figaro encore on me parle du Wyoming où l'on produit du charbon, qui proteste contre les projets verts de Monsieur Biden, c'est un état républicain le Wyoming, à l'exception d'un comté paradisiaque, Teton, dans la montagne, relié au monde par un aéroport privé: y affluent des milliardaires venus notamment du numérique, c'est le coin le plus riche des Etats-Unis, on y vote démocrate, je vous laisse méditer.   

A Saint-Maur nous dit Libération dans un joli article, on veut préserver d'un projet immobilier un chêne qui fut planté sous Henri IV. 

A Amiens, quartier Etouvie dit le Courrier picard, on veut stériliser les œufs des goélands qui insupportent le voisinage en déchirant pour se nourrir les sacs poubelles.

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