Bonjour... "Vous avez vu comme il est en forme ?"... La remarque de Bernadette Chirac à ma consoeur Carole Barjon, du Nouvel Obs, n'a pas fini d'alimenter les conjectures, comme on dit... Bernadette Chirac est favorable à un nouveau mandat pour son mari en 2007... "Quelle que soit sa décision, dit Bernadette Chirac, elle sera importantissime, mais ce sera la sienne"... Et quand Carole Barjon insiste : "Un troisième mandat, tout de même !... Même François Mitterrand n'en a fait que deux"... "Oui, répond Bernadette, mais de sept ans... Et quel âge avait-il lorsqu'il s'est représenté ?... Mitterrand avait alors 72 ans... Chirac en aura 74 dans deux semaines"... Marc Chevanche a fait le calcul, dans Nice Matin... "74 ans + 5 ans font 79... Soit l'âge qu'avait atteint François Mitterrand au terme de son deuxième mandat"... Eh oui, "Madame s'invite !", constate Georges Latil dans La Provence... "Celle qui fut la meilleure attachée de presse de son mari en 2002 est soudainement remontée au créneau... Dans un subtil mélange de Tante Yvonne, pour son côté très classe, et soucieuse des valeurs, mâtinée par la modernité, longtemps affichée, de Claude Pompidou... On aimerait écrire qu'elle a volé au secours de son homme"... Marc Chevanche, pour sa part, prend au sérieux cette hypothèse Chirac... "Deux raisons suffisent à l'étayer, écrit l'éditorialiste de Nice Matin... C'est peu de dire que la perspective de voir Nicolas Sarkozy lui succéder le réjouisse... Et l'idée de la retraite lui est étrangère"... Mais comme dit encore Bernadette au Nouvel Obs, "il n'y aura pas de remake de 1995... Autrement dit, il n'y aura qu'un seul candidat de la droite"... En attendant, c'est reparti... Comme le titre Le Figaro, "les chiraquiens relancent l'offensive contre Sarkozy"... Outre Bernadette, il y a "la partition de Villepin", comme l'écrit Le Figaro... "Il ne laisse pas passer une occasion de dire tout le mal qu'il pense de la thérapie de choc sarkozyenne", remarque Alexis Brezet... "Michèle Alliot-Marie est en train de prendre le même chemin... Et Jean-Pierre Raffarin déplore que ses idées soient peu prises en compte par le futur candidat... En fait d'union, Nicolas Sarkozy est servi", s'exclame l'éditorialiste du Figaro, qui se demande si c'est un plan concerté... "Pas forcément, répond-il... Comme dans "Le Crime de l'Orient-Express, chacun a sa raison de porter le fer... Mais ceux qui ont choisi d'empoisonner le candidat de la droite jusqu'à la gauche devraient peut-être prendre garde qu'elle (la gauche) ne finisse par l'emporter"... "Sarkozy, on se demande s'il n'est pas parti trop tôt", écrit Jean-Marcel Bouguereau... "A quelques mois de la Présidentielle, on sent chez lui quelques signes d'essoufflement... Et pour le moins, d'énervement... Avez-vous remarqué comment Cécilia fait la gueule ?"... C'est du Bouguereau dans le texte... "Lui, Sarkozy, est de plus en plus souvent excédé, souvent proche d'un pétage de plombs", ajoute l'éditorialiste de La République des Pyrénées... Oui, décidément, les femmes font l'actualité ce matin... Même Bernadette Chirac reconnaît que Ségolène est la première à avoir levé le drapeau... "Pourquoi pas ?", dit Francis Brochet, dans Le Progrès, qui imagine le futur... "Et si dans dix ans, après deux mandats, François Hollande clamait à son tour : "Vous avez vu Ségolène ?... Ma femme n'est pas gâteuse"... Enfin, on n'en est pas là... "Il ne faudrait tout de même pas confondre élection présidentielle et inscription dans le livre Guiness des records", s'écrie Jean-François Montémont dans Le Courrier Picard... "Si l'on en croit les sondages, Ségolène Royal a toutes les chances d'affronter Nicolas Sarkozy lors du second tour de la Présidentielle... Si l'on en croit les sondages, ce seront les instituts qui auront décidé de l'élection et désigné les candidats, s'énerve Jean-François Montémont, avec un peuple et des militants hypnotisés par un agitateur et une opportuniste... tous les deux de droite"... Alors c'est vrai que le dernier sondage IPSOS, qui paraît aujourd'hui dans Le Point, donne 50-50 pour Sarkozy et Royal au second tour, soit le même résultat qu'en octobre... Etude réalisée entre le 9 et le 11 novembre, auprès de 870 personnes... Mais on n'en est pas là... On en est aux primaires au sein du Parti Socialiste... Sans aller jusqu'à dire que ce sera "le grand soir", comme le titre L'Indépendant... "Jour de primaire, jour de primaire !", s'exclame Didier Pobel... Dans Le Dauphiné Libéré, il fait le parallèle entre l'arrivée du Beaujolais nouveau et le vote au PS... "Quelle gouleyante coïncidence, dit-il... Du tonneau démocratique des militants coulera un cru 2007, que l'on n'a pas fini de remâcher au comptoir de campagne de la France... Le candidat nouveau est arrivé... Et son bouquet alors ?... Il est comment ?, se demande Didier Pobel... Fruité, bourru, équilibré, acide ?... Humez-moi ce nectar au reflet rose, prêt à glisser sur le palais de la République"... Libération, lui, rajoute un "s" à "rose"... "Au PS, c'est le jour le plus rosse"... un titre qui illustre bien le dessin de Willem, à la Une du journal, où l'on voit Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius tout petits mais s'acharnant à la hâche contre un haut-talon... On ne voit pas plus haut que les pieds de celle qui porte ces chaussures... Mais on peut deviner de qui il s'agit... Eh oui, "c'est la Présidentielle à deux contre une", dit Libé en pages intérieures... "Le choix des nouveaux militants sera la clé du vote... Et c'est "objectif transparence" pour le scrutin... D'ailleurs, Renaud Dély rend un hommage ambigu à son organisateur... "Merci François Hollande", dit l'éditorialiste de Libé... "François Hollande, chef de parti hésitant, leader de l'opposition louvoyant, et présidentiable peu crédible, le Premier secrétaire du PS se révèle être un parfait scrutateur... L'ensemble de ses camarades peut le féliciter d'avoir organisé, de façon transparente et maîtrisée, une compétition aussi risquée"... Eh oui, reprend Jean Levallois dans La Presse de la Manche, "à la manière de Monsieur Jourdain qui faisait candidement de la prose sans le savoir, le Parti Socialiste vient tout simplement d'inventer les primaires à la française... Rien à voir, dans la manière, avec les primaires américaines et leur débauche de meetings-kermesses et de pom-pom girls... Mais les militants auront aujourd'hui le choix entre des candidats qui revendiquent leur appartenance au même parti, mais dont les tempéraments, la ligne politique et les propositions ne sont pas exactement les mêmes... Et ce choix a été rendu possible, poursuit Jean Levallois, au terme d'une campagne interne très réglementée, mais qui a permis à Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn de s'adresser de manière audible aux militants et à l'ensemble des Français"... "C'est vrai, approuve Francis Laffon dans L'Alsace, la défiance envers la politique n'est pas générale, contrairement aux idées reçues : les débats ont suscité l'intérêt du public, bien au-delà du PS... Les discussions, souvent houleuses, ont eu lieu à la télé, à la radio, dans les journaux, mais aussi sur la Toile numérique"... "Ah ça, les adhérents du PS ne pourront pas dire qu'ils ont manqué de moyens de se faire une religion sur la personnalité et les idées des trois candidats sollicitant leurs suffrages", continue Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain... "Et l'intérêt du scrutin d'aujourd'hui sera peut-être moins de connaître le nom de l'heureux élu, que la marge existant entre le score du candidat désigné et celui annoncé par les sondages"... Car, tous les éditorialistes le font remarquer, "toute la campagne s'est déroulée sur la foi de données virtuelles, comme le dit Dominique Valès dans La Montagne... des intentions de vote qui n'étaient pas celles des électeurs... Mais aujourd'hui, ce sont les militants socialistes qui se prononcent... On va connaître enfin ce qui est resté caché jusqu'à maintenant : leur choix" Et Philippe Waucampt de reprendre : "Si le résultat de ces primaires ne correspond pas aux indications des enquêtes d'opinion, les adhérents valideront pour l'avenir la procédure comme espèce de débat démocratique à l'abri des tentatives d'intoxication... Et si, comme c'est plus probable, les militants collent à l'avis de l'opinion publique, ce scrutin constituera une césure dans la vie politique française, en marquant la victoire de l'instantanéité sur le filtrage des appareils, la victoire de la démocratie directe sur la démocratie représentative... Est-ce un progrès ?, se demande l'éditorialiste du Républicain Lorrain... Ce n'est pas certain... Ces campagnes, dit-il, où l'image est relayée en instantané et sans contrôle par l'Internet, courent le risque de devenir le champ d'épandage de toutes les manipulations"... "Eh oui, dit Jacques Camus dans La République du Centre, on saura ce soir si les adhérents préfèrent un choix orthodoxe à un choix plus marketing... Voudront-ils désigner le meilleur socialiste ou le candidat ayant le plus de chances de l'emporter contre Sarkozy ?"... Renaud Dély, dans Libération, y voit "les délices de la démocratie d'opinion... Résultat : que le militant prive l'électeur de celle qui apparaît comme sa favorite, et l'image du parti pourrait s'assombrir de nouveau... Raison pour laquelle Ségolène Royal a choisi de faire du premier tour un plébiscite sur sa personne... au risque, dit Renaud Dély, qu'un ballottage ne soit aussitôt interprété comme sa défaite, et n'ouvre la porte à tous les dérapages"... Comme le dit Pascal Barrand dans Le Journal de la Haute-Marne, "l'Elysée n'est pas le château de la Star Academy"... Allez... Tout cela se résume bien par une des formules dont Hervé Chabaud a le secret, dans L'Union et L'Ardennais... "Ségolène Royal pilotera-t-elle la Formule 1 socialiste sur la grille de départ du Grand Prix de l'Elysée 2007 ?... Les militants placeront-ils Ségolène Royal en position de pointe, ou la pénaliseront-ils jusqu'à lui infliger une seconde séance de qualifications ?... Même si DSK et Fabius affichent leur optimisme, ils ont usé tous leurs trains de pneus pour faire mentir les sondages... Et ils ne croient plus guère à une casse moteur de leur adversaire poitevine... Tout au mieux parient-ils sur une crevaison qui ralentirait sa désignation"... Et Hervé Chabaud conclut : "Ségolène ou pas Ségolène ?... Telle sera la question"... On termine par deux mots de sport... L'un pour vous dire que même L'Equipe a trouvé le match de foot France-Grèce d'hier soir ennuyeux... L'autre titre est dans L'Humanité, qui annonce une Transat à la rame... 15 concurrents vont prendre le départ dimanche, à Dakar... Destination : la Guyane... Comme quoi il y a encore des forçats de la rame...

Denis ASTAGNEAU

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